Édition internationale

ENERGIE NUCLEAIRE: Les défis de l'UE vus de Budapest (2)

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Une des questions essentielles que les participants de la conférence internationale de Budapest ont longuement discuté se portait sur la perception du nucléaire en Europe

A la question du lepetitjournal.com sur la perception du nucléaire en France, Sophie Roynette, une responsable de la communication chez EDF a répondu que les peurs des Français semblent avoir diminué dans ce domaine, tout en rappelant que ce changement est dû principalement à la montée en puissance de la problématique des changements climatiques. "Cette situation est très fragile, il serait tôt de parler en France de victoire, n'importe quel accident pourrait remettre en question le nucléaire, même si d'après tous les sondages, la majorité de mes concitoyens comprend l'importance de l'énergie nucléaire tout en ayant à l'esprit ses dangers? ? a souligné Mme Roynette.

La coopération internationale en matière de sûreté nucléaire
Selon le directeur de l'Institut Européen de Formation et de Tutorat En matière de Sûreté et de Radioprotection (ENSTTI), un organisme à vocation internationale fondé cette année en France, les jeunes souhaitent contribuer au développement du nucléaire tout en assurant le maximum de sécurité dans ce domaine. D'après l'expérience de Didier Louvat, il s'agit principalement de transférer la connaissance et la culture nucéaires vers le grand public. Ce travail de pédagogie et de communication font partie des activités de l'institut, destiné à la formation de techniciens, mais qui reçoit également des spécialistes de communication, par exemple. ?En matière de sûreté nucléaire, les pays européens ont besoin de harmonisation, de réglementations, d'évaluations mais il est à noter que dans ce domaine il n'y a pas de compétition entre Européens et Américains, on est dans le même bateau, tout le monde cherche à aider l'autre. L'ENSTTI reçoit des étudiants américains, asiatiques, du Moyen-Orient, etc. La sûreté nucléaire ne peut pas se limiter, elle est globale ? estime Louvat.

Gérard Cognet, délégué régional du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, basé à Budapest, rattaché a l'Ambassade de France nous a rappelé que la France à 13 conseillers nucléaires dans le monde. La Hongrie avait été sélectionnée comme lieu d'implantation régionale pour l'Europe centrale pour son activité nucléaire particulièrement développée. Ses partenaires hongrois le consultent régulièrement et une partie de son travail consiste à développer les liens entre l'industrie nucléaire et les responsables politiques ainsi que la société civile. Dans ce contexte, Cognet vient d'organiser une visite en France pour une trentaine de maires hongrois en juin de cette année.

La majorité des Européens sont pour l'énergie nucléaire mais expriment aussi leurs craintes
Le professeur Attila Aszódi, directeur du Département des Techniques Nucléaires de l'Université Technique de Budapest estime que le positivisme relatif des Hongrois s'explique d'une part par le niveau encore acceptable de l'enseignement des matières scientifiques aux lycées et d'autre part par la faiblesse du mouvement vert dans le pays.

Le professeur Attila Aszódi (bme.hu)

Le 29 avril 2010, la Commission européenne a publié les résultats d'une enquête Eurobaromètre indiquant qu'une majorité écrasante de citoyens estime qu'une législation européenne en matière de gestion des déchets radioactifs serait utile. La population des pays équipés de centrales nucléaires aussi bien que celle des pays n'ayant pas choisi ce type de production se montrent préoccupées par les risques que représentent les déchets radioactifs pour leur sécurité.

82 % des citoyens européens estiment que la gestion des déchets radioactifs devrait être réglementée au niveau européen, selon les résultats du sondage. Ce sentiment s'exprime avec une constance absolue dans l'ensemble de l'Union européenne. Ainsi, il est quasiment unanime à Chypre (93 %), en Hongrie (90 %), aux Pays-Bas (90 %) et en Slovénie (90 %). À l'autre bout de l'éventail, dans les pays où ce point de vue rassemble le moins de suffrages, se dégage tout de même une majorité solide (Autriche 59 %, Royaume-Uni 60 % et Malte 62 %).

Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/Budapest) jeudi 23 septembre 2010

Publié le 23 septembre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
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