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ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE L´ÉLYSÉE - Deux élèves du Lycée Français de Valence à Berlin

Par Lepetitjournal Valence | Publié le 06/05/2013 à 22:00 | Mis à jour le 07/05/2013 à 03:12

Le traité signé en 1963 par le Chancelier Adenauer et le Président Charles de Gaulle, qui entérine la relation d´amitié entre l´Allemagne et la France, a fêté cette année ses 50 ans. Un demi-siècle de rapprochement et de coopération célébré de septembre 2012 à juillet 2013, et commémoré avec plusieurs rencontres entre les institutions françaises et allemandes. Belen Lassala Pitarch et Jesus Martinez Valls, accompagné par Monsieur Almosnino, Proviseur, ont représenté le Lycée Français de Valence à la rencontre des délégués lycéens, sur le thème : "Être un jeune citoyen européen en 2013, cinquante ans après le traité de l´Elysée".

(Photo lepetitjournal.com)

"Toutes les possibilités seront offertes aux jeunes des deux pays pour resserrer les liens qui les unissent et pour renforcer leur compréhension mutuelle". Pour commémorer en particulier cette disposition à destination des jeunes du traité de l´Elysée signé à Paris le 22 janvier 1963, près de 200 élèves des lycées français et allemands d´Europe ont été invités au Bundestag et à l´Ambassade de France à Berlin, pour deux jours d´échanges, de réflexion, et même de propositions. En effet, pour Jesus, élève de Terminale au Lycée Français de Valence : "Il faut que ça serve à quelque chose. Nos réunions ne servent pas qu´à discuter. Nous ne serons pas élèves ici toute notre vie, donc nous voulons des résultats immédiats". Le décor ainsi planté, les deux élèves de Valence, élus au Conseil de Vie Lycéenne, ont participé, avec leurs homologues issus de 26 pays européens, à des commissions portant sur cinq axes de réflexion : Démocratie et débats politiques, Culture, Média et Sport, Monde professionnel, Mobilité et solidarité. Ces délégués des Conseils de Vie Lycéenne de 76 établissements français et allemands, ont été reçus au Bundestag, par des personnalités politiques et intellectuelles, françaises et allemandes, en tant qu'ambassadeurs des lycéens de leur établissement d'origine et, plus largement, du pays dans lequel ils sont scolarisés. Jesus qui est Président du C.V.L, explique que la mise en place cette année des C.V. par zone, avait été précédée l´année dernière par la création des inter C.V.L à  La Haye : "L´Espagne est un des pays d´Europe où il y a le plus de lycées français. Nous composons la plus grande partie de l´AEFE". C´est donc en tant que représentants de la zone Ibérique, que Belen et Jesus ont débattu d´abord à l´Ambassade de France à Berlin, en présence de l´Ambassadeur et de la directrice de l´AEFE, pour continuer au Bundestag, aux côtés de députés, et enfin finir par prendre la parole à la tribune.

"L´Europe n´est pas finie, il faut continuer à la créer dès aujourd´hui"
Avant leur départ, Belen et Jesus avait eu une réunion au Lycée allemand de Valence : "Il faut connaître nos voisins, pour travailler, s´entendre. On a une Europe, maintenant, on doit avoir des Européens ! Pour les Américains, on est tous des Européens !" Faire des citoyens européens, renforcer la citoyenneté européenne, c'est l´état d´esprit de ces jeunes générations qui veulent appeler à plus de mobilité et plus d´échanges. "Il existe un Parlement européen pour les jeunes et nous ne le connaissons pas. Nous devons avoir une éducation 'pour être européen' et nous avons des propositions concrètes. Il faut intéresser tous les jeunes à la politique européenne, en commençant à travailler au niveau local. En mettant en place plus de contacts entre les politiciens et les jeunes, on rapproche les générations et on s´intéresse les uns aux autres. Les hommes et les femmes politiques ont déjà vécu leur jeunesse et ils ne sont plus dedans. Belen et moi on a dit qu'on voulait aller à Berlin parce que ces réunions allaient servir à quelque chose. Notre slogan : 'Forgeons notre avenir, (en insistant bien sur le verbe forgeons). Grandir dans la paix et l´unité'."

"On était là pour agir. Il faut demander beaucoup pour avoir un peu"
Belen et Jesus sont allés à Berlin avec la ferme intention d´en retirer quelque chose de positif, pas uniquement sur le plan personnel. Avec 75% de taux de participation aux élections des délégués du Conseil de Vie Lycéenne, (à faire pâlir les associations de parents d´élèves?), nos deux représentants se sont sentis investis d´une mission et entendaient bien obtenir des résultats, sinon de l´intérêt pour leurs idées et leurs propositions : "Il faut demander beaucoup pour avoir un peu. On le sait, il faut être un peu utopique pour agir sur le réel". Un peu impressionnés, mais pas trop, ils ont, avec leurs autres camarades, exposé leurs réflexions et leurs suggestions : "Entrer au Bundestag, dans la grande salle, avec les micros, la bouteille d´eau posée juste devant? Ça y est, on y était ! Ce que les jeunes à Berlin avons demandé : des résultats tangibles et le plus vite possible, ne pas discuter pour la réalisation de projets en 10 ou 15 ans..." Les réunions des établissements par zone avaient abouti à une série de propositions concrètes. Certaines ont été acceptées pour faciliter la communication entre tous les C.V.L d´Europe, comme la création d´un site web "C.V.L Lycées Europe", avec des responsables com dans chaque établissement, puis par zone, puis comme Pierre élève de Première du Luxembourg qui a été nommé d´emblée pour l´Europe. "Une page C.V.L Europe indiquerait les différences de fonctionnement entre C.V.L, il y aurait des informations sur les professions de foi, des compte rendus sur les universités de son pays pour informer les élèves pour favoriser la mobilité. Un lycée doit profiter de sa vie au lycée et nous devons élargir et offrir toutes les possibilités de l´AEFE. Cette page web nous ouvrirait sur notre avenir". Et d´autres ont été refusées : "Nous avions un projet d´Erasmus pour lycéens avec la mise en contact entre élèves des différents établissements. Ça permettrait de s´informer et de créer des affinités entre élèves pour mettre des jumelages en place entre établissements. Malheureusement, le projet a été jugé trop lourd". Car ces jeunes ont été confronté un moment à la réalité de la vie politique, ce qui fait dire à Belen : "J´ai regretté le trop politiquement correct parfois. Un écrivain français nous a provoqué à un moment en disant 'Vous êtes l´élite, vous faites des propositions sans penser aux problèmes économiques de l´Europe'. Les réponses ont été très courtoises, molles, jusqu´à ce qu´enfin un Espagnol dont la famille subit fortement la crise, réagisse et s´énerve".
 
"Il vaut mieux commencer à changer les détails et grandir petit à petit"
De retour à Valence et forts de cette expérience, Belen et Jesus ont décidé de commencer à faire bouger les choses en local : "Nous avons un problème d´investissement des élèves. Nous allons donc commencer par les intéresser, pour qu´ils viennent à nous. Nous voudrions créer des journées sports entre lycées étrangers de Valence et mettre en place petit à petit des olympiades entre les établissements de la zone ibérique. Nous commençons au niveau local, pour petit à petit influencer au niveau européen".

Tous les deux ont tiré un bilan de cette expérience forte
Belen et Jesus sont rentrés "satisfaits de l´efficacité en deux jours, mais un peu déçus sur la question de la mobilité". Ils ont été confrontés à une réalité : la politique. Ils ont pensé à l´avenir plus concrètement que d´habitude aussi. Si tous les deux disent avoir plutôt une mauvaise image des politiques, malgré quelques appréhensions, ils veulent être acteur de la société, ne pas subir et ne pas laisser faire. Jesus veut être utile et efficace : "Dans ma vie, je ne sais pas encore ce que je veux faire précisément, mais je veux faire quelque chose qui serve. Je veux aider pour que l´ensemble de la société en profite. Sans changer la société, je veux être utile. Je veux aider tout le monde, et je fais partie de tout le monde !"  Belen qui prendra la place de Jesus à la tête du C.V.L à la rentrée prochaine, se voit très bien dans la diplomatie européenne, mais elle reste prudente : "Pour agir et être efficace, il faut avoir le pouvoir. Mais le pouvoir corrompt. Nous voulons que ça change". Belen Lassala Pitarch et Jesus Martinez Valls ont la vie devant eux et ils ont plein de choses à faire en tant que citoyen européen. En attendant, la prochaine réunion du CVL de la zone ibérique est programmée à l'automne 2013.

Cécile PANISSAL (www.lepetitjournal.com- Espagne) mardi 7 mai 2013

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