Édition internationale

MUSIQUE - Césaria Evora : un concert en forme d'adieu ?

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018
Césaria Evora était en concert au Müvészetek Palotájába dimanche. Ce haut lieu culturel de Budapest affichait complet pour la venue de la diva qui a laissé percer tout au long du concert une certaine fragilité, sous couvert d'un répertoire empreint du soleil cap-verdien

Émouvante diva aux pieds nus (photo www.kofola.sk)

C'est le MUPA des grands soirs qui accueillait la célèbre chanteuse en ce dimanche de Pâques. Pour l'occasion, la clientèle était à l'image de la soirée, élégante, voire un brin B.C.B.G, en léger contraste avec la sobriété de la diva. Néanmoins, l'audience restait multi-générationnelle, et aux côtés d'étudiants fort enthousiastes on pouvait voir, assises, quelques dames engoncées dans leur belle robe de soirée.
Devant une salle pleine à craquer, du parterre aux balcons, la " diva aux pieds nus " a livré un récital tout en émotion. Entourée de huit musiciens, de 25 ans ses cadets, elle a charmé un public déjà tout acquis à sa cause.

Une grande dame de scène
Son dernier album Rogamar était bien sûr à l'honneur, porté par l'entraînant Africa Nossa, chanson qu'elle n'a pas manqué de reprendre en fin de rappel. Pause cigarette mise à part, durant laquelle elle s'est faite spectatrice d'un envoutant solo de clarinette, Césaria Evora a laissé libre cours à tout son talent, portée par de brillants musiciens et sublimée par une acoustique de grande qualité.
Sans jamais se départir de son immobilisme nonchalant qui le disputait aux déhanchés endiablés du saxophoniste, elle a passé en revue tous ses plus grands titres. Sur des rythmes tantôt bossa, tantôt jazzy, Sodade, Petit Pays et autres Luiza ont comblé les attentes d'un public ravi.
Mais c'est en toute fin de concert que sa fragilité s'est faite la plus touchante. Après qu'elle eût rejoint les coulisses une première fois, son retour semblait accuser une certaine fatigue. Et dans son interprétation de Besame Mucho, toute en douceur, on aurait cru voir un soupçon de nostalgie, comme un adieu à peine dissimulé de cette grande dame de la musique du monde?
Ludovic MEIGE & François GAILLARD. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mercredi 11 avril 2007
Publié le 11 avril 2007, mis à jour le 9 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos