GCSB. Kim Dotcom en croisade contre l’espionnage

Par Lepetitjournal.com Auckland | Publié le 18/08/2013 à 10:13 | Mis à jour le 06/01/2018 à 01:42

 

 photo du livre 1984 (George Orwell)

Le GCSB est en titre de nombreux journaux néo-Zélandais. Si vous n'avez pas suivi, ou pas compris ce qu'il se passe, alors vous êtes au bon endroit.

Être espionné, c'est le sentiment que l'on ressent lorsque l'on surfe sur le web, et que les publicités qui s'affichent sont liées à nos recherches passées. Lorsque l'on passe un coup de téléphone, qu'il y a des grésillements ou des bips sonores ponctuels.

Mais ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg. L'espionnage en 2013 est davantage numérique, en relation avec vos cybers-activités. C'est là que beaucoup d'affaires ont commencé.

My name is com, Dotcom?

Kim Schmitz, connu sous le pseudonyme Kim Dotcom, est le fondateur du site internet de téléchargement Megaupload. Il est devenu un personnage public depuis son arrestation en grande pompe le 20 janvier 2012, à son domicile d'Auckland. Un raid avait alors été autorisé par le Gouvernement néo-zélandais, permettant aux forces américaines du FBI de procéder à l'arrestation.

Le motif ? Avoir gagné plus de 175 millions de dollars en proposant les copies de films, musiques, jeux vidéo, piratés sur son site Megaupload. Il encourt donc une peine pour blanchiment d'argent, fraude, et non respect du Copyright.

Libéré sous caution, il est aujourd'hui assigné à résidence près d'Auckland, et attends son procès (dont la date n'a pas été fixée).

Son actualité en 2013 est beaucoup plus politique. Il lutte activement contre le Gouvernement, et les activités du GCSB. Le GCSB est le Governement Communications Security Bureau. Ils sont les services du renseignement si l'on doit les comparer avec la France. Leur travail est de vérifier les informations venant de l'étranger, la surveillance de la cyber-activité, et la réalisation d'écoute sur les personnes suspectes.

Kim Dotcom a été victime d'écoutes illégales, ayant conduit à son arrestation (prouvé à la suite d'une enquête policière en juin 2012). C'est donc une bataille sans relâche qu'il livre désormais.

Meeting improvisé au Mount Albert War Memorial d'Auckland, manifestation dans les rues de la ville, en présence de 2.000 manifestants. Kim Dotcom passe de personnage numérique à personnalité politique.

Pourquoi tant de bruit ?

Le GCSB serait sur le point d'obtenir davantage de pouvoirs. John Key, premier ministre néo-Zélandais a développé plusieurs points concernant l'avenir du « bureau ».

Sur le site officiel du Gouvernement on peut donc lire les déclarations suivantes :

« We intend to make it clear the GCSB can undertake activities on behalf of other named agencies where those agencies can lawfully undertake those activities. »

Ce qui donnerait en français :

«On tente de mettre en évidence le fait que le GCSB peut entreprendre des activités pour le compte d'autres agences, qui pourront de manière légale pratiquer leurs activités.»

Il développe ensuite les cinq points devant être réformés.

Du jargon juridique offrant un peu plus de libertés au service du renseignement. Il serait question d'étendre les écoutes à tous les résidents néo-Zélandais. Pire encore, permettre l'utilisation des données personnelle liées aux réseaux sociaux (Facebook) et remonter l'historique. Si les données vont et viennent, elles peuvent être utilisées à tort et à travers par toutes les agences et organismes en faisant la demande légitime.

Kim Dotcom a qualifié le Premier Ministre néo-Zélandais de « marionnette des Etats-Unis » lors de son dernier meeting. La réaction du groupe de hackeurs Anonymous ne s'est pas faite attendre, puisqu'ils ont joyeusement piraté le site du Premier ministre le 30 juillet dernier.

Le prochain rendez-vous avec Kim Dotcom sera devant les portes du Town Hall d'Auckland le 19 août prochain. Sur Twitter, il invite d'ailleurs tous les opposants au GCSB à le rejoindre à 19h.

Qu'est devenu Megaupload ?

Le site a fermé boutique à la suite de l'arrestation de Kim Dotcom, et les millions d'utilisateurs (près de 180 millions/jour selon son créateur, 66 millions après enquête) se sont retrouvés sans aucun moyen de téléchargement. Car le site était réellement devenu une plateforme de téléchargement illégale. La moindre série à la mode était téléchargeable moins de 24 heures après sa diffusion. La loi Hadopi a tenté de faire peur en France, en condamnant les « pirates » à une amende au bout de trois avertissements. Deux cas seulement ont été portés devant les tribunaux, et la loi n'est plus (décret n° 2013-596 du 8 juillet 2013, paru au Journal officiel du 9 juillet 2013).

Kim Dotcom n'a pas décidé de s'arrêter pour autant, puisqu'il il a relancé Megaupload en janvier 2013, sous le nom de Mega. Le succès n'est pas le même, mais il semble être dans la légalité cette fois-ci (pour l'instant).

Mais son grand projet, dont peu de choses ont filtré pour le moment, c'est la création d'un service de messagerie sécurisé. Il souhaite étendre les capacités de Mega, en proposant un échange de données cryptées, et par conséquent non traçables.

Prochain épisode le lundi 19 août à 19h au Town Hall d'Auckland.

Sébastien Sigaut (lepetitjournal.com/auckland) dimanche 18 août 2013

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