LEGISLATIVES 2017 - Interview de Frédéric Elbar, candidat indépendant

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 02/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 04/04/2017 à 10:23

Frédéric ELBAR, avocat d'affaires de profession, est également élu de la République Française en tant que conseiller consulaire. Il est candidat indépendant à l'élection législative de juin 2017 pour la 9ème circonscription des Français de l'étranger


Lepetitjournal.com édition Tunisie : Pourquoi avoir choisi de vous présenter aux législatives 2017, dans la 9e circonscription ?

Frédéric Elbar : Parce que j'y vis et que je souhaitais ainsi défendre nos intérêts plutôt que de laisser des politicards parisiens nous "gruger" une fois de plus.

Quelles sont selon vous les principales attentes des Français y résidant ?

Elles sont classiques mais à mon avis mal appréhendées par nos compatriotes. Ainsi l'un des grands sujets est systématiquement celui des frais d'écolage. Or, je doute qu'on puisse espérer que l'Etat français augmente sa contribution. Il faut à mon sens qu'une réforme de la gestion de l'enseignement français à l'étranger fasse jour. D'ailleurs ceci correspond au bilan fait par la Cour des comptes dans son rapport de septembre 2016 sur l'AEFE.

Se pose également un point particulier pour les binationaux qui sont souvent pris en étau entre des règles françaises et la législation de leur pays de résidence. Les binationaux représentent plus de 60% des Français de la circonscription. Il est temps de prendre en considération leur situation.

Quel est votre parcours et votre implication passés auprès des Français de l'étranger ?

D'un point de vue professionnel cela fait 25 ans que je conseille principalement des Français (entreprises et particuliers) en Afrique. D'un point de vue politique je me suis engagé dès 2010 (au Maroc) en axant principalement mon engagement sur la thématique des Français de l'étranger et notamment en président une commission sur la création d'un statut des Français de l'étranger.

Quels sont les sujets que vous comptez défendre en priorité devant le Parlement ?

Au risque de vous surprendre je ne crois pas que le travail se situe au niveau du parlement ! Car 1 voire même 11 députés sur 577 n'a (ont) aucun poids ? Et cela c'est démontré sur les 5 dernières années?
Je pense que ce travail est un travail de terrain. Le député de l'étranger doit jouer un rôle dans chaque pays de la circonscription en rassemblant atour de lui les forces vives (ambassadeur, chefs d'entreprises, ministres des pays concernés, responsables d'établissements et acteurs de la société civile) afin d'identifier les problématiques sur le terrain et d'y trouver des solutions.

Grâce à une action de lobbying menée par tous ces acteurs sous l'égide du député les actions pourront recevoir l'aval du gouvernement français quand cet aval est nécessaire.

Quelles attentions particulières méritent les pays de la 9e circonscription ?

Cette circonscription a ceci de particulier que plus de 60% des Français y résidant sont des binationaux et que nombre d'entre eux sont par ailleurs musulmans.

Dès mon engagement en politique (en 2010) j'ai défendu la thèse selon laquelle on devait valoriser les binationaux car ils constituent non seulement une part non négligeable de nos compatriotes (et leur nombre de cesse de croître) mais qu'ils représentent une richesse pour les deux Etats dont ils sont ressortissants et sont certainement des points de relais d'un point de vue économique. Par ailleurs ils sont un merveilleux exemple du « vivre ensemble » et cela doit être mis en exergue tant en France que dans le pays de résidence.

Comment pensez-vous gérer vos permanences dans les différents pays de votre circonscription pour être au plus près des Français basés dans la région ?

En fait si je suis député je vais « abuser » de ma fonction pour me « balader » dans tous ces pays et visiter nos communautés ! Cela fait 25 ans que je prends des avions plusieurs fois par mois pour me rendre dans différents pays d'Afrique dans le cadre de mon travail. Je vais continuer à le faire. Je souhaite résider trois mois dans chaque pays de la circonscription pour bien connaître nos communautés et leurs besoins.

Par l'intermédiaire de cette interview, que souhaiteriez-vous dire à la communauté française de votre circonscription et particulièrement celle de Tunisie ?

Les gens d'ici ou d'ailleurs sont dégoûtés des politiciens carriéristes, des politiciens qui ne sont pas issus de la société civile, des parachutés ne songeant qu'à leurs intérêts et ceux de leur parti.

Les Français de l'étranger ont toujours été considérés comme des citoyens de seconde zone et les binationaux comme des citoyens de troisième zone. Je veux que ça change. Cela ne peut se faire que si les gens décident vraiment de prendre leur destin politique en main.

Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis) lundi 3 avril 2017

Lire aussi : INTERVIEW - Didier le Bret, candidat du Parti Socialiste aux élections législatives 2017, pour la 9e circonscription des Français de l'Etranger

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