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Un attentat suicide contre la police fait deux morts dans le sud-est de l'Iran

Par AFP | Publié le 06/12/2018 à 11:05 | Mis à jour le 06/12/2018 à 18:20

Deux policiers ont été tués jeudi à Chabahar, dans le sud-est de l'Iran dans un attentat suicide contre un poste de commandement de la police ayant impliqué une voiture piégée et des hommes armés.

Sans nommer aucun pays, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé "des terroristes soutenus à l'étranger" d'avoir perpétré cette attaque. "Notez bien ceci: l'Iran traduira ces terroristes et leurs maîtres en justice", a-t-il ajouté.

L'assaut a été déclenché peu avant 10h00 (06H30 GMT) dans un quartier commerçant de Chabahar, ville portuaire à une centaine de kilomètres à l'ouest de la frontière pakistanaise, dans la province du Sistan-Baloutchistan, régulièrement théâtre de violences en lien avec des groupes jihadistes ou séparatistes.

Le jeudi est le premier jour du week-end en Iran.

Cet "attentat suicide à la voiture piégée" a causé "la mort de deux membres de la police", a déclaré sur la télévision d’État Mohammad Hadi Marachi, gouverneur adjoint de la province du Sistan-Baloutchistan chargé des affaires de sécurité.

Les victimes sont une jeune recrue et un sous-lieutenant, selon plusieurs médias iraniens.

"Les terroristes ont essayé de forcer le quartier général de la police de Chabahar mais en ont été empêchés par un garde et ils ont alors fait exploser une voiture piégée", a déclaré M. Marachi, sans préciser le nombre d'assaillants.

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Au total, quarante-deux personnes, parmi lesquelles des civils (hommes, femmes et enfants), ont été blessées, dont la plupart ont quitté l'hôpital en fin d'après-midi, selon un bilan donné à la télévision.

L'agence Tasnim a diffusé des photos montrant des débris de gros blocs qui pourraient correspondre à un mur écroulé, ainsi que les restes du véhicule utilisé par les assaillants, identifié par plusieurs médias comme un van bleu de marque Nissan.

"Il y a eu un échange de tirs juste après l'explosion" qui a duré "environ 10 minutes", a déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un habitant de Chabahar joint par téléphone et affirmant s'être trouvé à l'intérieur des bâtiments de la police au moment de l'attaque.

Chabahar dispose d'un port en eaux profondes inauguré en décembre 2017 par le président iranien Hassan Rohani. Du fait de son importance pour l'Inde et pour l'Afghanistan, c'est le seul port iranien qui soit exempté par les sanctions américaines réimposées unilatéralement depuis août.

Frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan, la province du Sistan-Baloutchistan, déshéritée, est régulièrement le théâtre d'accrochages meurtriers entre les forces de l'ordre et des séparatistes baloutches ou des groupes jihadistes que Téhéran accuse Islamabad et Ryad de soutenir.

- Soldats enlevés -

La minorité baloutche, de confession sunnite, représenterait environ 2% de la population iranienne à plus de 90% chiite.

De l'autre côté de la frontière, la province pakistanaise du Baloutchistan est également secouée par une insurrection séparatiste et des violences islamistes, qui ont fait des centaines de morts.

Mi-octobre, un groupe de 12 gardes-frontières et membres du Bassidj (mouvement populaire de "volontaires" organisé en milice et chargé de diverses tâches de maintien de l'ordre) avait été enlevé dans la zone.

Selon l'agence de presse semi-officielle iranienne Isna, l'enlèvement avait été revendiqué par le groupe jihadiste Jaïsh al-Adl ("Armée de la Justice" en arabe) formé en 2012 par d'anciens membres d'une organisation sunnite extrémiste ayant mené une rébellion sanglante au Sistan-Baloutchistan jusqu'en 2010.

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Cinq membres du groupe ont été libérés et sont rentrés en Iran après un peu plus d'un mois de détention. Les autres sont présumés toujours retenus comme otages au Pakistan.

Accusé par les États-Unis d'être l'un des principaux "parrains du terrorisme international", l'Iran, qui s'est engagé en Syrie et en Irak, au côté des autorités de ces deux pays contre le groupe État islamique (EI) et d'autres groupuscules jihadistes clame au contraire être un rempart contre le terrorisme.

Fin septembre, cinq hommes d'un commando armé avaient ouvert le feu sur un défilé militaire à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, tuant 24 personnes avant d'être abattus.

L'attaque a été revendiquée par l'EI et un groupe séparatiste arabe.

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L'EI a revendiqué sa première attaque en Iran le 7 juin 2017. Dix-sept personnes avaient alors été tués dans un double attentat à Téhéran.

Quelques mois plus tôt, l'organisation avait menacé d'agir en Iran en représailles au soutien militaire et logistique apporté par Téhéran aux autorités en Syrie et en Irak.

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