ABA Chiang Mai: "Offrir une éducation à tous, pas juste ceux en haut de la pyramide"

Par Catherine Vanesse | Publié le 08/03/2021 à 00:00 | Mis à jour le 14/07/2022 à 07:10
Photo : courtoisie - Le nouveau campus de l’école bilingue ABA se trouve près du carrefour Mae Hia dans le sud de la ville de Chiang Mai
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Le nouveau campus de l’école bilingue ABA accueillera 500 élèves à la prochaine rentrée scolaire. Derrière l’établissement, un couple passionné d’éducation depuis 30 ans: Amporn et Chugait Garmolgomut

Le nouveau campus d’Ambassador Bilingual Academy devrait accueillir les étudiants dès la prochaine rentrée scolaire en mai. Derrière ce nouvel établissement, Amporn et Chugait Garmolgomut, un couple à la tête d’un groupe de sept écoles et qui ont fait de l’éducation le centre de leur vie depuis 30 ans. 

Actuellement en travaux dans le sud de Chiang Mai, le nouvel établissement du groupe Ambassador Education, l’Ambassador Bilingual Academy (ABA) accueillera les élèves de prématernelle jusqu’au secondaire dès la prochaine rentrée scolaire en mai 2021. 

Situé à Hang Dong et d’une capacité pouvant accueillir 1.500 élèves, l’établissement propose une éducation bilingue en anglais-thaïlandais. Dans un premier temps, l’école offrira des cours jusqu’au grade 6 avant de continuer jusqu’au grade 8 (ou plus) l’année prochaine. 

Les trois fondateurs du groupe scolaire Ambassador de Chiang Mai
Amporn et Chugait Garmolgomut (centre et droite), le couple à la tête du groupe Ambassador qui compte sept écoles à Chiang Mai. Photo courtoisie

À la tête de cette nouvelle école, la professeur Amporn Garmolgomut et son époux Chugait Garmolgomut. Depuis une trentaine d’années, le couple n’a cessé de consacrer leur vie à l’enseignement et plus particulièrement à l’enseignement bilingue. Au total, ils ont ouvert sept écoles : Americana Chinese International School (ACIS), Unity Concord International School (UCIS), Little Stars Bilingual School, Ambassador Bilingual School (ABS), CEC Language School et Finn College.

Lepetitjournal.com a eu l’occasion de visiter la nouvelle école ABA et de discuter avec Amporn Garmolgomut et Heather Ivey, responsable des relations publiques du groupe Ambassador Education pour parler du programme scolaire, des avantages d’une éducation bilingue et de ce qui pousse sans cesse le groupe à ouvrir de nouvelles écoles. 

Qu’est-ce qui vous a décidé à ouvrir un nouvel établissement scolaire?

Amporn Garmolgomut : Je voulais offrir une nouvelle option pour les familles parce qu’il y a beaucoup de besoins et de demandes pour les écoles bilingues à Chiang Mai. Tout le monde ne peut pas aller dans une école internationale, principalement parce que les coûts d’inscriptions sont élevés. Je veux juste pouvoir offrir à un maximum de famille la possibilité pour leurs enfants d’apprendre l’anglais. 

Mon but dans la vie est d’aider les Thaïlandais à avoir la possibilité d’apprendre l’anglais pour m’assurer qu’ils seront prêts pour prendre en main leur avenir. Si nous ne préparons pas les jeunes pour faire partie d’un monde où la globalisation est de plus en plus présente, si nous ne les préparons pas au monde moderne des affaires, les Thaïlandais pourront seulement travailler en Thaïlande et encore... Nous voyons qu’il y a de plus en plus d’étrangers qui investissent ici ou font des affaires. Si nous n’aidons pas les Thaïlandais à atteindre leur plein potentiel, ils pourront être au mieux que de la main-d’œuvre. Je veux que les enfants aient accès à un partage équitable des ressources. 

Des enfants jouent sur le terrain de sport de l'ecole ABA a Chiang Mai
Photo courtoisie

Quel est le curriculum qui sera proposé à ABA? 

Amporn Garmolgomut : Etant donné qu'ABA est une école bilingue nous suivons le curriculum du ministère thaïlandais de l’éducation, mais pour certains cours comme les mathématiques, les sciences, la santé, nous avons choisi un curriculum américain. En général, les écoles bilingues traduisent en anglais les cours du programme thaïlandais, mais je ne pense pas que cela soit le plus efficace. Je souhaite que les élèves n’apprennent pas juste des mots, mais qu’ils puissent expérimenter la culture.

Donc pour les cours en anglais, les élèves vont apprendre avec les mêmes livres que l’on utilise dans les écoles internationales. Par contre, pour des cours comme les sciences sociales, nous travaillerons avec des traductions pour garder l’aspect culturel local. 
Heather Ivey : En plus de cela, nous allons offrir des services similaires au niveau des écoles internationales. Nous avons aménagé un terrain de football, de basket, une piscine, nous n’avons pas encore de piste d’athlétisme, mais c’est quelque chose que nous pourrions envisager. Le sport joue un rôle important. 

Combien d’étudiants espérez-vous avoir à ABA ?

Amporn Garmolgomut : La capacité de ce nouveau bâtiment sera de 1.500 étudiants. Pour la première année, nous espérons en avoir 500. Nous allons ramener tous les enfants de l’école existante (connue sout le nom de "Little Stars", ndlr), depuis la prématernelle jusqu’au grade 3 (l'équivalent du CE2 en France, ndlr), ce qui représente un peu plus de 200 élèves. Dans la première phase, nous allons proposer des classes jusqu’au grade 6. L’année prochaine, nous allons continuer jusqu’au grade 8 et progressivement aller jusqu’au grade 12 (niveau Terminale). 

En quoi le Covid-19 a-t-il affecté le nombre d’élèves sur l’ensemble de vos établissements ? 

Heather Ivey : En fait, nous avons davantage d’élèves cette année que l’année dernière. Parmi ceux que nous avons perdus, 80% ont en fait dû rentrer dans leur pays.

Certains enfants ont changé d’écoles parce que leurs parents voulaient en essayer une autre, pour des raisons de proximité, etc. 

Nous aimerions avoir plus d’étudiants internationaux, mais en raison du Covid-19 et des restrictions, c’est plus compliqué pour eux de venir. Ceux qui sont intéressés par notre école, nous leur faisons passer des entretiens en ligne et, en fonction de leur décision, nous entamons les démarches pour les visas. 

Selon vous, est-ce que les écoles internationales ont plus de succès que les écoles bilingues? 

Amporn Garmolgomut : Je pense que les deux types d’enseignement, international et bilingue, sont tendance, et nous avons l’avantage d’avoir les deux. Toutefois, je dirais que les écoles bilingues ont un peu plus de succès.

Nous avons beaucoup d’élèves thaïlandais ou issus de familles mixtes avec un papa ou une maman thaïlandaise et ces parents tiennent à ce que leur enfant maintienne un bon niveau de thaïlandais. Il y a également l’aspect financier.

Pourquoi les écoles internationales sont-elles plus chères que les écoles bilingues?

Amporn Garmolgomut : À Chiang Mai, les premières écoles internationales remontent à plus de 70 ans environ et elles ont fixé un certain prix. À la base ces écoles étaient plutôt pour les familles aisées et, pour beaucoup, ce sont les entreprises employant les parents qui payent les frais de scolarité. À l’école Unity, nous avons fixé des prix pour couvrir les coûts de fonctionnement sans chercher à faire du profit. Nous voulions offrir une éducation à tous et pas seulement à ceux qui sont en haut de la pyramide. Je veux que les étudiants aient l’opportunité d’apprendre, si nous ne nous concentrons que sur l’aspect financier, nous aidons seulement une catégorie de gens et ce n’est pas bon.

L’accès à l’éducation pour tous semble vous tenir à coeur, qu’est-ce qui vous amenée à vous lancer dans l’enseignement ?

Amporn Garmolgomut : J’ai obtenu un diplôme en économie à l’Université de Chiang Mai. C’est là que j’ai rencontré mon mari, il revenait des États-Unis et il suivait un master. Un jour que nous étions assis en classe de philosophie bouddhiste, je lui ai demandé pourquoi il était devenu chrétien aux États-Unis. Quand je suis devenue chrétienne à mon tour, j’ai ressenti que ma vie n’était pas juste pour moi, mais un outil au service de dieu. J’ai donc décidé d’écouter mon cœur et de devenir enseignante. À l’époque, je voulais ouvrir une école maternelle, mais c’était de trop alors nous avons commencé avec une école de langue, CEC. 

Nous enseignions alors l’anglais pour une heure ou deux aux enfants, les parents ont commencé à nous demander d’ouvrir une école où il y aurait plus d’anglais. C’est comme cela que nous avons démarré Little Stars en 2001. 

Prévoyez-vous d’ouvrir d’autres écoles ?

Amporn Garmolgomut : J’ouvre de nouvelles écoles parce que je vois qu’il y a des besoins. Little Stars au départ n’était qu'une maternelle. Cela aurait pu rester comme cela, mais des parents m’ont demandé de continuer, ils voulaient que leurs enfants puissent rester dans un milieu bilingue pour les classes primaires et puis secondaires. J’ai essayé de les diriger vers ABS, mais cette école a atteint sa capacité et donc je me suis dit que je pouvais en avoir une autre dans le même quartier que Little Stars, c’est la raison pour laquelle nous construisons ABA. 

L’école internationale Unity vient d’une même démarche. Beaucoup de parents étaient sur des listes d’attente pour pouvoir mettre leur enfant dans une école internationale, car souvent celles-ci ferment leurs portes aux étudiants thaïlandais et n’en acceptent que 5% et je me suis dit que cela n’était pas équitable. 

En fait, je n’ai pas de plan, rien n’est planifié, je réponds juste aux besoins. 

Pourrait-on imaginer que vous ouvriez une section avec un programme français?

Amporn Garmolgomut : S’il y a une demande de la communauté française, nous pourrions l’envisager! 

C’est votre numéro de téléphone que l’on voit sur les encarts publicitaires en ville?

Amporn Garmolgomut : Oui, c’est le mien! J’aime connaître les gens. Je ne serai pas toujours ici et donc j’entraîne mon personnel à être comme moi, à être dans le contact personnel, humain, familial. Je pense que c’est important que nous montrions cela aussi aux étudiants. Je ne veux pas qu’ils aient juste un bon niveau académique sans être capables de vivre en société. Donc il faut leur montrer l’exemple, leur apprendre à être gentil les uns envers les autres, respectueux, honnête, etc. Toutes ces qualités sont plus importantes pour leur futur que ce soit au niveau familial, professionnel ou de la communauté. 

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Catherine Vanesse

Après avoir travaillé pendant 8 ans pour RTL Belgique, Catherine s’est expatriée en Thaïlande de 2013 à 2022, collaborant avec des médias locaux ainsi que Lepetitjournal.com pour qui elle a notamment co-dirigé la rédaction de Chiang Mai de 2020 à 2022
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