Dans un nouveau rapport de l'OCDE intitulé 'L'obésité et l'économie de la prévention: objectif santé", les experts notent que l'obésité est passée au premier plan des politiques de santé publique dans le monde. Avant 1980, nettement moins de 10 % de la population étaient concernés. Depuis, la proportion a doublé ou triplé dans beaucoup de pays et, dans près de la moitié de la zone OCDE, 50 % ou plus des habitants sont en surpoids. Grave facteur de risque pour toute une série de maladies chroniques, l'obésité est devenue un problème majeur de santé publique
Il apparaît que, dans l'ensemble des pays, la situation n'est pas la même, pour les hommes et pour les femmes, vis-à-vis de l'obésité. Partout dans le monde, les taux d'obésité tendent à être plus élevés pour les femmes que pour les hommes, toutes choses égales par ailleurs, et la même situation s'observe, en moyenne, dans la zone OCDE. On observe également que les taux d'obésité des hommes augmentent plus rapidement que ceux des femmes dans la plupart des pays de l'OCDE. La dimension homme-femme est particulièrement importante en raison des interactions avec d'autres caractéristiques individuelles comme la catégorie socioéconomique ou l'origine ethnique.
L'obésité, une affaire sociale
Il existe une relation complexe entre la catégorie socioéconomique et l'obésité. Par exemple, la relation se modifie à mesure que les économies atteignent un plus haut niveau de développement, les populations pauvres étant davantage susceptibles d'être touchées par l'obésité dans les pays riches. L'analyse des données provenant de plus d'un tiers des pays de l'OCDE fait apparaître des disparités sociales importantes, en termes de surpoids et d'obésité, chez les femmes, alors que les disparités sont moindres, voire nulles, chez les hommes. Les disparités sociales au sein des pays sont plus marquées en termes d'obésité qu'en termes de surpoids, mais lorsqu'on fait des comparaisons entre pays, on observe que l'ampleur des disparités n'est pas liée au taux global d'obésité. Sauf dans de rares cas, les disparités sociales du point de vue de l'obésité sont restées remarquablement stables au cours des quinze dernières années.
Les disparités sociales s'observent aussi chez les enfants dans trois pays sur quatre parmi les pays examinés, mais il n'y a pas de grandes différences entre garçons et filles quant à l'ampleur des disparités. L'écart d'obésité entre enfants appartenant à des minorités ethniques et enfants blancs, en Angleterre et aux États-Unis, est plus marqué que chez les adultes.
Les disparités de situation sur le marché du travail entre personnes obèses et personnes de poids normal, disparités qui sont particulièrement marquées chez les femmes, sont de nature à renforcer l'impact social du surpoids et de l'obésité. Les personnes obèses ont une moindre probabilité de faire partie de la population active et d'occuper un emploi.
La discrimination à l'embauche, du fait notamment qu'on s'attend à une moindre productivité, contribue à l'écart d'emploi. Les personnes obèses gagnent généralement moins que les personnes de poids normal. Les travaux de recherche existants ont mis en évidence une pénalisation en termes de salaire liée à l'obésité qui peut aller jusqu'à 18 %. Les personnes obèses tendent à accumuler un plus grand nombre de journées d'absence au travail, à avoir une moindre productivité dans l'emploi et à recourir davantage aux prestations d'invalidité que les personnes de poids normal. La nécessité pour les pouvoirs publics de veiller à protéger les personnes obèses sur le marché du travail et à faire en sorte qu'elles bénéficient des mêmes opportunités que quiconque en termes d'accès à l'emploi, de type d'emploi, de secteur d'activité et de rémunération découle tout naturellement des données présentées dans l'ouvrage.
Il est à noter que parmi les 33 pays classés par leur degré d'obésité, la Hongrie est classée 21ème, derrière les champions de la nourriture saine comme le Japon, la République de Corée et la Suisse, mais devant les grands perdants du peloton, les Etats-Unis (bons derniers), le Mexique et le Chili.
Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/Budapest) mercredi 29 septembre 2010
http://www.oecd.org/document/45/0,3343,fr_21571361_44315115_46064109_1_1_1_1,00.html






