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HOMMAGE - Azzedine Alaia, "le petit prince de la couture"

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 20/11/2017 à 00:00 | Mis à jour le 15/11/2012 à 10:36

Toujours vêtu d'un costume chinois noir, ce grand couturier qui créa le style "body consciousness" deviendra le prince de la haute couture dès les années 80 et le premier couturier tunisien reconnu internationalement

 


Azzedine Alaïa est né en 1940 dans une famille d'agriculteurs tunisiens de la région. Très jeune, il développe une créativité instinctive qui se nourrit des exemplaires de Vogue qu'il feuillette chez une amie française de sa mère. Cette dernière mentira sur son âge pour le faire entrer à l'école des Beaux Arts de la région. Il y étudie la sculpture, sans grande conviction. C'est sa s?ur qui lui apprendra la couture pour qu'il obtienne son premier emploi chez un couturier. Déjà passionné, il commence à copier les robes des couturiers pour ses voisines.

Toutes les femmes de sa vie
Il arrive à Paris en 1957 et habite dans une chambre de bonne avec Leïla Menchari, son amie d'enfance qui deviendra la décoratrice des vitrines d'Hermès. Il enchaîne les petits boulots chez Dior, Guy Laroche, Thierry Mugler.
Il sera également l'intendant de la Marquise de Mazan et Louise de Vilmorin le surnomme "mon petit prince". En 1960, la famille Blegiers embauche Azzedine Alaïa et pendant cinq ans, il est à la fois l'intendant et le couturier de la comtesse et de ses amis, se mêlant à la haute société parisienne qui le suivra lorsqu'il lancera sa propre griffe.


Dans les années 70, il crée la première collection de prêt-à-porter de Charles Jourdan. Ce n'est pas un réel succès, mais cela lui permettra de se faire remarquer par les rédacteurs de mode
Il s'installe en 1965 rue de Bellechasse, et grâce aux amitiés nés dans le sillage de la famille Blégiers, commence à confectionner ses premières robes  pour Simone Zehrfuss, Cécile de Rothschild, Greta Garbo et Arletty.


Une égérie partagée


Il  fonde ensuite sa maison de couture en 1980. Sa touche "seconde peau", les fourreaux en stretch, les robes noires zippées et l'utilisation du lycra font partie intégrante de son style et lui apportent le succès. Il commence à collaborer avec les incontournables de l'époque : Grace Jones, Tina Turner ou Farida Khlefa. Photographiées par Jean-Paul Goude et Jean-Baptiste Mondino, ses créations font la Une des magazines de mode, il devient leur "chouchou" et reçoit 2 Oscars de la mode en 1985. Le "grand" Azzedine Alaïa est né !


Grace Jones, mannequin, chanteuse et actrice américaine devient son égérie. Elle est la muse d'Andy Warhol et celle de Jean Paul Goude. La collaboration entre Azzedine Alaïa, Grace Jones et Jean-Paul Goude se fera dans une ambiance de création explosive et typique des années 80. Les ?uvres résultant de ce trio, qu'elles soient des robes, des clips ou de photos marqueront définitivement cette époque.

Un style inimitable
Ses études de sculpture et son goût immodéré pour les courbes féminines feront de lui le roi du "body consciousness" une mode qui permit au corps féminin d'être sublimé, après la tendance androgyne des années précédentes. En 1990, il emménage dans un  ancien entrepôt du BHV de 5.000 m2 dans le Marais. Ce lieu devient un complexe artistique et le rendez vous de la jet set : dîners, expos, défilés privés se succèdent. Avant-gardiste et iconoclaste, il crée une mini-collection pour le magasin Tati, la marque la plus "cheap" du marché du prêt à porter. En 2000, le Guggenheim de New-York expose ses créations. Cette même année, il passe un accord avec Patrizio Bertelli, administrateur délégué de Prada et entre dans le groupe. En 2007, il rachète ses actions pour les revendre au groupe Richemont.

Depuis 40 ans il habille princesses, actrices et stars. Parmi ces dernières addictives : Ornella Muti, Madonna, Janet Jackson, Brigitte Nielsen et Michèle Obama, entre autres personnalités. Toujours admiré, il obtiendra pour son dernier défilé, dix minutes de standing ovation sur la chanson de Boris Vian Je suis snob.


Jusqu'au 6 mai 2012, le Groninger Museum aux Pays-Bas -  qui lui a déjà consacré une rétrospective en 1998 ? expose à nouveau les ?uvres de ce très grand couturier.

Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis.html) mardi 3 avril 2012


A lire aussi : "Qui sucèdera à Azzedine Alaïa", "Dans les coulisses de Let me be d'Hichem Naffati"

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