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Kidnappé pendant plus d’un an au Venezuela

Par Lepetitjournal Bogota | Publié le 18/11/2018 à 06:40 | Mis à jour le 18/11/2018 à 06:45
Photo : Caracas, capitale du Venezuela
Daniel Baroody Venezuela

Le Venezuela compte le plus grand nombre de kidnappings au monde par habitant. Chaque année, 30 000 personnes y sont séquestrés. Daniel Baroody, homme d’affaire d’origine syrienne, y a été « arrêté », puis retenu durant… 1 an et demi. Durant cette détention, on lui aurait extorqué plus de 100 000 dollars. Il raconte.

Daniel Baroody travaille dans l’importation, principalement de nourriture. D’origine syrienne, il est parti vivre en Arabie Saoudite, puis aux Etats Unis, au Texas - où il possède plusieurs fermes d’élevage -  avant de s’installer, il y a 10 ans dans la région de Bogota. Il est depuis propriétaire de plusieurs abattoirs dans le pays.

En Novembre 2016, il reçoit une invitation de Miguel Silva, un homme d'affaire disant être lié au Ministère de l’Alimentation du Venezuela, pour investir dans le pays. Il se rend en avion à Maiquetia, Venezuela, accompagné de sa femme et de deux associés .

Dès l’atterrissage, il est pris à partie par un groupe d’hommes, dont Miguel Silva. « Ils ont affirmés faire partie d’Interpol et m’ont ordonné de dire à ceux qui m'accompagnaient de partir. Après m’avoir passé les menottes et, ils m’ont emmené à l’extérieur de l’aéroport. Tout cela sans même que je ne passe par le service de migration » raconte-t-il. Le prétendu Miguel Silva lui aurait demandé immédiatement 20 millions de dollars en lui promettant sa libération.

 

Une bouteille pour seule toilette

« On m’a emmené dans un bâtiment, où on m’a confisqué tous mes biens ». Comme dans de nombreux autre cas de kidnapping, l’homme d’affaire aurait été retenu dans des conditions déplorables : seulement possible d’aller aux toilettes deux fois par jour, avec pour seule alternative d’utiliser une bouteille vide pour satisfaire ses nécessité..

Privé de son téléphone, celui ci n’a pu communiquer avec sa femme qu’avec l’accord de ces ravisseurs et toujours sous leur contrôle - seulement en anglais.  « Après 8 mois de captivité, j’étais a bout, je leur ai demandé de me tuer » nous confie-t-il.

 

Plus de 100 000 dollars rançonnés

Une requête que ses ravisseurs n’ont pas voulu entendre. Et pour cause : durant sa captivité, on lui a extorqué plus de 100 000 dollars. « Cela a commencé avec de petites sommes. Je devais m’acheter mes propres vêtements et ma propre nourriture. Je payais très cher, et systématiquement mes gardes me volaient ma nourriture »

Lors de son arrestation, il avait été annoncé à Daniel Baroody que les États-Unis demandaient son extradition pour avoir importé 500 g de pseudo-éphédrine et camfetamine, des substances interdites sur le sol américain. Pourtant, Daniel Baroody n’a jamais été remis aux services nord-américain en vue de procéder à son extradition. « On n’a pas voulu me libérer, et on ne m’a pas non plus laissé contacter l’ambassade ». Ses ravisseurs ont alors commencé à lui demander de payer.

Durant sa captivité, Daniel Baroody a été changé plus de 5 fois de lieu de rétention. « Chaque nouveau geôlier, ou prétendu “directeur de prison » qui m’était assigné me demandait plusieurs milliers de dollars, en me disant tantôt qu’on allait me sortir de là, tantôt qu’on me remettrait à l’Ambassade des États-Unis, ou même qu’on allait m’envoyer en Syrie ».

« En tout, on m’a volé plus de 110 000 dollars » poursuit-il en agitant une liasse de papiers. Des papiers montrant des transferts vers des comptes localisés au Panama, dont certains portent le nom d’officiels vénézuélien à l’instar de Jose Stallone, employé de la Cour Suprême vénézuélienne. Contreras, Commissaire d'interpol de Caracas lui aurait également extorqué plus de 10 milles dollars.

 

Un système bien ficelé

Dès le début de sa captivité, deux femmes, Genny Rodriguez et Maria Mercedes Barrotea, se présentent à lui comme ses avocates. Elles lui auraient affirmé que son passeport avait été perdu après avoir été confisqué (celui-ci lui a pourtant été rendu à sa libération) avant de lui proposer un faux passeport, vénézuélien… pour la modique somme de 240 milles dollars. « J’ai refusé et j’ai demandé qu’ils m’envoient aux États Unis » affirme Daniel Baroody, « Ils m’ont dit que si je ne paierai pas, ils n’enverraient pas mes documents à l’Ambassade des Etats-Unis à Caracas. » poursuit-il. Les prétendues avocates lui aussi aurait demandé de passer à la caisse en lui demandant de transférer 8 millions de dollars au compte de Michael Moreno, président du Tribunal suprême de justice du Venezuela 

 

Libération

Le 17 mai 2018, Daniel Baroody a finalement été libéré et remis aux services de migration colombiens. « De là, j’ai pu appeler ma femme, j’étais encore sous le choc ». Depuis Daniel Baroody est revenu à Bogota et assure que le Venezuela « il n’y retournera sous aucun prétexte ».

 

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