Édition internationale

MÉDIAS - Interview avec János Timár, ancien membre de ORTT (Première partie)

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Juriste et sociologue, chercheur au Centre de la Communication de Masse de la Radio Hongroise (1974-89), fondateur de la société privée d'opinion publique, de médias et de marketing Medián en 1989, expert de la Fidesz et du défunt parti libéral SZDSZ (1990-96), enseignant à plusieurs facultés, János Timár est le seul membre du Conseil National pour la Radio et la Télévision (ORTT), le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel hongrois, constamment réélu jusqu'à la disparition de l'institution en 2010. Il a donc accumulé une expérience unique en tant que chercheur, enseignant et décideur politique dans le domaine des médias en Hongrie

 

 

Lepetitjournal.com de Budapest: a-t-on besoin de lois spécifiques pour réguler les médias?
János Timár (www.elte.hu): Absolument. L'arrivée des télévisions privées, leur impact sur les masses ainsi que la rareté des ondes hertziennes justifient les interventions de l'Etat dans ce domaine. L'Etat est un des acteurs importants de la régulation de la liberté de la presse avec une influence directe sur l'opinion publique démocratique. Les directives ponctuelles de l'Union européenne délimitent le cadre dans lequel l'équilibre des devoirs doit se faire.

 

Comment la Hongrie démocratique a-t-elle essayé de réguler les médias après la chute du système communiste?
Les nouveaux partis démocratiques n'avaient aucune vision sur le fonctionnement des médias pluriels. Ils pensaient que les médias devaient jouer un rôle crucial dans l'exercice du pouvoir donc ils ont concentré leurs efforts sur  différentes méthodes de contrôle. Ils sont tombés d'accord sur la création des télévisions et radio privées mais leurs idées sur la régulation de ces dernières n'étaient pas très élaborées. Le parti gouvernemental MDF (Forum démocratique hongrois), divisé sur cette question aussi, s'était d'abord prononcé pour une solution "molle", graduelle avant de s'enfoncer dans la fameuse "guerre des médias". Dans l'opposition, les deux formations politiques libérales de l'époque, la SZDSZ (Association des Démocrates Libres) et la Fidesz avaient opté pour un changement radical de tout le système des médias avec un fort appui pour les radios et télévisions privées. L'opinion de l'ancien parti communiste transformé en MSZP (Parti socialiste) dépendait des personnes qui s'occupaient des médias dans la commission parlementaire chargée d'élaborer une nouvelle loi. Très rapidement, la régulation des médias est devenue le champ de bataille des marchandages politiques dépouillés des considérations professionnelles. En 1994, une commission, présidée par András Sajó, un juriste libéral éminent -actuellement juge à la Cour des Droits de l'Homme du Parlement Européen à Strasbourg- a concocté des propositions pour la nouvelle loi. Malheureusement, au lieu de laisser les professionnels traiter le sujet, tous les partis ont préféré institutionnaliser leur rôle dans la scène médiatique qu'ils pensaient toute-puissante. C'est ainsi qu'est née en 1996, la loi très controversée sur les médias avec le rôle central du CSA hongrois, le ORTT dont les membres avaient été désignés par les partis. En guise d'entrée, cette institution a décidé -sous l'influence des pressions politiques- d'octroyer le permis des deux nouvelles chaînes de télévision privées, RTL Klub et TV2 d'une manière tout à fait illégale. A partir de ce moment, l'ORTT a perdu toute sa crédibilité malgré les efforts vaillants de certains de ses membres à prendre des décisions sur les valeurs professionnelles.

A suivre

 

Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/budapest.html), jeudi 13 janvier 2011

Publié le 13 janvier 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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