Édition internationale

MÉDIAS - Interview avec János Timár, ancien membre de ORTT. Deuxième partie

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Dans la deuxième partie de l'interview l'ancien membre de l'ORTT parle de la nouvelle loi sur les médias ainsi que des ateliers de recherche sur la communication

 

Lepetitjournal.com: quels sont les problèmes de base avec la nouvelle loi sur les médias tant critiquée?
János Timár: le problème "philosophique" se résume ainsi: l'ancienne loi était basée sur le droit à l'information tandis que la nouvelle parle du droit du public d'être informé. Tout un monde sépare ces deux concepts. Dans le deuxième cas c'est le gouvernement ou son mandataire, en l'occurrence le Conseil Supérieur sur les Médias qui fixe les cadres et même les contenus des flux d'information.  Cela donne libre cours à l'arbitraire. L"'élasticité" des règlements renforce également le sentiment d'insécurité des acteurs des médias et contribue à pratiquer l'autocensure. La régulation des informations de la presse écrite et d'Internet est unique en Europe comme le système de désignation du CSM dont les membres avaient été tous désignés par la Fidesz.

Quelle peut être la réaction de l'Union européenne?
En général, cette loi va à l'encontre de la régulation européenne, notamment en élargissant l'échantillon des médias contrôlés. Les directives de l'UE ne sont pas encore bien enracinées en Hongrie mais je vois peu de chances que Bruxelles souhaite vraiment s'immiscer dans les affaires intérieures d'un pays membre, qui assure la présidence tournante de surcroît. Il est possible que Bruxelles et Budapest tombent d'accord pour des changements mineurs, cette solution aurait l'avantage de sauver la face des deux parties.

Quelles sont vos impressions personnelles sur votre ancienne collègue à l'ORTT et actuelle présidente toute-puissante -nommée pour 9 ans- du CSM, Annamária Szalai?
Elle était la première membre de ORTT qui venait directement de la politique. Son apparition a profondément changé l'identité de l'institution même si tous les membres avaient des liens politiques évidents. Mme Szalai a une vision juridique très particulière pour preuve elle a largement contribué à la décision de déposséder deux grandes radios de leurs possibilités d'émettre et d'adjuger d'une manière illégale -même selon un tribunal hongrois- leurs fréquences à d'autres radios.

Vous enseignez toujours dans plusieurs universités. Y a-t-il des ateliers de recherche qui suivent le travail des médias comme l'ancien Centre sur la Communication de Masse de la Radio hongroise?
L'enseignement de la communication est très à la mode en Hongrie mais il n'existe que peu d'institutions de recherche sur le sujet. Tout récemment, l'Université de Pécs vient de lancer un enseignement au niveau de la maîtrise sur l'info-communication sous la houlette de Gábor Polyák. J'y donne les cours et j'espère que cet atelier servira de référence pour tous les spécialistes des médias et peut-être aussi pour tous les politiques...

 Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/budapest.html), vendredi 14 janvier 2011

Lire aussi : MÉDIAS - Interview avec János Timár, ancien membre de ORTT (Première partie)

 

Publié le 14 janvier 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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