Édition internationale

DIPLOMATIE - Un ambassadeur en danger permanent

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Un des rares diplomates à rester en Lybie pendant la guerre civile, l'ambassadeur de Hongrie joue un rôle important en représentant l'ensemble de l'Union européenne à Tripoli

 

 

"Nous resterons tant que l'on aura besoin de nous" - a déclaré, au site eu2011.hu, Béla Marton, ambassadeur de Hongrie en Libye  qui a dirigé les efforts déployés pour faire libérer deux journalistes américains, un britannique et un espagnol.

L'un d'entre eux a profité de " l'hospitalité " des autorités libyennes pendant trente jours et les autres, pendant soixante-quatre jours, explique l'ambassadeur, en ajoutant que les journalistes étaient entrés dans le pays sans en être conscients, qui plus est sans visa. En outre, ils n'avaient même pas l'autorisation d'exercer une activité de journaliste. Mais grâce à un travail de négociation long et ardu, les diplomates hongrois ont fini par obtenir la libération des journalistes, qui ont séjourné à l'ambassade de Hongrie jusqu'à leur départ. C'est d'ici qu'ils sont partis, avec l'assistance du premier consul László Galli, vers la frontière tunisienne.

Ce n'était pas le seul cas, ces derniers mois, où il a été nécessaire d'aider des ressortissants étrangers en situation de détresse, affirme Béla Marton (photo: www.dunatv.hu). Parmi les Etats membres de l'Union européenne, seuls les ambassadeurs de Hongrie et de Chypre sont restés sur place, l'ambassade d'Espagne ne fonctionnant qu'au niveau de l'administration. Les diplomates hongrois sont contactés presque tous les jours par des personnes qui ont besoin d'aide pour quitter le pays, ou dont le passeport a expiré ou est perdu. Le cas des enfants nés de mariages mixtes non enregistrés à l'état civil conformément aux dispositions européennes constitue un problème fréquent.

 

La vie quotidienne à Tripoli

En réponse à une question sur la vie quotidienne, Béla Marton a déclaré que l'on tirait toujours dans la capitale, principalement en raison des fusillades entre les bandes armées et les forces de l'ordre. Il y a de l'eau, de l'électricité et on peut trouver des produits alimentaires de base. Lui ou son collègue font les courses à l'occasion, mais ne sortent dans la rue pendant la journée uniquement. Au sein de l'ambassade, c'est son collègue consul qui fait la cuisine et c'est lui qui fait la vaisselle. Pour des raisons de sécurité, ils habitent à l'ambassade, où quatre salariés locaux les assistent, les autorités libyennes assurant la protection du bâtiment.

Béla Marton et son collègue sont en contact quotidien avec les autorités libyennes par téléphone ou personnellement. En tant que représentant de l'Union européenne, il doit souvent se rendre au Ministère des affaires étrangères. Compte tenu de la situation, la réunion des chefs de mission de l'Union n'est plus convoquée qu'une fois par semaine et elle a été élargie à une « réunion européenne », puisque l'ambassadeur y invite régulièrement les ambassadeurs de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie ainsi que le chargé d'affaires de la Bosnie. L'ambassadeur a proposé à son homologue chinois d'organiser des réunions régionales pour les chefs de mission asiatiques, car ces réunions permettent d'élaborer et de coordonner des stratégies communes.

 

MR (www.lepetitjournal.com/budapest.html), mercredi 25 mai 2011

Avec le soutien du site www.euro2011.hu

Publié le 25 mai 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos