

La crèche sur la place Vörösmarty. Photo (www.budapest.hu)
En Hongrie, Noël se fête pendant deux jours, les 25 et 26 décembre. Pour que l'on puisse tout à loisir faire ses derniers achats, les magasins ouvrent les deux dimanches précédant Noël, ezüst vasárnap (dimanche d'argent) et arany vasárnap (dimanche d'or).
C'est Jésus qui apporte les cadeaux que les enfants trouveront le soir du 24 au pied du sapin, qui vient tout juste d'être orné. Au retour de la messe de minuit on se réunit pour le dîner familial traditionnel.
Tout d'abord une soupe de vin, deux mesures de vin pour une d'eau et du sucre, auxquelles on incorpore des jaunes d'?ufs battus, le tout parfumé à la cinnamome. Puis vient la carpe panée accompagnée de salade russe. Ce peut être aussi une soupe de poisson, ou un poisson entier, sandre ou perche, cuit au four dans sa peau ou poché au court-bouillon, placé sur un lit de pommes de terre à la mayonnaise. D'autres plats peuvent suivre, tels oie ou canard rôtis. Après la 2e Guerre, la dinde farcie qui n'avait absolument rien de traditionnel en Hongrie, a fait son apparition. Dans certaines familles on passe directement de la soupe de poisson au dessert.
Quoi qu'il en soit, le poisson reste très présent. Rappelons-nous sa signification chrétienne, chaque lettre du grec ichthus, poisson, étant l'initiale des mots Jésus-Christ, fils de Dieu sauveur. Il était d'ailleurs considéré comme le symbole de la vie nouvelle. Ce repas ne saurait se terminer sans le beigli, sorte de gâteau roulé, fourré de crème au pavot et parfois de noix.
Des traditions vivaces
Le plus grand soin est apporté à la nappe qui recouvre la table du repas et à ses différents ornements. Autrefois, on lui conférait des pouvoirs magiques et on s'en servait par la suite pour envelopper ce à quoi on tenait le plus.
Comme presque partout, beaucoup de traditions se sont perdues ; on ne voit plus ces jeunes gens qui traversaient les villages et recevaient des friandises en cadeau pour les v?ux qu'ils avaient formulés.
Le 25 décembre, le repas typique se compose d'un bouillon de viande suivi d'un chou farci, ce plat est très apprécié car il peut être préparé à l'avance, puis viennent les viandes rôties et les gâteaux. Le porc est fort prisé en cette période de l'année ; autrefois, on se régalait d'autant qu'on ne mangeait pas de viande la veille de Noël. Il faut dire que la fin de l'année n'est guère faste pour la gent porcine : ce ne sont que massacres, traditionnellement depuis le 19 novembre, jour de sainte Elisabeth mais seulement s'il neige, le 25 novembre pour la sainte Catherine, le 30 à la saint André et le 13 décembre à la saint Luc ; alors diverses charcuteries ornent les tables?
Colette Dehalle (www.lepetitjournal.com ? Budapest) vendredi 22 décembre 2006






