HOMMAGE – Mia Ayliffe-Chung, le visage de la jeune Britannique assassinée

Par Lepetitjournal Brisbane | Publié le 24/08/2016 à 19:57 | Mis à jour le 25/08/2016 à 06:36

Les réseaux sociaux ont rendu hommage à la victime de 21 ans poignardée par un ressortissant français dans une auberge de jeunesse près de Townsville.

Nous sommes à l'auberge de jeunesse « Home Hill Backpackers » à 75 km de Townsville quand sonne 23h15. La scène qui s'y déroule est absolument horrible : un ressortissant français attaque au couteau une jeune Britannique de 21 ans et la tue. Il tue également un chien, blesse gravement un trentenaire anglais toujours dans un état critique à l'hôpital de Townsville et blesse un Australien de 46 ans plus légèrement.

La trentaine de témoin reste profondément choquée par l'horreur de l'agression et les réseaux sociaux s'enflamment alors en souvenir de Mia Ayliffe-Chung, laissée sans vie sur le sol de l'auberge.

Arrivée en Australie cette année, la jeune femme était une voyageuse dans l'âme. A peine son diplôme en poche du « Buxton college » en juin 2015, elle décide de partir à la découverte du monde. En un an, elle avait traversé le Sahara, l'Inde, l'Indonésie et l'Australie. Le périple d'une vie.

Définie comme une personne « irrémédiablement heureuse » par ses amies, elle laisse derrière elle nombre d'âmes meurtries : de ceux qu'ils l'ont connue à ceux qui ont simplement croisé sa route.

Mia avait passé quelque temps sur la Gold Coast en tant que serveuse dans une boîte de nuit avant de faire route vers le Nord pour terminer les 88 jours de fermes nécessaires à l'obtention d'un second Visa Working Holiday.

Le 17 août, elle faisait ses premiers pas dans les champs de canne à sucre. Malgré la difficulté du travail et ses mains meurtries elle continuait de poster sur les réseaux sociaux des photos amusantes qui retraçaient son parcours. Toujours présent : le décompte des jours « plus que 87 jours? plus que 86? plus que 85 ». Et puis le décompte s'est arrêté.

Hauts représentants de la police, ministres, diplomates, tous réagissaient avec tristesse aux évènements tragiques de mardi soir. Parmi eux, le Ministre de la Police du Queensland, Bill Byrne dont les mots trahissaient sa peine : « tout de suite, nos pensées vont aux familles et aux amis des victimes et à la communauté soudée de Home Hill ».

Des messages de ce genre étaient légions sur les réseaux sociaux « Tellement tragique. Mon c?ur est brisé pour la famille de Mia » - « repose en paix Mia Ayliffe-Chung. Je ne t'ai rencontrée qu'une seule fois et tu étais adorable. Mes pensées vont à sa famille et ses amis »?

Et puis il y avait l'autre versant ; les commentaires qui laissaient transparaître des pensées moins altruistes. La raison ? Le « Hallahu Akbar » lâché par l'agresseur français.

Voilà que l'on questionnait alors la nationalité du meurtrier présumé, que l'on accusait les mêmes personnes d'être des fauteurs de troubles. Comme toujours.

Bien sûr, ces commentaires ne représentent pas la majorité, mais ils sont une minorité bruyante, trop bruyante.

Dans la même veine, on voyait les services de police australiens préciser que l'incident avait été abordé comme un homicide. Que l'on privilégiant les pistes de la drogue et des désordres mentaux, de peur que le public ne pense à une attaque terroriste.

Sur un post Facebook daté du 28 juin, la jeune Britannique de 21 ans faisait montre d'une force de caractère à toute épreuve. En cause, la consonance asiatique de son nom et l'agression d'un Britannique qui avait voté en faveur du Brexit (voir le commentaire ensuite) :

« #thisisengland

Voici une chose que quelqu'un m'a dit aujourd'hui comme argument au fait que l'on ne devait pas avoir un autre vote (ndr : des voix s'élevaient pour faire voter de nouveau en référendum le Brexit).

C'est parce que j'ai été élevée dans le coin, parce que j'ai un nom de famille asiatique ou la peau plus foncée. Avoir à convaincre les gens qui pensent que vous n'appartenez pas à l'endroit que vous appelez maison est fatiguant. Le pire c'est que je n'en suis plus sûr dorénavant. Ce qui est triste, c'est que j'ai peur de ne pas voir les choses changer pour mes propres enfants ou mes nièces et mes neveux.

Pour trouver une solution, le prof de ma nièce a demandé aux gens de l'appeler « C » à la place de « Chung » pour qu'elle ne soit plus taquinée. Et voir mon neveu qui n'aime pas être plus bronzé que les autres enfants me brise le c?ur, parce que ça veut dire que ça se propage. Tout ce que je dis c'est tenez bon. C'est votre maison, ne laissez PERSONNE vous dire le contraire. »

MP (lepetitjournal.com/brisbane), mercredi 24 août 2016.

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