Édition internationale

SPECTACLE - Mamoun Salaje est Raymond Devos !

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 juin 2014

Le 15 Juin sera la date anniversaire de la mort de Raymond Devos. Afin de ne pas concurrencer la coupe du monde de football, les deux représentations de Mamoun Salaje auront lieu en amont. Suivant l'adage : "Plus on est de fous, plus on rit !" nous vous donnons rendez-vous à Casablanca le Lundi 09 Juin 2014 à 20h00 à la Casa Del Arte et le Mardi 10 Juin 2014 au Complexe Culturel de Sidi Belyout. En attendant, Mamoun Salaje a répondu à nos questions?

Lepetitjournal.com: Vous avez un parcours d'artiste surprenant ! Est-ce cela qui vous a permis d'être aujourd'hui un artiste accompli ?

Mamoun Salaje: J'ai grandi dans un théâtre municipal, qui était tenu par mon oncle : j'ai ainsi été baigné dès mon plus jeune âge dans un univers artistique. J'ai ensuite été engagé au Club Méditerranéen en tant qu'animateur, puis j'ai été professeur de techniques d'agence de voyage et d'animation dans une école française. Pour continuer dans l'animation, j'ai travaillé pour la chaîne de télévision MA3 de 2000 à 2004, et depuis 2007 vous pouvez m'écouter sur la radio MFM dans l'émission "Les dinosaures ne sont pas tous morts". Ce parcours m'a permis d'apprendre à aimer le partage. Et en effet, je suis un chanteur également ! J'interprète souvent Jacques Brel, Georges Brassens, Manuel Serrat. Étant polyglotte, il est facile pour moi trouver ce qu'il y a de beau dans chaque langue et de l'exploiter afin de faire partager cette part d'amour à un public.


Est-ce ce contact juvénile fort qui vous a permis de rester proche du public ?

J'aime la complicité que je peux avoir avec un public : quand il rit, je ris aussi, car je ne fais que ce que j'aime ! Je ne le montre évidemment pas sur scène, mais je ris, je pleure et je m'émeus en même temps que lui. Autant je peux être tout à fait cynique dans ma vie intime, autant sur scène je fanfaronne ! J'exprime ma passion ! Le fait de monter sur l'estrade requiert beaucoup de qualités, de prise de recul, de distanciation, de réflexion, d'improvisation ; et en cela, cette action devient importante pour moi. Et je prouverai aux personnes qui ne croient pas en moi qu'ils ont tort ! Je pense faire de bonnes choses, avec les bonnes valeurs : j'aime mon métier car il valorise la culture en dehors de tout aspect mercantile. Mon salaire est la reconnaissance et l'amour du public : quelqu'un qui me reconnaît et me témoigne de la reconnaissance dans la rue, c'est plus qu'un Oscar, plus qu'un Molière, c'est tout ce que je peux espérer de meilleur dans mon métier.


Vous sentez-vous libre de vous exprimer comme vous le souhaitez dans votre art ? 

Depuis l'avènement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, nous avons plus de libertés au Maroc. Par exemple, à la radio, je peux tout dire : à partir du moment où je ne diffuse pas de diffamations infondées, je m'exprime tout à fait librement. En spectacle, c'est autre chose, même si je ne représente que moi-même et non pas une institution plus grande. On ne peut plus rire de rien maintenant : les blagues sur les noirs, les juifs, les arabes, plus rien ne se tourne en ridicule ! Surtout en France ! Mais ce n'est pas le Gouvernement qui l'interdit, ce sont les démocrates bien-pensants ! Nombre de mes amis sont très ouverts, mais dès qu'il s'agit de s'amuser au dépend de quelqu'un il faut qu'ils deviennent défenseurs de libertés, d'opprimés... Ou bien on se rabat sur la bienséance, ou bien on nous attaque ! Imaginez maintenant la réaction des gens si Pierre Desproges déclamait à nouveau l'oraison funèbre de Guy Bedos !


Pourquoi votre choix s'est porté sur Raymond Devos ? 

Je n'ai pas de messages spécial par ce choix : le plus important pour moi est de faire découvrir ce que j'aime et faire vivre éternellement les personnes que j'idole. Et pour moi, c'est le meilleur ! Il nous fait rire, mais pas d'un rire gras ou médiocre mais un rire fin, qui touche l'âme plus que le cerveau. Il a également des histoires philosophiques, il y a des contes ! Je pense au Mille Feuille ou encore au Penseur de Rodin. Ce sont des contes du réel, il y a des choses magiques qui vont bien au-delà du théâtre ou de l'humour basique. Car le théâtre, ce n'est pas que Racine ou Shakespeare, c'est aussi Raymond Devos ! Le 9 Octobre, nous célèbreront l'anniversaire de la mort de Jacques Brel, et je vous réserve des surprises !

Manon KOLE (www.lepetitjournal.com/casablanca) Lundi 09 juin 2014  


A Casablanca:
Le 09/06/2014 à la Casa del Arte (20h00)
Le 10/06/2014 au Complexe culturel Sidi belyout (20h00)
Tickets à prendre à la librairie porte d Anfa et à la FOL

parler darija
Publié le 8 juin 2014, mis à jour le 9 juin 2014
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