

Une secrétaire d'Etat brosse les différentes étapes des politiques des gouvernements hongrois pour défendre les intérêts des minorités nationales hongroises des pays voisins
Connaissez-vous le mot "la politique de la nation"? C'est une trouvaille linguistique et politique de la Fidesz qui englobe toutes les facettes de la politique de la Hongrie avec les minorités hongroises dans les pays voisins. Lors de la présentation du dernier numéro de la revue Pro Minoritate, la secrétaire d'Etat responsable pour la politique de la nation a estimé que les tabous tombent un à un dans notre région. Les tabous dont on ne pouvait pas parler auparavant sont la double nationalité et l'autonomie. Zsuzsanna Répás (photo: www.mti.hu) a rapidement brossé l'histoire des stratégies des différents gouvernements hongrois par rapport aux pays voisins concernant les minorités hongroises. Le premier gouvernement démocratiquement élu, dirigé par József Antall devait déjà affronter la suspicion de ses nouveaux partenaires européens et des États-Unis qui ont partout flairé du nationalisme quand on voulait simplement parler des droits des minorités nationales. Le grand mérite de Antall se trouvait dans la fixation à long terme des priorités de la politique étrangère de la Hongrie, à savoir les relations avec ses partenaires euro-atlantiques, avec les pays voisins et la défense des minorités nationales hongroises. Le gouvernement suivant de Gyula Horn a mis l'accent sur la préparation et la signature des traités fondamentaux avec les pays limitrophes, notamment la Roumanie, la Slovaquie et l'Ukraine. De plus, en 1996 on a institué le forum du dialogue entre les représentants du gouvernement hongrois et ceux des minorités nationales hongrois des pays voisins qui devient en 1999 la Conférence Permanente des Hongrois (Máért).
Sous le premier gouvernement de Viktor Orbán, le Parlement a adopté la loi concernant le statut des minorités grâce à laquelle les citoyens des pays voisins appartenant à la minorité hongroise pouvaient recevoir une "carte hongroise" leur permettant de bénéficier de différents avantages en Hongrie. Les gouvernements socialistes des années 2002-2010 n'ont pas abrogé cette loi tout en essayant de diminuer sa portée symbolique. Aujourd'hui, grâce au deuxième gouvernement Orbán, les membres des minorités nationales hongroises peuvent demander la nationalité hongroise et il est possible qu'ils puissent également bénéficier du droit de vote en Hongrie.
Progressivement, les problèmes des minorités nationales ont eu voix au chapitre sur la scène européenne, notamment avec les travaux de la Commission de Venise, un organe consultatif du Conseil de l'Europe sur les questions constitutionnelles.
La secrétaire d'Etat a souligné que les pays voisins doivent affronter les mêmes problèmes avec leur diaspora et parfois leurs dispositifs juridiques servent de modèle aux spécialistes hongrois. Par exemple, la loi sur la double nationalité de la Roumanie et de la Serbie ont profondément inspiré les codificateurs de Budapest lors de la préparation des lois similaires. En résumant, Zsuzsanna Répás a fortement insisté sur le progrès de la perception des problèmes des minorités nationales en Europe, un sujet dont on peut discuter librement désormais.
Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/budapest.html), mardi 22 mars 2011






