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SANTE – Connaître et prévenir la dépression saisonnière

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 18/01/2017 à 00:00 | Mis à jour le 16/01/2017 à 11:01

 La dépression saisonnière, ou trouble affectif saisonnier, est une dépression liée au manque de lumière naturelle qui survient au même moment chaque année, en automne ou en hiver et qui dure jusqu'au printemps suivant. Autant dire qu'en Pologne les symptômes peuvent persister étant donné la durée "allongée" de la période automne/hiver !

Durant cette période, les journées sont courtes et la luminosité moins intense. Celle-ci passerait de 100 000 ? 130 000 lux (unité de mesure de la luminosité) les jours d'été ensoleillés à parfois seulement 2 000 lux les jours d'hiver.

La "déprime hivernale" est caractérisée par un manque d'énergie et un moral plus fragile. Les personnes qui vivent ce phénomène plus intensément sont atteintes d'une véritable dépression saisonnière qui peut aller jusqu'à les empêcher de mener un quotidien normal. Ce sont les femmes qui sont en majorité atteintes, les hommes et les enfants étant plus rarement touchés.

Une véritable affection
Le Dr Rosenthal, psychiatre et chercheur au National Institute of Mental Health, a été le premier à démontrer, en 1984, le lien entre lumière et dépression. C'est en constatant que l'exposition à la lumière artificielle à large spectre pouvait profiter aux personnes souffrant de symptômes dépressifs pendant la saison hivernale que Rosenthal a pu démontrer le rôle joué par la luminosité sur l'horloge biologique interne et l'humeur. L'horloge biologique interne contrôle plusieurs fonctions du corps suivant des rythmes bien précis, comme les cycles d'éveil et de sommeil et la sécrétion de diverses hormones selon l'heure du jour.

Pour comprendre
Après avoir pénétré dans l'oeil, les rayons lumineux se transforment en signaux électriques qui sont envoyés au cerveau et agissent sur les neurotransmetteurs. Un de ceux-ci, la sérotonine, communément appelée "l'hormone du bonheur", régularise l'humeur et conditionne la production de la mélatonine, une autre hormone responsable des cycles éveil-sommeil. Ainsi, les dérèglements hormonaux causés par un manque de lumière peuvent être suffisamment importants pour occasionner des symptômes liés à la dépression. 

Les symptômes
Les symptômes surviennent toujours à la même période de l'année, d'octobre à mars, mais surtout en novembre, décembre et janvier. Ils disparaissent progressivement au printemps ou spontanément durant un voyage au soleil. 

La dépression saisonnière se caractérise en effet par un état de fatigue chronique et de la somnolence durant la journée. On devient irritable, triste, sans énergie, les choses perdent de leur intérêt, on se réfugie dans le sommeil. Le degré de stress, plus élevé peut engendrer des comportements compensatoires (alcool par ex) ou des compulsions alimentaires pouvant entraîner une prise de poids. On parle aussi de baisse de libido. 

Alors comment prévenir ?
Sortir ! Prendre l'air au moins une heure par jour et même un peu plus longtemps les jours gris, même durant l'hiver. L'éclairage d'intérieur reproduit très mal le spectre lumineux du soleil et est donc loin d'être aussi bénéfique que la lumière extérieure. Et en complément, il ne faut pas hésiter à laisser pénétrer le maximum de lumière solaire à l'intérieur de sa maison.

Courir ! Pratiqué à l'extérieur, à la lumière du jour, l'exercice physique aide à prévenir la dépression saisonnière. Pour les chanceux un détour par les sports d'hiver permettra d'allier plaisir et prévention.

Et? la luminothérapie
Passer du temps à l'extérieur peut permettre de prévenir mais reste habituellement insuffisant pour traiter la dépression saisonnière, étant donné la plus faible intensité des rayons du soleil durant l'automne et l'hiver. 

La luminothérapie (thérapie qui utilise la lumière) consiste tout simplement à s'exposer quotidiennement, à heure fixe, à une lumière blanche de forte intensité. En pénétrant dans l'oeil, elle produira le même effet que la lumière naturelle, envoyant des messages dans la région du cerveau qui régule les rythmes biologiques et la production de diverses hormones.

On recommande de s'exposer 30 minutes par jour à une lampe dont l'intensité lumineuse est de 10 000 lux. En général, un soulagement des symptômes se fait sentir après 2 à 4 jours de luminothérapie, mais 4 semaines d'utilisation sont habituellement nécessaires avant d'observer une nette amélioration et des changements biologiques mesurables. Idéalement, le traitement débute dès septembre ou octobre et se poursuit jusqu'au printemps. 

Attention cependant, la luminothérapie peut causer des maux de tête, avoir un effet sédatif ou provoquer de l'agitation. Ces effets sont généralement peu prononcés et disparaissent avec le temps. Il faut parfois réduire légèrement le temps d'exposition.

La dépression saisonnière s'installe insidieusement et il arrive bien souvent que les personnes atteintes en prennent conscience tardivement. Alors, si vous sentez la morosité vous gagner, que vous ne résistez plus aux appels incessants de votre frigo et que vous pleurez en toute occasion, courage le 31 mars vous gagnerez 1 heure de soleil ! 

Sybille Billiard (www.lepetitjournal.com/varsovie) - réédition de l'article paru le lundi 4 mars 2013

Photo : stock Corbis

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