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PETIT BATEAU – Huit ans que la Pologne s’enculotte

Par Hervé Lemeunier | Publié le 27/03/2018 à 00:00 | Mis à jour le 27/03/2018 à 13:06
Petit bateau Pologne

Maman, les petits bateaux qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ?

La question interpelle Etienne Valton, en cette année 1918. Alors que le jeune Troyen comptait quitter son emploi de bonnetier pour se consacrer aux ordres, cette interpellation anodine de la célèbre comptine pour enfants lui ouvre les yeux : pourquoi nos sous-vêtements devraient-ils couvrir nos jambes ? Deux coups de ciseaux et le passage d’une laine brute à un pur coton blanc plus tard, et la « culotte sans-jambes » moderne était née. Une révolution vestimentaire qui bouleversera la vie des enfants, des femmes et des frères Valton. Ces derniers reprennent la société à leur compte deux ans plus tard, et la baptisent Petit Bateau, en mémoire de ce tour de force. Un siècle plus tard, où en est Petit Bateau ?

 

 

Le Flaming&Co, rue Mokotowska, résonne plus français que d’habitude, ce jeudi. A l’entrée, Marzena Kiviatkowska affiche un large sourire, une flûte de champagne Moët à la main et une élégante marinière sur les épaules. La responsable de la filiale Petit Bateau – Pologne fête les cent ans de la petite culotte Petit Bateau, dont huit années de présence en Outre-Oder. « Nous avons bien grandi depuis notre arrivée, les deux boutiques de Varsovie et Poznań marchent assez bien, se réjouit Marzena. La petite dernière, ouverte récemment à Wrocław, connaît des débuts timides, mais cela reste encourageant !»

La Pologne n’est pas une exception : Petit Bateau pèse désormais près de 500 boutiques à-travers le monde, et quatre mille salariés : un monde d’écart avec la petite entreprise familiale, née un siècle plus tôt. Une évolution vertigineuse dont la culotte iconique n’est pas étrangère, aujourd’hui encore : « Les sous-vêtements sont les premières ventes de Petit Bateau en Pologne, et de loin. Nos culottes ont su s’imposer devant nos nombreux concurrents.»

L’anniversaire des cent ans d’existence des culottes Petit Bateau représente dès lors le moment idéal pour rendre hommage aux anciens modèles, dépoussiérés et remis au goût du jour pour l’occasion. L’Originelle, dessinée en 1918, s’offre ainsi un coup de jeune en revenant sur les devants de la scène.

culotte culte

 

Quarante grammes de coton l’unité qui cachent cependant une problématique : Petit Bateau n’est-il pas cantonné à faire ce qu’il fait (très) bien ?
Oui et non, selon Marzena : « Nous sommes poussés à toujours innover, mais on ne peut pas tout faire d’un coup. Nous y allons pas à pas, chaque année. Nous avons par exemple lancé le coupe-vent cette année, une pièce qui était un peu oubliée par la marque mais qui s’est très bien vendue dans tous ses coloris. Mais d’un autre côté, nous avons aussi une identité à préserver : nous ne pouvons pas laisser de côté le blanc, le coton et la marinière pour investir le carreau !»

Une liberté de mouvements pour les possesseurs de sous-vêtements Petit Bateau, mais un peu moins pour leurs créateurs, donc. Sans compter que la philosophie Petit Bateau trouve ses limites lorsqu’elle s’implante à l’étranger : «Petit Bateau, c’est une marque qui marche à l’affectif, tente d’expliquer Marzena. Nous avons toujours gardé une connotation très candide, enfantine, malgré la diversification de nos vêtements et la présence d’une collection adulte. Cela joue énormément sur l’aspect nostalgique de la marque, puisque les mamans portaient déjà elles-mêmes enfant des sous-vêtements Petit Bateau. Je dirais que la présence relativement récente de Petit Bateau en Pologne permet moins cette nostalgie et cet héritage transgénérationnel.»

 

Mais Petit Bateau ne restera pas à quai longtemps. Comment faire pour unir les Polonais autour du savoir-faire de la marque ? La réponse, Marzena l’a déjà dans les cartons de ses magasins : un nouveau tour de force de confort, une pièce qui saura rentrer dans la cour des grands et mettre tout le monde d’accord : le Bodyjama. « L’univers du textile connait encore des révolutions vestimentaires, et Petit Bateau peut certainement y contribuer ! Nous lançons le bodyjama cette année, qui constitue notre principal axe d’innovation. Nous avons réalisé un énorme effort sur la matière, il y a un vrai travail technique.»

Le résultat ? Un dors bien bébé lié à un body intégré, grâce à des coutures sur les emmanchures et des colletages en bas de manches. La garantie d’une praticité sans égal, et d’un confort optimal pour les nuits agitées des nourrissons. Et d’un nouveau siècle doré pour Petit Bateau ?

 

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