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INSOLITE - Les métiers de rue à Dakar Partie 1

Par Pauline Autin | Publié le 09/07/2017 à 22:08 | Mis à jour le 26/03/2018 à 00:33
PetitsMetiers1

 Dakar, ses routes ensablées, son cortège de taxis jaunes, ses silhouettes colorées, mais aussi ses petits métiers de rues. Au détour d'une route ou en bord de mer, nombreux sont les commerces insolites à prendre part à l'agitation dakaroise. Tantôt ambulant tantôt fixe, lepetitjournal.com Dakar vous propose d'aller à la rencontre de ceux qui forgent jour après jour le paysage de la capitale sénégalaise. 

 

Une parure pour déjeuner

 

Siga a toujours vécu à Gorée et c'est sur cette île, communément connu sous l'appellation "l'île aux esclaves" que cette femme de 39 ans a lancé un petit commerce de bijoux et tissus. "Les activités sur l'île sont rares. Tu as le choix entre devenir pêcheur ou vendeur. Je suis une femme, je suis donc vendeuse", explique Siga. Basée dans le restaurant de sa tante, "chez kiki", Siga va de table en table à la quête de l'acheteur potentiel. "Je ne vends qu'aux blancs. Ce sont eux qui achètent le plus et à bon prix", indique-t-elle. Lors d'une "très bonne journée", Siga peut gagner jusqu'à 50 000 Fcfa, le commerce devient rude avec l'arrivée de la concurrence dakaroise. "Gorée, c'est chez moi, c'est mon île. Avant moi ma mère était également vendeuse de bijoux, mais aujourd'hui des femmes de Dakar viennent aussi faire leur commerce ici, c'est devenu plus compliqué".  Mère de deux enfants, âgés de 20 et deux ans, Siga ne chôme pas. Tous les matins, elle se rend à Dakar pour se fournir en tissus. Les bijoux, c'est elle qui les fabrique. Ensuite, elle rejoint son QG pour tenter de "faire vivre sa famille". "Mon mari ne travaille pas toujours, on prit dieu pour ça. Ma fille veut devenir hôtesse de l'air je dois donc l'aider dans ses études car je ne veux pas qu'elle fasse mon métier, c'est trop dur". 

 

Ô incontournable arachide

En bord de mer, au Virage précisément, non loin des cabanes de surfeurs et des restaurants, des silhouettes colorées, paniers au bras, déambulent de tables en tables. Mama Coucou est l'une d'entre elles. Dans sa corbeille, beignets, nougats et sachets de cacahouètes se superposent. "Tous les matins je vais au marché puis je cuisine. Pour la sauce des beignets, je fais revenir des oignons avec des tomates et un peu de piment. Les nougats eux sont composés de cacahouètes et de sucre avec un peu de beurre. Sinon, je vends aussi des cacahouètes salées simples", renseigne cette mère de famille de 58 ans. La nourriture solide, elle s'y est mise depuis 1992, avant cela ? Mama Coucou vendait des jus : bissa, bouye, mangue. "Les jus ne me permettaient pas de gagner assez donc j'ai dû chercher autre chose pour compléter", indique-t-elle. Originaire d'une petite ville non loin de Touba, Mama Coucou a quitté famille et ami pour venir s'installer dans la capitale sénégalaise avec son mari et sa fille. "La vie n'est pas plus facile contrairement à ce que l'on pensait. Il y a des journées où je ne gagne rien et d'autres où j'atteins les 5000 Fcfa. Au moins ma fille reçoit une bonne éducation ici". 

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