

L'annonce de la découverte de la tombe du père de la logique aurait été retrouvée au Nord de la Grèce à Stagire.
Si l'Australie porte ce nom, elle le doit bien entendu à James Cook et à George III d'Angleterre, dont la poursuite du continent imaginaire « Terra Australis » a mené jusqu'à la baie de ce que l'on nommera plus tard Sydney.
Pourtant derrière la genèse de cette expression, un homme ; un monument de l'histoire antique : Aristote (né en 384 avant JC à Stagire et mort en 322 avant JC à Chalcis).
Philosophe, politique, éthique, logique, rhétorique, métaphysique et tant d'autres domaines ont été les sujets de réflexion de cet esprit incroyable.
Le destin magnifique
Disciple de Platon à l'Académie, celui que son maître surnommait « le liseur » deviendra sans nuls doutes l'une des personnalités les plus influentes de son temps.
Précepteur d'Alexandre le Grand qui dicta au destin du monde pendant une quinzaine d'année, il lui inculquera l'amour des héros grecques, notamment d'Achille dont les prouesses pousseront le Roi de Macédoine, puis Pharaon d'Égypte vers les confins du monde connu.
La découverte de l'archéologue grecque, Konstantinos Sismanidis est de taille, retrouver la sépulture du philosophe. L'annonce faite jeudi 26 mai à Thessalonique coïncide avec le 2400ème anniversaire de la naissance d'Aristote en 384 avant JC.
C'est d'ailleurs sa terre natale, Stagire, qui aura été le lieu du dernier sommeil du logicien. Fait surprenant, il s'est éteint à Chalcis, il aurait donc été déplacé, mais pourquoi ?
Pour comprendre il faut revenir à la destruction de Stagire par Philippe II de Macédoine (père d'Alexandre), puis sa reconstruite après qu'Aristote ait plaidé sa cause devant le roi. Celui-ci l'autorise même à rédiger les lois et organiser le système de gouvernement de la ville.
C'est ce qui poussa les habitants de Stagire à rapatrier les cendres d'Aristote. Cette hypothèse est corroborée par des sources médiévales de la seconde moitié du XIème siècle entreposées à la Bibliothèque Marciana de Venise.
Ce texte copié en arabe d'après des documents grecque conte l'histoire de ces citoyens qui vinrent récupérer les cendres du philosophe pour les entreposer dans une hydrie (urne) de bronze, afin de l'entreposer dans un heroon (lieu de culte pour les héros et les hommes prestigieux) de marbre, à quelques mètres à peine de l'agora, véritable centre de la cité.
Père de « Terra Australis »
La chose peut paraître surprenante, pourtant Aristote est bien le premier à parler de « Terra Australis » (bien qu'il l'exprime en grecque, traduit par la suite en latin).
On trouve, dans son traité intitulé « Météorologie », Livre II, Chapitre V, paragraphe 16 : « il doit y avoir une terre qui soit, par rapport au pôle sud, comme le lieu que nous habitons ». Une Terre au sud : Terra Australis, située en plein milieu de l'Océan Indien.
Bien sûr, il s'est avéré qu'il n'avait pas totalement raison. D'ailleurs il faudra attendre Ptolémée (1er siècle après JC) pour voir le raisonnement aristotélicien développé davantage (théorie des vents).
Il n'empêche pourtant, que par ces simples mots, Aristote a réussi à nourrir l'imaginaire fertile de ces hommes en quêtes d'ailleurs jusqu'à la Renaissance.
Cette terre fabuleuse à laquelle seuls les fous osaient rêver ; cette terre par delà le monde connu ; cette terre australe elle se nomme aujourd'hui Australie.
PS : chers lycéens qui dans une quinzaine de jours subiront l'épreuve du « bac philo », il est peu probable que vous puissiez éviter l'auteur de cette citation : « Platon m'est cher, mais la vérité m'est encore plus chère ».
MP (lepetitjournal.com/brisbane), lundi 30 mai 2016.
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