Lundi 24 septembre 2018
Beyrouth
Beyrouth
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

BEYROUTH - L’histoire de la statue des Martyrs

Par Hélène Boyé | Publié le 17/01/2017 à 19:08 | Mis à jour le 17/01/2017 à 20:39
Place-des-Martyrs-1942

Au c?ur de la place des Martyrs, n?ud central de Beyrouth, trône une statue de bronze éponyme. Son histoire raconte aussi une partie de celle du Liban.

 

La liberté montrant le chemin

La statue représente une femme qui tient dans sa main droite un flambeau tout en en laçant de son bras gauche un jeune homme : c'est la liberté montrant le chemin. À ses pieds gisent deux martyrs.

Érigée en 1960, elle est l'?uvre d'un sculpteur italien, Renato Marino Mazzacurati (1907 ?1969). Il a aussi réalisé la statue de l'ancien président Riad El-Solh qui siège sur la place du même nom à deux rues de là.

La Statue des Martyrs symbolise l'indépendance du Liban face à l'Empire Ottoman. Elle succède à une autre qui existait là depuis 1930, elle aussi appelée Statue des Martyrs. Cette dernière avait été réalisée par Joseph Hayeck, un sculpteur libanais. Elle représentait deux femmes, l'une musulmane, l'autre chrétienne, se joignant les mains au-dessus d'une urne funéraire et pleurant sur le sort de leurs enfants. Elle se trouve aujourd'hui dans les jardins du musée Sursock.

 

21 nationalistes libanais et syriens pendus

Les Martyrs que cette statue commémore sont ceux qui ont été pendus le 6 mai 1916 sur cette même place. À cette époque, elle s'appelait « Place des Canons ». Ce jour-là, 21 nationalistes libanais et syriens sont exécutés à Beyrouth et à Damas sur ordre de Jamal Pacha, chef militaire ottoman de la région, alors en poste à Damas. De ces exactions Jamal Pacha sera surnommé « Al-Saffâh », le boucher en arabe. Il fut aussi l'un des responsables turcs du génocide arménien.

C'est après le démantèlement de l'Empire Ottoman, et à l'initiative du mandat français qui lui succède, que la place prend le nom de place des Martyrs. 

 

La statue des Martyrs aujourd'hui

La statue des Martyrs, aujourd'hui, n'est plus exactement celle de 1950. Elle est criblée d'impacts, l'un des martyrs ayant même perdu un bras. La ligne de démarcation, tracée durant la guerre civile qui a sévi pendant 15 ans, passait à hauteur de cette statue.

Au sortir de la guerre, la question de l'avenir de la statue « martyrisée »  a été posée. Fallait-il la remplacer, la restaurer à l'identique ou la garder avec ses « blessures » ? Elle séjourna alors plusieurs années dans les jardins de l'USEK (Université Saint-Joseph de Kaslik) puis sera finalement remonté par le sculpteur libanais Issam Khairallah.
Depuis 2004, la statue, qui a gardé les stigmates de la guerre, trône à nouveau sur sa place.

 

 

Statue des martyrs sur le billet de 10 000 Livres Libanaises et gros plan de la statue

Hélène Boyé, directrice de la publication de LPJ Beyrouth

Hélène Boyé

Co-fondatrice et directrice de publication LPJ Beyrouth. Expatriée depuis plus de 17 ans au Liban, atteinte de « libanolose », mon seul désir, faire connaitre le Liban sous un autre regard.
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

berythe sam 10/03/2018 - 14:54

Tres interessant ... Avez vous publie d'autres articles pour les jeunes?

Répondre

Rubriques partenaires

Logo partnaire Logo partnaire

Actualités

RÉTROSPECTIVE

Hezbollah, TSL, Rue Badreddine…l’actu de la semaine au Liban

L’actualité de ces sept derniers jours a été marquée par les menaces de Nasrallah contre Israël, les dernières audiences du procès de l’assassinat de Hariri et les tensions entre le PSP et le CPL.

Vivre à Beyrouth

RÉTROSPECTIVE

Du 16 au 18 septembre 1982, les massacres de Sabra et Chatila

Le 6 juin 1982, Israël envahit le Liban, c’est l'opération "Paix en Galilée" déclenchée officiellement en représailles de la tentative d'assassinat visant l’Ambassadeur israélien à

Sur le même sujet