

L'affirmation peut paraître atypique, mais une telle découverte a pourtant des implications importantes pour la sauvegarde de la population de koalas.
La densité de population de koala a chuté de 80% entre 1996 et 2014 dans le sud-est du Queensland selon un rapport de University of Queensland (UQ) et à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Les recherche de Bridie Schultz, doctorante à UQ à l'école d'agriculture, entrent dans cette catégorie.
Elle a prouvé qu'il était possible de stocker du sperme de koala à 5°C jusqu'à 45 jours après sa collecte. Cette découverte aurait des implications pour la sauvegarde des petites boules de poils et leur diversification génétique.
Pour Bridie : « être capable de stocker le sperme plus longtemps va permettre de surmonter le problème lié à la synchronisation de la collecte du sperme avec les chaleurs des femelles ». Une avancée centrale pour « de nombreux projets de gestion de koala ».
Jusqu'ici, l'incapacité de geler la semence de l'animal avait limité le potentiel d'utilisation des technologies de reproduction assistée.
Les études antérieures avaient réussi à conserver de façon viable le sperme de koala pendant 72 heures, ce qui était insuffisant au regard du cycle d'ovulation de sa femelle de 33 jours. L'extension à 45 jours est donc une avancée considérable sur le sujet.
Les recherches auraient également d'autres répercussions, encore moins reluisante, il faut l'avouer : « Plus de 2000 koalas mâles sont tués chaque année par des voitures, des chiens, la maladie et la perte d'habitat, et de toute évidence, une fois qu'ils meurent, ils ne peuvent plus contribuer à la diversité génétique de leur population par l'intermédiaire de la procréation ».
Or : « le sperme récupéré des testicules de koalas morts est d'une qualité suffisante pour que les femelles soient inséminées artificiellement ». Autre bénéfice : « le sperme peut être testé pour assurer qu'aucune maladie ne soit transmise comme la chlamydia ».
Pour ceux qui souhaitent émettre un rire dégouté (et je les comprends), il faut savoir que cette procédure d'insémination post-mortem chez l'Homme est autorisée sous certaines conditions (consentement écrit, ou consentement tacite), au Royaume Unis et en Espagne par exemple (plus d'informations ici notamment sur le Queensland), bien qu'interdite de façon claire, en France depuis 1984, et en Australie dans le Victoria et le Western Australia,. On rigole moins !
In fine, le but est de créer une banque du sperme pour koala afin d'avoir une ressource importante en génome congelé comme cela existe pour d'autres espèces : « Une telle avancée dans les technologies de reproduction assistées pour les koalas, contribuera à maintenir la diversité génétique au sein des populations menacées ».
Je dois avouer qu'il a été difficile de garder mon sérieux durant la rédaction de cet article, ce qui n'enlève en rien, les implications exceptionnelles de cette découverte de la jeune doctorante.
Il reste juste à déplorer que ce soit encore par l'action humaine directe que des solutions puissent être trouvées. La fin justifie-t-elle les moyens ? A vous de trancher, de mon côté la frontière est floue.
MP (lepetitjournal.com/brisbane), mercredi 29 juin 2016.
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