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PORTRAIT – Les deux défis de Sylvie

Par Lepetitjournal Turin | Publié le 24/09/2008 à 02:00 | Mis à jour le 09/01/2018 à 20:15

Sylvie Nicotera habite à Turin depuis 1995. Depuis 12 ans, elle y dirige une école de langues. Histoire d'une réussite au féminin

En quoi l'Italie était-elle un défi ?
Mes parents sont tous les deux Italiens, originaires de Calabre. Ils sont arrivés en France à l'âge de 18 ans. Quand j'étais toute petite, nous allions de temps en temps passer des vacances en Calabre, et je me souviens encore de la question étonnée d'un petit garçon italien : « Mais pourquoi sa mère ne lui a-t-elle pas appris ma langue ? » Car à la maison, il était interdit de parler en italien? J'avais cependant conscience d'être différente des autres, et j'aimais cette différence. Il m'a fallu attendre les années de collège pour pouvoir enfin apprendre l'italien, et là, grâce à un professeur extraordinaire, j'ai pris la décision d'aller un jour vivre en Italie. C'est également grâce à elle que j'ai décidé de devenir enseignante.

(photo Giancarlo Valvasori)

De la Savoie à Turin, quel a été le chemin ?
Je me suis adressée à une agence de jeunes filles au pair pour partir à Rome. Ce fut un nouveau clin d'?il du destin : il s'agissait d'une famille italo-autrichienne. Leur fils de 5 ans était parfaitement bilingue. De plus il parlait bien français et il passait sans effort d'une langue à l'autre. Je me suis demandé s'il était particulièrement doué ou si ce n'était justement pas cela le défi de l'enseignement? Mais Rome était loin de ma famille et je devais rentrer à Chambéry pour préparer mon inscription en licence, à Naples ! L'Université de Chambéry m'a ainsi permis, lors de ma maîtrise franco-italienne, de découvrir l'Italie du centre et du sud.

Tout cela est bien loin de Turin?
J'y arrive ! En 1995, ma maîtrise en poche, je suis allée travailler deux mois sur la Côte d'Azur afin de mettre de l'argent de côté pour réaliser mon grand projet : m'installer en Italie. Mon choix s'était porté sur Turin à cause de sa proximité avec la France : je voulais voir grandir mes 5 nièces? En bref, je suis partie à l'aventure ! Je distribuais des CV dans toutes les écoles de langues que je rencontrais et j'acceptais tous les petits boulots qu'on me proposait. Enfin, une école m'a fait signe et comme les quelques heures de cours que j'y effectuais ne me permettaient pas de vivre j'ai accepté, en même temps, un poste de secrétariat. Au bout de six mois, sous un système de franchise, je suis devenue gérante de l'école. Le travail me plaisait énormément, mais je me rendais compte que j'étais capable de faire ces choses-là toute seule? C'est ainsi qu'en 1996 je suis de nouveau partie à l'aventure en me mettant à mon compte. Et 12 ans après, c'est un succès !

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Oui et non? Disons que d'un certain côté je suis arrivée avec une idée d'efficacité qui était fort peu italienne. On me surnommait même « l'Allemande », c'est tout dire ! J'ai toujours lutté contre une bureaucratie qui me paraissait beaucoup trop lourde et trop lente afin de répondre rapidement aux demandes des clients. En revanche, le côté positif, c'est qu'il est beaucoup plus facile de créer une micro entreprise en Italie qu'en France, il suffit d'aller à la chambre de commerce et de se procurer une Partita Iva (numéro de Siret).

Des conseils à donner aux jeunes Français qui arrivent à Turin pour chercher un emploi ?
Tout d'abord de la patience, beaucoup de patience pour tout ce qui concerne la bureaucratie (encore elle)? Ensuite, de la ténacité : accepter les petits boulots et tenir bon ! Enfin, mais c'est peut-être le plus important, une ouverture sur la culture (très riche ici) qui passe d'abord bien évidemment par l'apprentissage de la langue mais aussi par la chasse aux lieux communs et autres préjugés...                                                   

Propos recueillis par Christine CORREALE. (www.lepetitjournal.com - Turin) mercredi 24 septembre 2008

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