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LEGISLATIVES 2017 – Les Français de l’étranger ne pourront pas voter par internet

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 septembre 2017

 

Coup de tonnerre pour les électeurs expatriés. A trois mois du scrutin, Matthias Fekl, le secrétaire d'État en charge des Français de l'étranger, a annoncé l'abandon du vote par internet aux élections législatives. Face à des menaces récurrentes de cyberattaques, les plus hautes autorités françaises estiment que le niveau de sécurité obtenu après les tests n'est pas suffisant et craignent que ce vote soit confisqué.

Le vote par internet était prévu par la loi comme l'une des 4 modalités de vote ouvertes aux Français de l'Etranger pour les législatives de juin 2017 (avec le vote à l'urne, le vote par procuration et le vote par correspondance). Un mode de scrutin très attendu par nos concitoyens de l'étranger qui sont nombreux à résider loin d'un bureau de vote, et tributaires des aléas des services postaux.  

Devant l'Assemblée des Français de l'étranger réunie en session plénière cette semaine à Paris, Matthias Fekl a rappelé il faut 2 conditions pour que le vote électronique soit conforme au droit électoral :

-       Le secret du scrutin doit être préservé

-       La sincérité du scrutin doit être respectée.

Un travail important a été enclenché il y a plusieurs mois sur le vote électronique, avec le choix d'un prestataire, puis 2 tests grandeur nature ont été effectués en décembre et en février dernier, auxquels 12.000 Français de l'étranger ont participé.

« Il apparaît que la sécurité du scrutin par vote électronique ne peut être garantie, a annoncé avec gravité Matthias Fekl. Le gouvernement a décidé de ne pas ouvrir cette voie là aux élections cette année. C'est une décision lourde que nous avons mûrement réfléchie. Il y a un contexte très particulier, les menaces de cyberattaques sont omniprésentes. Avec Jean-Marc Ayrault, nous assumons cette décision ».

"On sent une volonté d'intervenir"

Guillaume Poupard, président de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a étayé devant l'AFE les propos du ministre. « Les cas d'attaque se multiplient. Ce que l'on redoute, ce sont différents groupes d'attaquants très compétents techniquement soutenus probablement par de grands Etats ».

Et Guillaume Poupard de rappeler l'attaque redoutable subie en 2015 par TV5Monde, ou celle subie récemment par le Parlement allemand. Sans parler des Etats-Unis, où différentes attaques ou vols de mail ont été utilisés pour porter atteinte à l'image du parti démocrate.

En charge notamment de la protection des ministères français, l'ANSSI voit les attaquants « particulièrement intéressés par les prochaines élections. On sent une volonté d'intervenir. Or le niveau de sécurité du système obtenu n'est pas à la hauteur en termes de résistance. Le vote par internet peut être perturbé voire inefficace. »

Pour le président du Bureau de Vote Electronique, « c'est une proposition de bon sens qui ne signifie pas la fin du vote électronique ».


Trois décisions pour aider les Français de l'étranger privés de cette possibilité

« Pour que la participation puisse être au rendez-vous, le gouvernement prend 3 décisions dans l'urgence :

-       Recours au vote à l'urne facilité par l'accroissement du nombre de bureaux de vote. Notre réseau diplomatique et consulaire est mobilisé. Il sera fait en sorte que le nombre de sites soit équivalent à celui mis en place à l'élection présidentielle. L'accessibilité géographique sera donc la même que pour l'élection présidentielle.

-       Nous mettrons tout en ?uvre pour que le vote par procuration soit encouragé. Des tournées consulaires supplémentaires seront organisées pour recueillir les procurations.

-       Une décision majeure a été prise ces derniers jours : la prolongation jusqu'au 31 mars de la date limite de recueil de demandes du vote par correspondance sous pli fermé (la date limite précédente était le 1er mars). Un décret sera présenté en urgence pour permettre sa publication dans les tous prochains jours. »

Cette décision a ému les membres de l'AFE. Si certains ont exprimé leur satisfaction à l'énoncé de cette décision, la plupart s'inquiètent de la difficulté de voter dans certaines circonscriptions, du fait de problèmes de sécurité ou d'éloignement, ou encore de services postaux peu performants. Certains élus s'inquiètent aussi du taux d'échec du vote par correspondance, qui avait atteint 50% en 2012.

Le député de la 10e circonscription Alain Marsaud, a estimé « rentrer dans une phase de régression. C'est une grande déception. Le Ministère des Affaires étrangères a tout fait pour que les électeurs soient éloignés de leur capacité à s'exprimer. »

Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 6 mars 2017

Pour plus d'informations : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/services-aux-citoyens/droit-de-vote-et-elections-a-l-etranger/ 

parler darija
Publié le 7 mars 2017, mis à jour le 8 septembre 2017
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