Mercredi 1 décembre 2021
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DIRIGEANTS FRANÇAIS EN POLOGNE – Mathieu Fitoussi, General Manager des Laboratoires Servier Pologne

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 09/10/2013 à 22:00 | Mis à jour le 10/10/2013 à 07:37

 

Mathieu Fitoussi est Directeur Général des Laboratoires Servier pour la Pologne. Arrivé à Varsovie en 2011, il fait partie du groupe Servier depuis 10 ans, au sein duquel il a exercé plusieurs fonctions en France et à l'étranger. Il nous présente l'activité Servier et les enjeux pour le groupe en Pologne. Rencontre

Quelle place occupent les Laboratoires Servier sur le marché polonais et quel poids a la filiale polonaise au sein du groupe?

Aujourd'hui Servier est le 5ème groupe pharmaceutique en Pologne. Nous occupons cette 5ème place sur le marché grâce à l'activité médicaments originaux éthique de Servier à laquelle s'ajoute l'activité générique gérée de manière distincte par la société Egis.

La Pologne est par ailleurs un pays important pour Servier puisqu'au niveau monde c'est la 10eme filiale du groupe derrière de grandes filiales comme la Chine ou la Russie et les grands pays européens.

Nous sommes présents dans 3 domaines d'activité : la recherche clinique, avec un centre international qui est également un "hub" régional; la promotion et la distribution de nos médicaments; et la production avec l'usine Anpharm, une des plus importantes du groupe.

Quels sont les axes majeurs de développement, en Pologne et dans le monde ?

Servier est une entreprise familiale qui appartient aujourd'hui à une fondation qui n'est pas cotée en bourse. Cela nous permet d'avoir une plus grande souplesse dans les prises de décisions, notamment pour les engagements long terme que nous prenons en matière de recherche. Cette liberté est un véritable atout dans notre métier.

Servier investit en effet 25% de son chiffre d'affaires dans la recherche. C'est beaucoup puisque la moyenne dans l'industrie éthique est plutôt de 16%. Bien sûr, comme nous sommes un groupe de taille moyenne, 25% peuvent paraître insuffisants par rapport à la puissance de certains groupes phares. Cela dit, notre capacité d'innovation et notre investissement en recherche nous ont permis de mettre au point des molécules très importantes ces dix dernières années, notamment en cardiologie, rhumatologie et neurosciences.

Quels sont les enjeux pour le groupe en Pologne ?

La principale problématique en Pologne est celle de l'accès au remboursement des médicaments mis sur le marché. Contrairement aux autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments, qui sont soumises à des règles européennes, la décision de rembourser ou non un médicament dans un pays relève de chaque gouvernement.  

Aujourd'hui, l'activité Servier en Pologne repose majoritairement sur les médicaments qui sont déjà "génériqués". Nos nouveaux médicaments innovants ne sont en revanche pas remboursés. Or, ces médicaments qui sont protégés par des brevets, sont remboursés, pour certains, dans tous les pays européens, sauf en Pologne. Dans la plupart des autres pays, ils représentent la plus grande part du chiffre d'affaires de Servier.

Ceci constitue un obstacle majeur à notre développement ici. Et surtout, plus grave, certains médicaments indispensables, recommandés par les autorités médicales internationales et n'ayant pas d'alternative thérapeutique, ne sont pas réellement accessibles aux patients polonais. 

Quel impact a la crise Médiator en Pologne ?

Le médicament n'ayant jamais été commercialisé en Pologne on ne peut pas parler de crise en Pologne. En revanche, bien sûr, c'est l'image de Servier qui est ternie par cette affaire et cela a un impact important sur nos collaborateurs, et chacun d'entre nous.

Les médicaments sont-ils fabriqués ici ?

Oui, l'usine se trouve à Bialoleka, dans la banlieue de Varsovie. C'est la 3eme usine la plus importante du groupe. Nous fabriquons pour la Pologne, pour les Pays Baltes et la Russie par exemple. Nous produisons également les médicaments génériques sous marque Biogaran destinés à la France. Notre investissement pour la production est très significatif,  d'où l'importance d'être présent et dynamique à la fois en matière de promotion, fabrication et recherche.

Quel regard portez vous sur  la Pologne et quel est votre premier souvenir marquant de Varsovie ?

En tant que Français j'avais, avant d'arriver en Pologne, une image assez négative du pays que j'imaginais encore peu développé par rapport à la France et un peu « hostile »... En fait  je me suis vite aperçu que le niveau de développement est dans l'ensemble équivalent à celui de la France et que les gens sont beaucoup plus chaleureux qu'ils n'y paraissent.

Mon premier choc en arrivant a été? le froid ! Je suis arrivé un 25 février de Casablanca où il faisait 25° et il faisait ? 18° à Varsovie. Je me suis dit qu'une petite marche du Rondo Charles de Gaulle jusqu'à mon hôtel me permettrait de découvrir un peu la ville et j'ai bien cru que j'allais perdre mes oreilles!

Ce qui vous agace chez les Polonais ou en Pologne?

Je pense que les Polonais ont des progrès à faire en matière de service clients. Ce n'est pas une notion très intégrée encore ici, notamment chez les plus âgés. 

Qu'est-ce que vous préférez ?

Les contrastes. Varsovie est une ville étonnante pour cela : grise et triste en hiver, elle devient souriante, gaie, verte et très agréable au printemps et en été ! La vie ici réserve de belles surprises comme celle là.

Sybille Billiard (www.lepetitjournal.com/varsovie) - Jeudi 10 octobre 2013

Photo : Laboratoires Servier

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