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Les soldats postés sur le glacier de Siachen vont pouvoir se laver !

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 08/01/2019 à 01:00 | Mis à jour le 04/03/2019 à 23:40
Photo : Photo credit : Instagram Indian Defence Club
Siachen glacier conflit Inde Pakistan LOC

Depuis 1984, l’Inde et le Pakistan se disputent le glacier de Siachen, le plus long de la chaine de Karakoram dans l’Himalaya. Les deux pays maintiennent une présence militaire permanente sur le glacier à plus de 6000 mètres d’altitude.  Chaque armée a perdu plus de soldats à cause des conditions météorologiques extrêmes que des suites des altercations.

 

Lorsque les Nations Unies ont rédigé l’accord de Karachi en 1949 puis l’accord de Shimla en 1972, délimitant la ligne de cessez le feu entre les deux pays dans l’Himalaya (la fameuse Ligne de Contrôle, la LOC), les officiels de l’ONU n’ont pas jugé nécessaire de stipuler quel pays allait contrôler le glacier, estimant que cette zone était trop élevée et inhospitalière. Ils s’étaient complètement trompés ! Les hostilités ont démarré en 1984 lorsque l’Inde prit position sur le glacier après avoir eu vent d’intentions similaires de la part du Pakistan. Un cessez le feu a été signé en 2003 et depuis, les deux armées campent sur leurs positions mais les soldats continuent de mourir de froid ou ensevelis par des avalanches comme ce fut le cas en 2012 pour un bataillon de Pakistanais.

 

Siachen glacier conflit Inde Pakistan Chine
Le triangle rouge représente le glacier de Siachen, la ligne pointillée la fameuse Ligne de Contrôle, la LOC.

 

Il y aurait environ 150 postes de contrôle sur le glacier et chaque pays y maintiendrait 3000 soldats, l’Inde occupant les positions les plus hautes tout le long de la chaine Saltoro et le Pakistan étant en contrebas. Les coûts engendrés par cette opération ont été évalués à 300 millions de dollars pour l’Inde et 200 millions de dollars pour le Pakistan. Ce conflit accumule les records : les seuls habitants sont les soldats, c’est le champ de bataille le plus élevé au monde, la température peut descendre jusqu’à moins 40 degrés Celsius, et même plus en cas de blizzard, l’Inde y a construit la piste d’atterrissage pour hélicoptère la plus élevée au monde à 6400 m d’altitude ainsi que la cabine de téléphone la plus élevée. L’accès par la route est impossible, du côté indien, les soldats doivent marcher pendant 28 jours sur une distance de 128 km pour atteindre le poste le plus éloigné.

 

Evidemment, vivre à une altitude aussi élevée comporte de nombreuses contraintes dues au froid et à la raréfaction de l’oxygène. Un des problèmes rencontrés par les soldats indiens qui séjournent pendant 3 mois d’affilée sur le glacier est l’impossibilité de se laver, l’eau à l’état de liquide étant une ressource rare ! Et comme le dit un officier y ayant séjourné : “ Faire fondre l’eau du glacier pour se laver est impensable car cela nécessiterait trop de carburant.”

 

Mais, l’homme n’étant jamais à court d’idées, le Army Design Bureau (ADB) aurait mis au point, en collaboration avec l’Institut de Technologie de New Delhi, un gel de lavage sans eau. D’après le Hindustan Times, le produit a été testé avec succès par le commandement militaire de l’Est en charge de surveiller la frontière disputée entre l’Inde et la Chine. Apparemment, les soldats postés sur le glacier de Siachen devraient bientôt recevoir ce gel miracle. Un membre de l’armée s’en réjouit : “Chaque soldat en poste sur le glacier ne peut pas se laver pendant 90 jours. Ce ne sera plus le cas avec le gel lavant sans eau qui leur permettra d’être propres 2 fois par semaine. Seulement 20 ml de gel sont nécessaires pour une seule personne.”

 

Le ADB a été fondé en 2016 pour promouvoir la recherche et le développement et le partenariat avec le secteur privé afin de répondre aux besoins de l’armée. Toujours selon le Hindustan times, il aurait identifié 130 problèmes auxquels sont confrontés les bataillons postés en haute altitude et travaillerait à leur résolution. Les principaux sujets concernent une baisse de performance des moteurs des tanks et des véhicules de combat, la difficulté de construire des ponts pour faciliter le mouvement des troupes dans la montagne, des gilets intelligents incluant un code d’identification pour les soldats et des robots permettant de transporter les équipements. Environ 25 solutions auraient déjà été trouvées. 

 

Siachen Glacier conflit LOC Inde Pakistan
Photo credit : Instagram i_am_santosh_25

 

Pour l’Inde, le glacier de Siachen et la chaine de Saltoro joue un rôle important dans la défense du pays en formant un barrage contre une possible incursion sino-pakistanaise au Laddakh. Il sert de tampon entre le Baltistan, zone du Cachemire occupée par le Pakistan et la vallée du Shaksgam cédée à la Chine par le Pakistan en 1962 (illégalement pour les Indiens car cette zone fait aussi partie de l’état du Jammu and Kashmir selon l’Inde).

 

Le coût élevé du maintien de l’armée au Siachen, que ce soit humain ou financier, a généré à plusieurs reprises des appels à la démilitarisation de la zone. Mais, jusqu’à présent, ni l’Inde ni le Pakistan ne les ont entendus. Avant d’entamer toute discussion sur le sujet, l’armée indienne exige que ses positions actuelles le long de la chaine de Saltoro soient répertoriées et acceptées par les deux parties, ce que le Pakistan refuse évidemment puisque cela allouerait automatiquement ce territoire à l’Inde.

 

Happymon Jacob, professeur associé à l’université Jawaharlal Nehru à New Delhi et auteur de l’ouvrage Kashmir and Indo-Pak Relations : Politics of Reconciliation, a déclaré au site The Diplomat : “Aucune concentration de forces armées sur le glacier ne peut aider l’Inde à arrêter ce que l’on appelle les objectifs chinois dans la région du Karakoram ou ne peut être utilisée par l’Inde pour lancer des offensives militaires contre le Pakistan ou la Chine. En conséquence, le contrôle du glacier par l’Inde est plus symbolique et politique que stratégique ou militaire.”

 

 

 

1 Commentaire (s)Réagir
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internaute ven 01/02/2019 - 15:36

L’Inde ne peut prétendre au statut de puissance internationale avant d’avoir établi une paix durable avec son voisin pakistanais. Le titre peut surprendre, présenté ainsi : c’est naturel, il n’est pas complet. Il s’agit de défendre, ici, l’idée selon laquelle l’Inde a besoin de la paix avec le Pakistan si elle veut devenir une réelle grande puissance, assez solide pour véritablement rayonner à l’international. Un appel de bon sens probablement inaudible : la faute à la pensée géopolitique traditionnelle Défendre cette idée, cela ne veut pas dire croire qu’elle sera prise en compte : les grandes puissances se sont, le plus souvent, historiquement, construites d’abord « par le fer et par le sang », pour paraphraser Bismarck. C’est plus encore le cas quand le roman national se teinte de haine raciste, religieuse ou soi-disant « civilisationnelle » de l’Autre, rendant tout compromis impossible. Or aujourd’hui, en Inde, l’extrême droite identitaire est importante politiquement, et la haine anti-musulmane est devenue violente plus d’une fois, d’autant plus depuis que Narendra Modi est arrivé au pouvoir. La haine identitaire est aussi anti-chrétienne d’ailleurs, on aurait tort de l’oublier : selon l’Association Évangélique d’Inde, l’année 2017 aura été la plus « traumatisante » pour les Indiens chrétiens depuis une décennie au moins. Et les territoires dans lesquels les chrétiens sont le plus en danger sont tenus par le BJP, le parti au pouvoir. Pour plus d’informations sur ce sujet, il est intéressant de lire le rapport de l’Association Évangélique d’Inde (en anglais) en cliquant ici. Le désir d’inclusion et d’acceptation de l’Autre, qu’on retrouve chez les fondateurs de l’Inde comme du Pakistan modernes, est mis en danger par une vague de haine qui semble menacer l’ensemble du sous-continent, et tout particulièrement le pays qui, en son sein, se rêve en grande puissance pour le XXIe siècle. Cette haine semble bien nourrir une vision « bismarckienne » des relations internationales en Inde. On y parle ainsi de territoires pakistanais (Azad Cachemire et Gilgit Baltistan), comme étant « occupés », ce qui n’a aucun sens, si ce n’est pour préparer les esprits à une nouvelle guerre avec Islamabad, dans le but de prendre ces territoires. Globalement, dans l’ensemble de l’Asie du Sud, il y a cette obsession de la vision géopolitique héritée du XIXe siècle : si, en Europe, on a été trop loin dans le rejet de la géopolitique classique, en Asie, ou en tout cas dans cette partie de l’Asie, la critique est totalement absente, et cette approche théorique du monde amène à voir la guerre comme une solution parmi d’autres pour arriver à ses fins… Bien sûr, cette retranscription sans réflexion de la géopolitique du XIXe siècle dans le XXIe siècle est absurde, car il ne prend pas en compte l’évolution technique de l’armement et des possibilités de faire la guerre. Elle oublie également les bienfaits que la stabilité, la globalisation, apportent au pays même qui pourrait mettre tout cela de côté au nom de mythes nationalistes aussi fantasques qu’irréalisables. Hélas, pour l’Europe, rien de nouveau : ce n’est pas la première fois qu’on voit un pays prospérer mais préférer des fantasmes identitaires et des rêves de conquêtes aux possibilités concrètes offertes par la paix. La vision dangereuse de l’extrémisme hindou pour l’Inde et l’Asie du Sud Selon l’approche géopolitique classique, et la vision belliqueuse des nationalistes hindous, prendre par la force des territoires pakistanais dans une nouvelle guerre, permet de faire totalement la jonction avec l’Afghanistan, allié de New Delhi, et d’affaiblir durablement Islamabad. Affaiblissement qui irait, dans l’esprit de certains idéologues nationalistes à Kaboul et à New Delhi jusqu’au démembrement du Pakistan, peu importe le désastre humain et le danger sécuritaire que cela représenterait pour la population pakistanaise elle-même, l’environnement régional tout proche, voire le reste du monde… Qu’importe pour les idéologues nationalistes en Inde qui pensent sans doute, à partir de là, pouvoir enfin s’imposer à l’ensemble de l’Asie du Sud. Après tout, dans cette partie du monde, Islamabad représente une puissance moyenne, seule capable de s’opposer par ses propres forces à un diktat de New Delhi. Plus difficile pour le Bangladesh ou pour le Sri Lanka… Le nationalisme hindou aurait d’autant moins de problèmes avec une nouvelle guerre indo-pakistanaise, parce qu’elle correspond à sa vision du monde, violemment islamophobe. Quand une certaine droite indienne, flirtant avec cette extrême-droite, va jusqu’à soutenir les violeurs hindous d’une petite fille cachemirie musulmane, on comprend que ces extrémistes n’ont rien à envier aux terroristes et fondamentalistes violents au Pakistan ou en Afghanistan. Et quand certains politiciens indiens ne cachent pas leur admiration pour Hitler, la communauté internationale peut légitimement s’inquiéter. Une inquiétude qu’on retrouve chez bien des progressistes indiens, et que devraient partager tous les Indiens souhaitant voir leur pays devenir une grande puissance. Parce que le monde a bien changé depuis Bismarck : Napoléon III n’avait pas l’arme nucléaire à disposition… Des interventions ponctuelles ne changeant pas le statu quo fondamentalement peuvent être acceptées, mais la perte de territoires par le Pakistan dans une nouvelle guerre entraînera forcément une réponse utilisant toutes les moyens à disposition. Et dans un échange de feu nucléaire, dans une guerre totale aujourd’hui, il n’y a que des perdants. Les menaces hindouistes, et les violences contre les minorités religieuses, notamment musulmanes, confirment également à une partie du corps politique pakistanais que la paix avec l’Inde n’est qu’un doux rêve, et que le monde tel qu’il est leur impose une guerre froide dans laquelle tous les moyens sont bons pour se défendre. Les analystes et politiciens pakistanais ne sont pas dupes : si les Indiens peuvent menacer Islamabad, l’armée pakistanaise ne peut pas également menacer Delhi. Face à la menace d’un extrémisme violent hindou, potentiellement génocidaire, il est logique que certains, dans un État moins fort mais malgré tout assez important pour ne pas pouvoir être aussi soumis que les autres en Asie du Sud, décide d’utiliser toutes les armes à leur disposition. L’extrémisme hindou signifie donc un danger de guerre conventionnelle, mais aussi de guerre par procuration, utilisant des acteurs non-étatiques, qui ont déjà représenté un réel danger sécuritaire pour l’Inde par le passé. L’approche nationaliste, et une vision géopolitique agressive, ne donneront pas les résultats fantasmés. Par contre, ils peuvent entraîner la ruine de l’Asie du Sud. Par ailleurs, les partisans de l’affrontement avec le Pakistan sont également un danger pour l’Inde multi-ethnique et multireligieuse. L’Asie du Sud a une identité et une Histoire plurielles, et les extrémistes, quelle que soit leur religion, ne l’acceptent pas. Ainsi l’Inde, c’est aussi son passé « islamique », que les nationalistes hindous l’acceptent ou non. Leur seule façon d’imposer leur point de vue, à terme, à la société indienne, passera par la violence. Tout comme les Taliban qui ont dynamité les Bouddhas de Bamiyan ou massacré les Hazaras, parce qu’il refusait un Afghanistan au passé bouddhiste ou composé aussi de musulmanes chiites, et non sunnites. On ne peut pas devenir une grande puissance en situation de guerre civile. Or la guerre civile, c’est le fantasme de l’identitaire, en Asie du Sud, comme ailleurs. Et même sans aller jusqu’à la guerre civile, le fantasme du « nationaliste hindou » passe forcément par un choc des civilisations qui, mené jusqu’à son terme, ne produit que des charniers. Pourquoi une vraie paix entre l’Inde et le Pakistan permettra à New Delhi de s’affirmer comme grande puissance La paix avec le Pakistan demanderait des compromis, certes. Elle passerait par une solution originale sur le Cachemire, par exemple rendant la frontière entre Cachemires indien et pakistanais quasiment invisible, ou entraînant une très forte autonomie du Cachemire indien. Elle passerait aussi par un travail historique commun difficile, sur la partition, sur les erreurs de figures historiques mythifiées. Mais les gains, en retour, seraient énormes : avec le temps, Pakistan et Inde pourraient se parler non pas comme des ennemis, mais comme des voisins normaux. Cela voudrait dire, pour l’Inde comme pour le Pakistan, des craintes militaires frontalières petit à petit apaisées. Peut-être à terme une démilitarisation au moins partielle de la frontière, ou au moins une modernisation plus rationnelle, et moins coûteuse, de l’outil militaire. Des deux côtés, les économies seraient substantielles et pourraient servir pour l’éducation, le système de santé, les infrastructures, les défis écologiques, l’aide aux plus démunis : des vrais problèmes, déjà, pour les deux pays. Bien entendu, même dans un monde où l’Inde et le Pakistan vivraient un tel apaisement, on n’arriverait pas immédiatement à la situation franco-allemande contemporaine. Mais si un réel apaisement avait lieu, les deux États auraient cet exemple comme perspective d’avenir, à plus long terme. Et dans un avenir plus proche, ils auraient la possibilité de développer leur potentiel géopolitique, n’étant plus obsédé l’un par l’autre : le Pakistan vers l’ouest musulman, et l’Inde vers l’Asie hors Asie du Sud. C’est dans le Moyen-Orient au sens large (notamment comme force ayant des relations équilibrées entre Arabie saoudite et Iran) pour le Pakistan, et en Asie du Sud-Est (ainsi que sur les mers de l’Asie-Pacifique en général) pour l’Inde que l’importance d’Islamabad et de New Delhi se révéleront vraiment à la communauté internationale. L’Asie du Sud serait juste leur maison commune, maison commune qui demandera d’ailleurs la coopération de tous pour gérer les défis sécuritaires, économiques, écologiques présents et à venir. Une telle approche n’empêchera pas l’Inde de se présenter comme une grande puissance. Après tout, ce qui définit une grande puissance, c’est justement sa capacité à aller au-delà de son environnement régional, pour compter, voire devenir indispensable, ailleurs. Un apaisement progressif permettant la stabilité et un développement économique confirmé ; un risque de guerre progressivement éclipsé, ainsi que des problèmes sécuritaires internes réduits ; la possibilité de ne pas garder les yeux rivés sur la région mais mener une stratégie projetant le pays à l’international bien plus qu’aujourd’hui encore : les intérêts d’une paix avec le Pakistan, pour l’Inde, ne sont décidemment pas négligeables. Certes, pour certains géopoliticiens de comptoir, la logique bismarkienne « par le fer et par le sang » peut sembler inévitable. Mais encore une fois, Bismarck n’a connu ni les deux Guerres Mondiales ni la bombe atomique. Les grands hommes d’État ont su s’adapter aux réalités de leurs temps pour défendre les intérêts de leurs pays respectifs. Et les réalités contemporaines n’offrent guère que deux choix, y compris aux pays les plus puissants : accepter le compromis, le dialogue, pour préserver la stabilité régionale et internationale, et gérer les grands défis du XXIe siècle, qui sont transfrontaliers ; ou risquer une montée des tensions désastreuses. On aimerait, dans une telle situation, voir les décideurs et les analystes français éviter de tomber dans une vision trop rose et simpliste de l’Inde, ou de la situation sud-asiatique, et s’attacher à défendre la seule diplomatie raisonnable : le soutien à la paix dans la région, par une activité diplomatique ne prenant pas parti.

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