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Faut-il vraiment manger plus de kangourous?

Par Lepetitjournal Brisbane | Publié le 27/09/2017 à 06:43 | Mis à jour le 18/10/2017 à 13:47
Faut-il vraiment manger plus de kangourous?

Les Australiens devraient manger plus de kangourous.  

Un professeur de l'Université d'Adélaïde affirme qu'augmenter la demande de consommation de kangourous permettrait plus d'abattages, évitant la prolifération de ces derniers. Mais qu'en est-il de leurs conditions d'élevage et d'abattage? 

Des vertus reconnues pour notre santé

Aujourd'hui, devenu la mascotte du pays, il a été démontré que la viande de ce marsupial était la plus saine que l'on puisse trouver. Pauvre en matière grasse et en cholestérol, riche en protéines, minéraux et acide linoléique conjugué (ALC), elle possède aussi des propriétés anticancérigènes et antidiabétiques.

Trop de Kangourous? 

David Paton, professeur à l'Université d'Adélaïde l'affirme : "Si vous n'abattez pas plus de kangourous, ou si vous ne réduisez pas leur population de quelque manière que ce soit, vous allez perdre beaucoup d'autres éléments de la biodiversité".

Aujourd'hui, le pays d'Océanie compte ainsi deux fois plus de kangourous que d'habitants. De 27 millions en 2010, ils sont désormais 45 millions. Divisés en 55 espèces dont six peuvent être, selon la terminologie officielle, «récoltées». A savoir abattues par des chasseurs professionnels d'une balle en pleine tête. "Et en pleine nature", précisent ceux qui sont en faveur de la commercialisation de la viande de kangourou et qui estiment que mourir dans le bush vaut mieux que de grandir en batterie comme un poulet ou parquée comme une vache, avant de finir à l'abattoir.

Avis validé par la branche australienne de la RSPCA, la Société protectrice des animaux. «S'il est effectué correctement, l'abattage des kangourous est une des méthodes les moins cruelles pour tuer un animal».

Paton a lancé l'alerte sur ABC NEWS le 12 septembre dernier. L'info a été relayée dans tous les médias internationaux, même les journaux Français. Une stratégie qui a plutôt bien fonctionné, et a incité plusieurs expatriés à se lancer dans cette nouvelle aventure gustative: "J'ai voulu goûter dès mon arrivée en Australie. Je suis conquis: je trouve ça bien meilleur que toutes les autres viandes qui sont proposées en supermarché!" nous confie Arthur, PVTiste Brésilien. 
 

Une tendance qui n'est pas au goût de tout le monde 

Des activistes australiens ont fait leurs premières tournées en Russie et en Europe en 2007, pour inciter les populations à ne pas manger de kangourous. "Ils se font massacrer par millions. Souvent les kangourous ne meurent pas immédiatement et leur agonie est terrible... Parce que les carcasses ne sont pas toujours immédiatement réfrigérées après que les animaux ont été abattus, la viande est contaminée, impropre à la consommation"

En droit de réponse, Victor Bates, le directeur de Vacik Distributors, une compagnie qui exporte de la viande de kangourou et nommément dénoncée par Animal Liberation: «Si les carcasses étaient contaminées, il serait impossible de les exporter, chacune d'entre elles est inspectée à l'usine par un inspecteur du service australien phytosanitaire».

Traqués la nuit dans les parcs avant d'être abattus

En 2012, des Australiens parcourent les parcs nationaux aux alentours de Canberra, de nuit, lampe-torche dans une main et talkie-walkie dans l'autre. Ils traquent des chasseurs chargés par le gouvernement d'abattre les trop nombreux kangourous. Un programme approuvé par les autorités de l'Etat. 

Selon Sally Sutton, porte-parole d'Animal Liberation, ces programmes seraient toujours d'actualité. "Ils sont sensés être abattus d'une balle dans la tête, mais comment les rangers qui les abattent peuvent-ils voir de nuit? Et qu'en est-il de ceux qui sont en poche?"

Les opérations se font la nuit car c'est le moment où les kangourous sont le plus actif. L'abattage a coûté cette année-là plus de 200.000 dollars australiens (156.000 euros), soit 100 dollars par animal.

A la fin du XIXe siècle, les kangourous étaient considérés uniquement comme des animaux nuisibles. La chasse était ouverte en permanence et encouragée par un système de prime.

Un marché qui rapporte gros

L'exportation de cuir et de viande de kangourou est un marché qui rapporte de plus en plus d'argent à l'Australie.» 230 millions de dollars par an sans compter les 4 000 emplois générés par cette industrie dans des régions parfois si reculées que chasser le kangourou et creuser le sol pour y trouver des opales restent les seules activités lucratives. Les six espèces de kangourous et wallabies qui peuvent être abattues à des fins commerciales sont transportées par avion.

 

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