Édition internationale

ENTRETIEN - Dominique Fernandez, écrivain

Écrit par Lepetitjournal Budapest
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Grand voyageur, l'académicien-écrivain adore les pâtisseries, la musique et les bains de Budapest

 

 

Lepetitjournal.com: Quand êtes-vous venu pour la première fois à Budapest?

Dominique Fernandez: Je suis venu en Hongrie pour la première fois en 1983 dans le cadre d'un voyage qui s'articulait autour du baroque. On venait de Prague qui était triste, sombre avec une ambiance très lourde et quand on arrivait à Budapest on sentait la joie de vivre des Hongrois, on mangeait bien, on pouvait écouter la belle musique dans les restaurants et a l'Opéra - en un mot on a vu l'Europe centrale telle qu'on pouvait s'imaginer en 1900.  Depuis j'y suis revenu très souvent. J'aime trois choses à Budapest: la musique, la meilleure pâtisserie du monde, en particulier le flódni au Gellért, au Lukács ou au Ruszwurm et, évidemment, les bains. Je découvre avec émotion tout ce qui est art nouveau, sécession à Budapest. Le Palais des Arts est une réussite tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Sa salle de concert est vraiment magnifique, j'aimerais retoruver une salle pareille à Paris...J'adore votre Opéra, on y était il y a quelques jours, je pouvais y admirer un ballet, le "Roméo et Juliet", la plus belle chorégraphie de cette pièce que j'aie jamais vue...

(Photo: www.lltteratiures-europeennes.com)

Quels sont les changements par rapport à 1983?
A l'époque tout était dans un état de délabrement à Budapest, depuis, on a bien restauré un grand nombre de bâtiments de prestige, surtout â Pest, par exemple le Gresham. Je préfère Pest, je ne suis pas "budiste", Buda, c'est trop touristique. Je me loge quand même au Gellért, un palace d'autrefois, pas trop voyant ou je commence ma journée dans la piscine. Sur le plan humain je ne sens pas beaucoup de changements, en 1983 j'ai déja trouvé des Hongrois très ouverts.

 

Comment voyagez-vous?
Depuis 30 ans je partage ce goût de voyages avec mon ami Ferrante Ferranti, architecte de formation devenu photographe. On parcourt les lieux séparément en se retouvant à midi et le soir autour d'une bonne table. Je prends des notes, lui des photos et après notre retour à Paris on concocte un livre en essayant de marier textes et photos. Nous avons publié un petit guide de Budapest en 1994 que nous allons rééditer bientôt.

 

Connaissez-vous la littérature hongroise?
Bien sûr, tout ce qui est traduit en français, notamment Márai, l'étrange et bizarre Szentkuthy, Esterházy qui est très connu et Kosztolányi. 

Et la musique?
Quand j'ai été jeune, j'étais élevé dans le culte de Bartók et je connaissais Liszt, bien entendu. Lors de mes voyages j'ai été amené à découvrir un compositeur totelement inconnu en France, Erkel dont j'ai admiré "Bánk bán" et "Hunyadi László", des oeuvres extraordinaires. Je connais Ligeti, Kurtág, Eötvös, un des seuls qui se permet de composer des opéras aujourd'hui. Je pense que la Hongrie s'exprime le mieux par la musique que par la littérature et la peinture.

Mihály Rózsa (www.lepetitjournal.com/budapest,.html) mercredi 20 octobre 2010

Publié le 20 octobre 2010, mis à jour le 14 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos