Dimanche 17 janvier 2021

EMPAQUETADORES – Ces petites mains qui rangent nos courses

Par Lepetitjournal Santiago | Publié le 15/04/2014 à 03:00 | Mis à jour le 15/04/2014 à 04:33

Ils attendent souvent les clients à la caisse, et mettent leurs courses dans des sacs en échange d'un petit pourboire. Rencontre avec Daniel, qui explique le système des "empaquetadores"

Daniel est l'une de ces personnes que l'on croise sans vraiment s'en rendre compte. Depuis maintenant un an et demi, il travaille dans un supermarché de la chaîne Santa Isabel comme "empaquetador". Étudiant en kinésithérapie, il arrondit ainsi ses fins de mois en mettant les courses des consommateurs dans des sacs, moyennant un pourboire qui varie entre 100 et 200 pesos par client. L'argent qu'il touche, s'il ne suffit pas à payer l'université ? sa famille s'en charge - lui permet de s'émanciper progressivement du giron familial.

Il explique que c'est le supermarché qui fait appel à une entreprise, Unidos en Red. Celle-ci se charge ensuite de faire l'intermédiaire entre les grandes surfaces et les étudiants comme lui, auxquels le service est facturé 1500 pesos par mois.

Mais les règles peuvent changer selon les enseignes. Dans les établissements de la chaîne Lider, par exemple, les étudiants - ils représentent l'immense majorité des empaquetadores - négocient directement avec le supermarché et doivent s'acquitter de 500 pesos, l'équivalent de 75 centimes d'euro, pour accéder à une caisse pendant trois heures. Avec les frais supplémentaires (5000 pesos pour la chemise, 10 000 pesos pour la veste,...), l'investissement peut vite devenir conséquent. Ils n'agissent pas toujours de la même manière non plus. Dans les supermarchés de la chaîne Jumbo, ils ne viennent que si le client en fait la demande à la caisse. Car il ne faut pas oublier que leurs services sont facultatifs, et que l'on peut tout à fait se passer de leur aide - d'autant que beaucoup d'entre eux font une utilisation abusive des sacs plastiques. Notons par ailleurs qu'en cas de nécessité (incapacité physique, par exemple), ils peuvent raccompagner le client et ses courses jusqu'à sa voiture.

Un revenu qui peut énormément varier
Les "empaquetadores" ne touchent donc pas de salaire fixe. Leurs revenus dépendent beaucoup de l'enseigne (la chaîne Santa Isabel est réputée plus chère, et sa clientèle plus aisée), du quartier (la population de Nuñoa n'est pas la même que celle du Barrio Brasil). Daniel explique qu'il touche au moins 10 000 pesos pour un "turno" ? un tour de quatre heures à une caisse. Mais le montant peut très vite monter. A Noël, par exemple, le "turno" peut rapporter jusqu'à 30 000 pesos. Lui, en travaillant douze heures par semaine, touche près de 120 000 pesos par mois, c'est-à-dire 166 euros. Un salaire plutôt honorable, quand le SMIC chilien s'élève à 266 euros.

Clément Ourgaud (www.lepetitjournal.com/Santiago) Mardi 15 avril 2014

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