Vendredi 23 août 2019
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Yémen: les séparatistes du sud adoptent un ton conciliant après des combats meurtriers

Par AFP | Publié le 12/08/2019 à 10:05 | Mis à jour le 13/08/2019 à 05:35

Après les violences de la semaine dernière, la fête musulmane d'al-Adha semble avoir calmé les esprits dans le sud du Yémen, le chef séparatiste Aidarous al-Zoubaidi s'étant dit prêt à respecter un cessez-le-feu et à participer à une réunion de paix en Arabie saoudite.

Aucun combat n'a été signalé ces dernières 24 heures dans la grande ville méridionale d'Aden, théâtre d'affrontements meurtriers entre combattants séparatistes et forces gouvernementales, et M. Zoubaidi, président du Conseil de transition du sud (STC, séparatiste), a adopté un ton plutôt conciliant dimanche soir.

Dans un discours télévisé, il a d'abord affirmé que les violences avaient été "provoquées" par les forces gouvernementales et que les combattants séparatistes n'avaient eu alors "que deux options: l'autodéfense ou la reddition et la liquidation de notre juste cause".

Le camp adverse, a-t-il affirmé, voulait "mettre en oeuvre un plan basé sur l'assassinat de nos leaders".

Séparatistes et soldats gouvernementaux sont pourtant théoriquement alliés dans une coalition menée par l'Arabie saoudite qui combat depuis 2015 les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui sont maîtres de vastes régions du nord, dont la capitale Sanaa.

Tôt dimanche, l'Arabie saoudite avait mené une frappe aérienne à Aden sans parvenir à chasser les combattants séparatistes des casernes et du palais présidentiel conquis la veille.

- "Totale ouverture" -

Dans son discours, M. Zoubaidi s'est dit "prêt" à "travailler de manière responsable" avec Ryad pour "gérer cette crise".

afp

Tout en renouvelant "l'engagement" des séparatistes à maintenir le cessez-le-feu annoncé samedi soir, il a dit que son camp était prêt à "assister à la réunion demandée par le royaume d'Arabie saoudite, et cela dans un esprit de totale ouverture".

De son côté, le gouvernement yéménite, très affaibli, a dénoncé dès les premiers combats un "coup de force" et un "coup d'Etat" des séparatistes.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié depuis 2015 en Arabie saoudite, a été reçu successivement dimanche par le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane, a indiqué l'agence saoudienne SPA.

Les combats à Aden fragilisent la coalition anti-Houthis au Yémen: l'Arabie saoudite soutient M. Hadi tandis que les Emirats arabes unis, l'autre pilier de cette coalition, ont formé le "Cordon de sécurité", une force liée aux séparatistes du STC.

En visite en Arabie saoudite où il a rencontré le roi Salmane et le prince héritier, Mohammed ben Zayed, prince héritier d'Abou Dhabi et homme fort des Emirats, a souligné "une inquiétude partagée concernant la stabilité du Yémen".

Il a appelé au dialogue, "seul moyen de régler les différends entre les Yéménites", selon l'agence officielle émiratie Wam.

En juillet, les autorités émiraties avaient annoncé leur intention de réduire leurs troupes au Yémen, tout en soulignant que les soldats émiratis ne quittaient pas le pays.

L'ONU a fourni un bilan de 40 morts et de 260 blessés, dont de nombreux civils, dans les combats d'Aden qui ont duré plusieurs jours.

Des cliniques ont rapporté des dizaines de morts et des centaines de blessés, selon le Comité international de la Croix-Rouge. "Des hôpitaux sont en difficulté, sans équipements de base. Des blessés meurent, les postes de contrôle les empêchant d'accéder aux cliniques", a indiqué l'organisation sur Twitter.

Médecins sans frontières (MSF) a indiqué avoir traité 119 blessés en 24 heures dans un de ses hôpitaux d'Aden.

En raison de la guerre entre les Houthis et le camp antirebelles, le Yémen connaît déjà la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU. Près de 80% de la population totale, soit 24,1 millions de personnes, ont besoin d'assistance, d'après la même source.

- "Préserver l'unité" -

afp

Le Yémen du Sud était un Etat indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud existe toujours un fort ressentiment contre les Yéménites originaires du nord, accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays.

Ce n'est pas la première fois que les séparatistes du sud s'opposent aux unités loyales au président Hadi. En janvier 2018, des combats entre les deux camps avaient fait au moins 38 morts.

Mais les circonstances du déclenchement des hostilités mercredi dernier entre séparatistes et unités gouvernementales restent floues.

Des responsables séparatistes ont accusé le parti islamiste yéménite Al-Islah d'avoir tué un de leurs commandants.

Selon eux, Al-Islah a "infiltré" le gouvernement Hadi, tenu à bout de bras politiquement et financièrement par l'Arabie saoudite.

Le vice-ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, l'un des fils du roi, a réaffirmé le soutien de Ryad au "gouvernement légitime du Yémen".

Il a souligné la nécessité de "préserver l'unité et la stabilité" dans un pays confronté au risque d'une "guerre civile dans la guerre civile", d'après les termes d'un rapport du centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

0 Commentaire (s)Réagir

Ma Vie d'Expat

TÉMOIGNAGES

APPEL À TÉMOINS - L’expatriation : un virus ?

Vous faites partie de ces « récidivistes » ? Tellement à l’aise en dehors des frontières que les perspectives de retour vous sont insupportables ? Vous avez attrapé le virus en héritage...

Expat & Emploi

New York Appercu
VISA

Les entrepreneurs français dans le collimateur de l’immigration US ?

À compter du 29 août 2019, la durée maximale allouée par les Services de l’immigration américaine aux ressortissants français demandeurs de visa E1 ou E2 passera de 5 ans à 15 mois.

Le Mag

Melbourne Appercu
FAMILLE

Littérature enfantine : le top 6 des auteurs australiens

Votre petit se prépare pour son premier jour en crèche ou dans une maternelle australienne? Un petit tour d’horizon des livres pour enfants les plus populaires, écrits par des auteurs australiens.