

Les chercheurs de l'University of Queensland ont révélé que les oiseaux n'entraient jamais en collision : une information centrale pour l'aviation mondiale.
150 millions d'années d'évolution pour les oiseaux afin d'arriver à la meilleure façon de voler - 113 ans pour l'Homme depuis le premier avion en 1903.
Deux observations s'imposent : premièrement, l'Homme avance vite. Deuxièmement, il n'en reste pas moins technologiquement loin derrière la nature, que ce soit en terme d'ingénierie ou de « process », et oui « la nature est high tech » !
Par cette simple comparaison chiffrée, les chercheurs de l'University of Queensland (UQ) ont décidé de s'inspirer des oiseaux, et plus précisément des perruches, afin de solutionner les problèmes qui se poseront dans un futur proche dans le domaine de l'aviation.
A la base de l'étude, le trafic aérien qui devient plus dense avec « des risques de collision qui augmentent, il y a donc un besoin pressant de systèmes automatisés robustes pour les aéronefs avec et sans pilote » explique le professeur Mandyam Srinivasan.
C'est d'ailleurs à ce titre que son équipe et lui cherchent à élaborer des systèmes anti-collision bio-inspirés en collaboration avec Boeing Defence Australia.
Si cette problématique est nouvelle chez l'homme, il n'en est pas de même chez nos amis à plumes : « Les oiseaux ont été soumis à une forte pression évolutive pour établir des règles et des stratégies de base pour réduire au minimum le risque de collision » constate le professeur.
Pour mettre à l'épreuve ce système chez les oiseaux, les chercheurs de UQ ont élaboré une expérience qui consiste à faire passer une perruche à chaque extrémité d'un tunnel et à observer leurs stratégies pour éviter la collision. Sur 102 tests enregistrés avec 10 oiseaux, AUCUN n'est entré en collision : puisque « les oiseaux virent toujours à droite ? ou changent leurs altitudes ».
(Vous n'êtes pas impressionné ? Et bien comptez à combien de reprises vous manquez de percuter quelqu'un qui marche en face de vous dans la rue, parce que vous avez esquivé du même côté?)
Si les raisons qui sous-tendent ces stratégies chez les oiseaux sont encore floues, elles n'en restent pas moins très enrichissantes pour les chercheurs : « Bien que nous ne puissions pas dire comment les oiseaux résolvent le passage à des altitudes différentes, nous pouvons proposer des stratégies simples pour les systèmes de pilotage automatique afin d'éviter les collisions frontales ».
Ces résultats de cette recherche seraient potentiellement applicables à la conception d'algorithmes d'orientation automatisés. Ceux-ci prendraient en compte deux stratégies bio-inspirées : virer toujours à droite et/ou changer d'altitude.

S'inspirer de la nature n'est pas une discipline nouvelle surtout dans l'aviation, puisque Clément Ader fabriquait déjà un avion qui s'inspirait de la chauvesouris (photo). Cependant, l'exemple le plus connu reste Leonard de Vinci, maître s'il en est un du biomimétisme.
Les recherches comme celles menées par UQ sont des leçons d'humilité nécessaires à l'homme et la vidéo qui suit relève de cette même logique.
Idriss Aberkane, professeur à l'Ecole Normale Supérieure et l'un des représentants français du biomimétisme et de la Blue éconmie y explique avec talent que « la nature est une bibliothèque, lisons-la au lieu de la brûler ». A méditer !
MP (lepetitjournal.com/brisbane), jeudi 29 septembre 2016.
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