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REVUE DE PRESSE – Toute l’actualité du mois d’août

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 05/09/2017 à 22:00 | Mis à jour le 05/09/2017 à 20:59

Retrouvez le 3e volet de la revue de presse du mois d'août. En titres : le bras de fer engagé entre la Pologne et l'UE sur l'Etat de droit, la Pologne reste ferme sur l'accueil des réfugiés, des réparations de guerre sont demandées à l'Allemagne, et enfin le gouvernement veut « poloniser » les médias privés.  

Loi sur les tribunaux de droit commun : le bras de fer Pologne-UE sur l'Etat de droit. Rzeczpospolita et Gazeta Wyborcza font savoir le 29 juillet que la Commission européenne lance une procédure d'infraction contre la Pologne en réponse à la publication dans le Journal Officiel polonais de la loi sur le fonctionnement des tribunaux de droit commun (Voir nos articles : COUR SUPRÊME - Le Sénat vote la loi et VETO PRESIDENTIEL - Les réactions ). La Commission invite également à Bruxelles le chef de la diplomatie et le ministre de la Justice. 

« Lâchez-nous », « Bruxelles, ne t'ingère pas », titrent Gazeta Wyborcza et Rzeczpospolita le 29 août, en résumé de la réponse de 12 pages adressée par le ministère polonais des Affaires étrangères à la Commission. Selon les autorités polonaises, « les travaux législatifs qui ont pour but premier de réformer le système de la justice respectent les standards européens. [?] La défiance profonde des Polonais à l'égard de l'autorité judiciaire est une situation dangereuse et unique dans les pays développés démocratiques. » Par ailleurs, Varsovie dénie à la Commission la compétence d'évaluer « l'organisation de l'autorité judiciaire [?], compétence exclusive des Etats membres ». A la radio RMF FM, le ministre des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a ajouté qu'il n'acceptait pas l'invitation du commissaire Frans Timmermans à discuter de ce sujet à Bruxelles car « c'est une discussion technique sur des changements législatifs dans le système juridique en Pologne, le dialogue est sans objet ». 

Dans le même temps, lors de sa conférence de presse annuelle, la chancelière allemande  dénonçait de son côté les atteintes à l'Etat de droit en Pologne. Pour Angela Merkel, « Quel que soit notre souhait d'avoir de bonnes relations, de bons rapports avec la Pologne, notre voisin (...) nous ne pouvons pas tout simplement nous taire, ne rien dire juste pour avoir la paix». 

Accueil des réfugiés : la Pologne reste ferme.  M. Dimitris Avramopoulos, commissaire européen chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté, appelle la Pologne, le 17 juillet, à plus de solidarité en matière d'accueil des migrants : « si nous voulons garder la liberté de circulation dans l'Europe tant appréciée, nous devons nous montrer solidaires avec les pays qui sont confrontés à un afflux important de migrants ». Il rappelle que l'Europe doit remplir ses engagements humanitaires et soutenir ceux qui fuient la guerre et les représailles. Les membres de l'UE doivent déclarer d'ici le mois de septembre le nombre de réfugiés venant de Lybie et des pays voisins qu'ils sont en mesure d'accueillir. Le commissaire a suggéré qu'elle( ?) pouvait aider en contribuant au Fonds d'affectation spéciale d'urgence pour l'Afrique ou en envoyant du personnel vers des agences européennes en Italie ou en créant des abris pour les réfugiés. Il a assuré que l'UE n'aurait jamais abandonné la Pologne si elle se trouvait en détresse. 

Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, la Pologne a demandé à Bruxelles de stopper cette procédure d'infraction car « Varsovie n'accepte pas la logique des décisions de relocations adoptées en septembre 2015 ». En revanche, le gouvernement polonais s'annonce prêt à s'engager davantage dans la protection des frontières européennes et dans des actions humanitaires. Si la procédure d'infraction à l'Etat de droit est poursuivie, la Pologne saisira la Cour de justice de l'UE.  

Dans une tribune pour Rzeczpospolita, le ministre de l'Intérieur Mariusz B?aszczak se réjouit de voir que la Commission « commence à se rapprocher de la position constamment défendue depuis plus d'un an par la Pologne » qui consiste à résoudre le problème « à la source ». En revanche, il rejette le mécanisme de relocalisation, contraire aux traîtés européens, qui attirerait « de nouvelles vagues de migrants économiques » , et qui constituerait « une menace directe pour la sécurité des citoyens ». Le ministre estime également que ce dispositif serait une « préparation à la création d'un mécanisme permanent de répartition des demandeurs de protection internationale, qui dans la majorité des cas ne rempliraient pas les critères ». Par ailleurs, il « promeut la migration illégale » et s'est avéré jusqu'à présent « inefficace », comme le montrent le faible pourcentage de demandeurs d'asile relocalisés et le problème des « migrations secondaires » intra-européennes. « La politique de la porte ouverte de l'Europe est à la source de la crise. La Pologne n'a pas eu son mot à dire dans la décision de la chancelière allemande Angela Merkel d'inviter des vagues de migrants du Proche-Orient et personne ne nous a demandé notre avis sur les règles de la solidarité européenne. Or, les conséquences de ces erreurs se feront sentir en Europe pendant des décennies. Le politiquement correct empêche probablement le commissaire bruxellois de percevoir les liens entre la vague de terreur en Europe de l'ouest et l'afflux de migrants, parmi lesquels se trouvent des islamistes radicaux. » Le ministre rappelle que la solidarité polonaise se manifeste dans l'aide humanitaire et les 433 fonctionnaires engagés dans les opérations de Frontex. (Rzeczpospolita ? 17 et 23 août) 

Réparations de guerre. Un député du PiS et membre de la Commission parlementaire des Affaires étrangères, Arkadiusz Mularczyk, a demandé au Bureau des analyses juridiques de la Diète une expertise concernant les possibilités légales de la Pologne de revendiquer auprès de l'Allemagne des dommages de guerre en raison des pertes subies lors de la Seconde Guerre mondiale, qui pourraient s'élever à 3 000 milliards de zlotys.  La presse rend compte de la réaction des autorités à Berlin, qui ont réitéré leur responsabilité politique, morale et financière pour la Seconde Guerre mondiale, mais qui jugent, se référant à la déclaration polonaise de 1953 renonçant aux réparations de guerre, que l'affaire est définitivement réglée. 

Selon des experts cités par le conservateur Nasz Dziennik, cette déclaration ne devrait pas être considérée comme une référence, car elle a été conclue entre les autorités communistes polonaises et celles de la République démocratique allemande (RDA) et non pas de l'Allemagne unifiée, héritière légale du Troisième Reich. De plus, le fait que la Pologne n'ait jamais renoncé aux réparations de guerre devant l'ONU, permet de croire que cette affaire reste ouverte et que la Pologne pourrait intenter un procès contre l'Allemagne devant la cour internationale de Justice.

Saisi par un député du PiS, le secrétaire d'Etat Marek Magierowski répond le 8 août que la déclaration de la République populaire de Pologne de 1953 sur le renoncement aux réparations de guerre reste un acte valable et contraignant selon le droit international. Il souligne par ailleurs que le gouvernement de Marek Belka a soutenu officiellement cette déclaration en 2004. Il explique enfin que les particuliers peuvent demander à l'Allemagne des indemnisations à titre individuel sans l'aide de l'Etat en vertu d'un accord conclu entre la Pologne et l'Allemagne en 1991.  

Le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, a annoncé lundi 5 septembre, dans une interview pour la radio RMF FM, que le gouvernement polonais prépare une position officielle sur les réparations de guerre. Elle doit être connue «dans quelques semaines ou dans quelques mois». Affaire à suivre?.

« Repolonisation » des médias. La UNE du 4 août de Gazeta Wyborcza  portait  sur le projet de loi de déconcentration du marché des médias sur lequel travaille le ministère de la Culture. Ce projet devrait être rendu public à la mi-septembre. Comme l'a appris Gazeta Wyborcza, il doit limiter la part des investisseurs étrangers à 15-20%. « Le PiS veut repoloniser les médias qui d'après le pouvoir ne représentent pas les intérêts polonais mais ceux de leurs propriétaires, les Allemands en particulier », écrit le journal. Selon le journal, si cette loi est adoptée, elle frappera en premier lieu la télévision privée TVN qui appartient actuellement à la société américaine Scripps Network Interactive et qui doit être bientôt rachetée par un autre géant américain, le groupe Discovery. Le groupe allemand Passau qui détient la société Polska Press, et qui édite une vingtaine de titres régionaux, serait également concerné, d'autant plus que le PiS aurait intérêt à s'en emparer avant les législatives de 2019. « L'Union européenne ne permettra pas l'adoption de lois qui visent les sociétés européennes et la libre circulation des capitaux », constatent les experts cités par Gazeta Wyborcza. A l'argument du PiS, qu'une pareille loi est en vigueur en France, ces experts répliquent qu'elle a été adoptée en 1986 « avant même que l'UE soit créée ». (Gazeta Wyborcza - 4 août)

De nouveau, le 24 août, Gazeta Wyborcza titrait en Une « Le PiS s'empare d'Internet » en se référant à un avant-projet de loi sur la prestation de services électroniques. Deux éléments sont sources de controverses : la soumission au droit polonais de tout prestataire de services en ligne (en Pologne), indépendamment de l'emplacement de son siège ; et l'interdiction pour les sites d'information de bloquer la publication d'articles et de commentaires. C'est une réponse à la démarche de Facebook qui avait l'an dernier fermé des comptes d'utilisateurs à l'origine de contenus racistes, homophobes et islamophobes. La ministre de la Numérisation Anna Stre?y?ska avait alors accusé le réseau social américain de faire de la « censure préventive ».

 

La Rédaction (lepetitjournal.com/Varsovie) - Mercredi 6 septembre 2017

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