(Photo LPJ)
La découverte de ces armes, dont les conditions restent opaques, vient confirmer les déclarations précédentes du gouvernement selon lesquelles les services secrets avaient connaissance de groupes extrémistes armés prêts à utiliser la violence lors des commémorations du 15 mars prochain. Mais l'opposition de droite accuse le gouvernement d'exagérer le niveau des menaces. "Le pouvoir socialiste a instauré la peur comme programme gouvernemental" a déclaré son leader Viktor Orban au quotidien de gauche Népszabadsag.
Cette polémique entre la gauche et la droite s'est cristallisée sur la question des barrières de sécurité dressées tout autour du Parlement, pour des raisons de sécurité selon le gouvernement, pour enrayer le mouvement de contestation, selon l'opposition qui les qualifient de "rideau de fer". Elles interdisent en effet, depuis octobre, l'accès à la place Kossuth, haut lieu de la contestation en Hongrie puisqu'elle jouxte le Parlement.
Il y avait aussi eu le mitraillage de la préfecture de police de Budapest dans la nuit du 13 février. Etait-ce un coup monté par le pouvoir ? Intervenu au plus fort de la polémique sur les barrières de la place Kossuth et alors que la Fidesz accusait le gouvernement d'exagérer le niveau de menace des mouvements radicaux, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il était très à propos pour justifier les mesures de sécurité controversées prises par le gouvernement. C'est en tout cas une interprétation très répandue dans le pays.
Des intérêts opposés
Depuis la diffusion d'une bande audio accablante pour le Premier ministre socialiste, la vie politique hongroise, déjà très polarisée entre une gauche et une droite pratiquement imperméables l'une à l'autre, est devenue très tendue. La Fidesz en appelle, à ce qu'elle nomme elle-même, la "désobéissance civile" pour faire monter la pression de la rue et pousser le gouvernement à la démission. A l'opposé, l'intérêt du gouvernement est de discréditer le mouvement d'opposition auquel il est confronté depuis maintenant cinq mois. Ceci en le réduisant aux yeux de l'opinion publique à sa minorité violente dans le but de justifier des mesures policières sévères, peut-être aussi pour préparer l'opinion publique à rejeter la faute sur l'opposition au cas où des violences auraient lieu le 15 mars.
Cette agitation politique met en évidence la tension qui règne autour des commémorations de la révolution hongroise de 1848 et les enjeux politiques majeurs qu'elles constituent pour les différents acteurs de la vie politique hongroise. Ceci résulte largement du fait que l'histoire hongroise est sujette à des interprétations encore irréconciliables.
Corentin LEOTARD. (www.lepetitjournal.com - Budapest) mercredi 14 mars 2007






