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ALLIANCE FRANCAISE – Marion Mistichelli : le français, passionnément

Par Lepetitjournal Turin | Publié le 18/01/2015 à 23:50 | Mis à jour le 18/01/2015 à 18:29

Marion Mistichelli dirige l'Alliance française de Turin. En septembre dernier, elle n'a eu besoin que de quelques heures pour accepter de prendre la suite de Frédéric Bouilleux. Son aventure turinoise s'inscrit dans une longue série d'expériences à l'étranger où l'Italie occupe depuis toujours une place de choix. Portrait.

Lepetitjournal.com : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Marion Mistichelli : Mon profil est beaucoup plus pédagogique que culturel. En quelques mots, disons que j'ai suivi une formation FLE (Français langue étrangère) et un DESS en formation de formateurs. Mais j'avais enseigné le français avant même de savoir que le FLE existait : alors que j'étais étudiante en italien à l'université d'Aix-en-Provence, j'enseignais en effet pour une agence qui organisait des séjours linguistiques pour étrangers. Petit à petit, j'ai pris en charge l'organisation des séjours à Bandol, la petite ville du Var dont je suis originaire, pendant tout l'été. C'est plus tard et tout à fait par hasard, à l'université, que j'ai découvert le sigle FLE dont j'ignorais le sens, tout en comprenant que j'avais trouvé ma voie et qu'en fait j'avais toujours fait du FLE sans le savoir.

Quelles ont été les étapes de votre carrière ?
J'ai exercé des fonctions très variées : enseignante, responsable pédagogique, spécialiste des certifications (j'ai par exemple travaillé à Rome en lien avec le Centre international d'études pédagogiques pour mettre en place le centre pilote qui s'occupe de la gestion centrale du Delf et du Dalf en Italie, puis pour le CIEP à Paris). J'ai aussi écrit une méthode de français. J'ai également participé à de très nombreuses formations de formateurs dans le monde entier. J'ai toujours rêvé de beaucoup voyager et je dois dire que j'ai été gâtée : j'ai été assistante à Palerme, j'ai effectué un stage de six mois en République de Macédoine (une expérience dure et extrêmement formatrice dans une ville où j'étais vraiment l'étrangère, presque au sens camusien du terme), j'ai enseigné en Turquie, j'ai été coordinatrice pédagogique en République dominicaine, directrice adjointe de l'Alliance française de Rome (qui n'existe plus aujourd'hui). Enfin, j'ai dirigé l'Alliance française de Coimbra, au Portugal : c'est le poste que j'occupais juste avant de venir à Turin.

Dans votre parcours, l'Italie semble occuper une place de choix
Avec mon nom de famille, j'aurais du mal à cacher mes origines italiennes ! C'est en Italie que j'ai effectué mon premier séjour à l'étranger, puisqu'à dix-huit ans j'ai passé un an dans le petit village d'Emilie-Romagne dont provenaient mes arrière-grands-parents. Sur le moment, j'aurais préféré partir en Angleterre, mais mon arrière-grand-mère m'a dit lors d'un repas de famille : "Tu n'iras pas en Angleterre, ces gens-là ne savent pas manger". C'est amusant : alors que dans la plupart des cas, après plusieurs séjours à l'étranger, on effectue régulièrement des retours en France, dans mon cas il s'agissait de retours en Italie. En France, je me sens chez moi à Bandol. Le ciel bleu, la plage, j'ai une âme méditerranéenne.

Quelle impression avez-vous eue en arrivant à Turin ?
Je ne connaissais  pas Turin. En arrivant, j'ai eu une image très positive de cette ville que je trouve propre, bien rangée. On y respire à la fois une certaine langueur et une grande énergie. Elle bouillonne d'activités culturelles, mais en même temps tout se passe calmement, de manière sereine.

Votre impression en arrivant à l'Alliance ?
Une sensation très agréable, celle d'arriver dans une structure qui se porte bien, où les équipes administrative et pédagogique sont impliquées et très professionnelles. Chacun connaît son métier et sait ce qu'il a à faire. De plus, l'alternance des profils qui se sont succédé est intéressante : Sandra Troise, la première directrice de l'Alliance, était une bâtisseuse, puis Frédéric Bouilleux a ancré l'Alliance comme un interlocuteur privilégié pour la culture francophone à Turin.

Quels sont vos projets ?
Je souhaite créer des passerelles entre les activités culturelles mises en place par mon prédécesseur et nos cours pour essayer de lier culture et enseignement linguistique qui sont les deux bras armés de cette maison, mais qui s'adressent souvent à deux publics très distincts. Concrètement, il s'agit par exemple, en interne, d'intégrer l'aspect culturel dans nos cours pour susciter l'intérêt de nos élèves dans un cadre pédagogique. Nous l'avons fait avec l'exposition de Sophie Calle à Rivoli, nous le referons en proposant à nos élèves un travail à partir des textes des chansons de Cléo T. qui tiendra un concert début février au Jazz Club.

Quels sont les événements forts de cette année 2015 ?
Il y en a trop pour pouvoir tous les citer. J'aimerais cependant mentionner les activités qui se dérouleront du 13 au 23 mars à la Casa Teatro Ragazzi et dans nos locaux dans le cadre des 50 ans de l'Ecole des loisirs. C'est l'illustratrice Anaïs Vaugelade qui inaugurera cette semaine, des lectures seront organisées, une série de panneaux présentant quelques-uns des personnages qui ont fait date dans l'histoire de l'édition jeunesse sera exposée et un parcours ludique permettra aux enfants de visiter l'exposition. J'invite vos lecteurs à consulter régulièrement le programme des nombreuses activités que nous proposons, mais surtout je les convie d'ores et déjà à la grande fête qui sera organisée en octobre 2015 dans le quartier de San Salvario pour célébrer les cinq ans de l'Alliance française sur le thème des cultures urbaines. C'est là tout le sens de la carte de v?ux que nous avons envoyée en ce début d'année, où l'on pouvait lire la phrase "Diamo Lustro al vostro 2015". Est-il besoin de rappeler que le mot lustre désigne une période de cinq ans ? Nous donnerons donc du lustre à l'année 2015?
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 19 janvier 2015

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