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L'ANCIEN GHETTO DE VARSOVIE - Un lieu chargé d'histoire

Par Pauline Papacaloduca | Publié le 10/01/2019 à 00:00 | Mis à jour le 10/01/2019 à 10:39
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L'Histoire de la Pologne du 20ème siècle a été marquée par la seconde guerre mondiale et les crimes contre l'humanité commis par l'Allemagne nazie, notamment contre la population juive, qui s’est vue dès le début de la guerre privée de ses libertés et enfermée avant d’être déportée. Des restes de murs, quelques immeubles, sont les uniques traces de ce qui fut le plus grand ghetto de Pologne, dans lequel 90 000 Varsoviens juifs ont péri. Dans le cadre des visites culturelles de Varsovie Accueil, Lepetitjournal.com/Varsovie s’est rendu sur les lieux de cet épisode tragique qui reste un traumatisme pour la ville et ses habitants.

 

La place des Juifs en Pologne avant la guerre

Jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la Pologne a toujours été un pays très accueillant pour les juifs et leur histoire est intimement liée à celle des Polonais. Les juifs commencent à arriver en Pologne au Xème siècle et s’installent principalement dans l’Est de la Pologne d'avant guerre, donc sur les territoires qui ne correspondent plus à la Pologne d'aujourd'hui. Dès la création de Varsovie, déjà quelques maisons sont habitées par des familles juives.

Sur les 1,2 millions d'habitants de la ville d’avant guerre, 350 000 sont juifs et cette communauté est variée. Certains sont très riches, propriétaires de maisons et souvent de commerces. D'autres ne s’intègrent pas, ne parlent pas polonais, seulement yiddish, et restent entre eux sans se mélanger aux Polonais. Enfin une partie de la population juive vivant à Varsovie sont des juifs convertis au catholicisme, qui sont donc très intégrés dans la population polonaise. Les juifs et les Polonais cohabitent dans la ville, les juifs habitant principalement les quartiers au nord de la gare et dans le quartier de Praga, des quartiers très dynamiques qui représentent le centre de Varsovie. Place Grzybowski, s’élève une église à quelques centaines de mètres d'une synagogue, témoignage de cette cohabitation pacifique

 

L'occupation allemande et la création du ghetto

Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne marquant ainsi le début de la 2nde Guerre Mondiale, et l’armée allemande entre dans Varsovie le 29 septembre. A cette époque, les nazis n'ont pas encore d'idée très précise du sort qu’ils comptent réserver aux juifs, mais ils commencent par diminuer leurs libertés et les marginaliser dans la société. A partir de 1939, la communauté juive de la ville est gérée par le Judenrat (conseil des juifs en Allemand) et dès 1940, ils doivent porter l'étoile de David. La construction du ghetto de Varsovie se termine le 16 novembre 1940. Cette zone a alors une superficie de 3km² et rassemble environ 350 000 personnes. Tous les Juifs de Varsovie ont l'obligation d'habiter à l'intérieur. Sur ces 350 000 personnes, 90 000 périrent, principalement à cause du froid, de maladies ou de la faim. Le mythe selon lequel les nazis tiraient sur les habitants du ghetto n'est pas exact. Ceux-ci ne rentraient que très rarement à l'intérieur par peur d'attraper des maladies. La sécurité à l'intérieur était assurée par la police varsovienne.

Ce ghetto est le plus important de Pologne ! Il se divise en 2 parties, le « petit » et le « grand ghetto », reliés en 1941. Notre visite se concentre sur le « petit ghetto » qui est la partie la plus au sud. Contrairement au grand ghetto, celui-ci n'a pas été entièrement détruit en 1943. En effet, ses occupants ayant tous été déportés, il n’était plus occupé et ne faisait plus partie du ghetto. Bien que la plupart des bâtiments de cette partie de la ville ont été reconstruits après la guerre, on peut encore observer certains bâtiments qui sont d'origine.

 

La vie dans le ghetto

Les conditions de vie dans le ghetto étaient terribles. Avec environ 117 000 personnes au km², la densité du ghetto était énorme, plusieurs familles habitaient dans un même appartement et on pouvait souvent retrouver jusqu'à 7 personnes dans une même chambre. Chaque homme juif entre 16 et 50 ans devait aller travailler, et pour tout salaire recevait une ration de nourriture. Ils devaient se rendre le matin à certains points de rendez-vous comme par exemple devant la synagogue Nozyk, qui existe encore aujourd'hui, pour se voir confier des tâches diverses et variées, souvent très dures physiquement. Malgré ces conditions extrêmement pénibles, les habitants du ghetto conservaient une vie culturelle et sociale riche en se rendant dans des cafés ou bien au théâtre.

 

La fin du ghetto

A partir du 22 juillet 1942, les Juifs de Varsovie commencent à être déportés vers le camp d'extermination de Treblinka. Au total, 300 000 juifs du ghetto seront tués là-bas. Le 19 avril 1943, alors qu'il ne reste plus que 70 000 juifs dans le ghetto, ceux-ci, conscients du peu de chance pour eux de sortir vivant de cette guerre, décident de se révolter. En effet, beaucoup se sont demandés après 1945 pourquoi les juifs ne s'étaient pas révoltés. Tout d'abord, historiquement, les juifs ne sont pas de nature à se révolter et se soumettent plutôt aux conditions. Ensuite, en ce qui concerne le Ghetto, le Judenrat préconisait de ne pas se révolter et les juifs pensaient qu'ils auraient ainsi plus de chance de survivre. Le 19 avril, les juifs restant dans le Ghetto se révoltent contre les soldats nazis. Les affrontements durent jusqu'au 16 mai, et font environ 13 000 morts. La plupart des juifs survivants sont déportés vers Treblinka et tués. Lors de ce soulèvement de Varsovie, les nazis incendient et détruisent le Ghetto avec la volonté d'effacer les traces de leurs barbaries, ainsi que toute preuve de l'existence de juifs à Varsovie.

 

Si vous voulez aussi aller sur les traces du ghetto de Varsovie, vous pouvez suivre notre tracé sur Google Maps

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1: Plac Grzybowski, place centrale du ghetto de Varsovie, de cette place, on peut voir la rue Prozna qui est la seule rue dont les deux côtés datent de l'époque du ghetto.

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Plac Grzybowski
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Rue Prozna

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2: Synagogue Nożyk, seule synagogue du ghetto à ne pas avoir été détruite. Pendant la période du ghetto, elle servait à stocker les denrées alimentaires et servait aussi d'écurie. Les Juifs entre 16 et 50 devaient entre autre se retrouver devant la synagogue pour aller travailler.

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3: Restes du mur du Ghetto

              

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4: Hôpital pour enfants ‘Bersohn et Bauman’, Janusz Korczak, médecin célébre pour s'être occuper d'orphelins juifs lors de la Guerre et les avoir accompagnés jusqu'à Treblinka, travaillait dans cet hôpital.

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5: Immeuble du ghetto. Après la période communiste, beaucoup de familles ont revendiqué la propriété d'immeubles du ghetto, c'est pour cela que beaucoup tombent en ruine car la ville ne veut plus investir dedans.

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6: Autre immeuble, dans la cour on peut observer une petite chapelle.

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7: Restes de la passerelle qui reliait le petit et le grand Ghetto. Le Ghetto était séparé par la rue Chlodna, qui était une artère importante de transport et ne pouvait donc pas être intégrée au Ghetto. Cette passerelle était le seul moyen pour les Juifs d'observer la vie en dehors du ghetto. Celle-ci n'a été créé qu'en 1941.

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Passerelle à l'époque du Ghetto
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Restes de la passerelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remerciements à Varsovie Accueil pour l'organisation de la visite !

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