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Le quartier de los Austrias: aux origines de Madrid

Par Monique Auxenfans | Publié le 24/01/2019 à 07:00 | Mis à jour le 24/01/2019 à 21:08
Photo : Creative Commons
plaza mayor

Le "Madrid de los Austrias" doit son nom à l'époque où la Maison d'Autriche des Hasbourg régnait en Espagne. Dans les années 60, la promotion touristique de la capitale se basait déjà sur ce quartier. Puerta del Sol, Calle Mayor, Cava Alta, Cava Baja, la Latina, le Palais Royal... Des noms symboliques pour une zone à (re)découvrir.



"Los Austrias" correspond à une zone qui existait déjà au Moyen Age et qui a commencé son expansion urbaine sous le règne de  Charles Quint (Charles I d'Espagne ). Philippe II (1556-1598), son fils, y établit sa Cour en 1561 pour des raisons pratiques (eau souterraine abondante et possibilités de croissance), religieuses (éloignement du tout puissant Archevêque de Tolède, d'où une plus grande indépendance du pouvoir civil vis à vis du prélat) et géographiques (situation dans le centre du royaume).
La population de Madrid passe alors d'une quinzaine de milliers d'habitants à près de 40.000 en 1575, et à plus de 100.000 à la fin du XVIe siècle. Pour faire face à cette démographie croissante, le Roi ordonna un projet d'ordonnancement urbanistique consistant en l'alignement et l'élargissement des rues.



Maisons avec astuces


On procéda alors à la démolition des murailles médiévales, à l'aménagement de la Plaza del Arrabal, actuelle Plaza Mayor, à la construction d'édifices publics, hôpitaux, hospices, orphelinats, halles, églises et couvents. Toutefois, le manque de moyens mis en œuvre pour cet ambitieux projet aboutit à une croissance urbaine rapide et désordonnée. L'intense activité immobilière de cette période ne fut pas suffisante pour répondre à la demande de logements nécessaires ou pour recevoir l'affluence de courtisans et de serviteurs de la Couronne. Pour pallier cette situation, le monarque promulgua une loi connue comme "Regalia de Aposento" (tribut de logement) qui obligeait les propriétaires d'immeubles de plus d'un étage à en céder un au profit d'une famille de courtisan. Ce décret favorisa le développement des "casas a malicia" (maison avec astuces), dont l'étage supérieur était dissimulé, afin d'éviter ainsi la réquisition (il existe encore des vestiges de ces maisons "a malicia" près de la rue de Segovia).



Kilomètre zéro


Il y a plusieurs façons d'effectuer la visite. Soit en faisant appel à des visites organisées par l'office du Tourisme ou par des agences, soit en déambulant dans les rues qui se trouvent dans le périmètre de la Puerta del Sol, la Calle Mayor, Cava Alta y Cava Baja, la Latina, le Palais Royal. On peut commencer par la Puerta del Sol, au Km 0, centre de Madrid, au pied de la Casa de Correos. C'est là que l'on célèbre le changement d'année, le 31 décembre, en avalant 12 raisins au son des 12 coups de cloche de l'horloge. La Casa de Correos (Postes), construite en 1768, œuvre de l'architecte français Jaime Marquet, après avoir été le siège de la  Direction Générale de la Sécurité de l'Etat, est actuellement le siège de la Présidence de la Communauté de Madrid. On raconte qu'après la guerre civile, ses geôles virent moult tortures et exécutions sommaires.



Monastères, couvents et palais


On parcourra ensuite les rues étroites pour admirer les nombreux édifices renaissance et baroques, comme le magnifique Couvent de las Descalzas Reales, ancien palais qu'habitaient Charles I et son épouse Isabelle de Portugal. Il devint à l'initiative de Doña Juana, fille de l'empereur et soeur de Philippe II, un monastère de moines franciscains. Il abrite aujourd'hui des œuvres d'art exceptionnelles et de grande valeur. Autre chef d'oeuvre : le Couvent de la Encarnacion avec les reliquaires contenant le sang de San Genaro et de San Pantaleon. A voir également : le Palais Royal et sa magnifique armurerie, l'ancien Palais des Ducs d'Uceda (actuellement Capitania General) et le Palais des Ducs d'Abrantes (actuellement siège de l'Institut Italien) dans la Calle Mayor, la Plaza de la Villa où se trouvent l'ancienne Mairie de Madrid, la Casa de Cisneros, la Torre de los Lujanes du VXème siècle, l'un des monuments le plus ancien de Madrid où aurait été prisonnier François Ier après sa défaite à Pavie...



Le quartier des restaurants


La Plaza Mayor, construite sous Philippe II et où l'Inquisition tenait ses autodafés, servit successivement de place de Toros (arènes), de siège de procès, de centre d'exécutions et de lieu de représentations théâtrales. Le Palais de Santa Cruz quant à lui, une prison jusqu'en 1767, est à l'heure actuelle le siège su Ministère de Affaires Extérieures. Pour la petite histoire, l'expression typiquement madrilène "dormir sous l'ange" synonyme de "dormir en prison" provient de ce bâtiment. La présence d'une statue d'ange, au dessus de la porte de l'ancienne prison vous le confirmera. On pourra déguster des plats typiques espagnols et d'excellentes tapas dans de nombreux restaurants et mesones, ou encore au Marché de San Miguel (construction dans le style Eiffel). La Cava Baja et la Cava Alta abritaient par le passé de nombreuses auberges dont certaines existent encore et ont été converties en restaurants ou tavernes, telles que la Casa Botin, Meson de Segovia, etc...
 

monique

Monique Auxenfans

Spécialisée sur les sujets culturels, touristiques et gastronomiques, expatriée au long cours, voyageuse infatigable. Spécialiste de l'Espagne et de l'univers hispanophone.
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