Mercredi 16 juin 2021

ANCIEN REGIME – Mais où est donc passé l’argent des "ex-golden boys and girls family" ?

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 19/07/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 13:33

En ces temps de disette, et sur fond de crise économique, nombreux sont les Tunisiens et Tunisiennes réclamant haut et fort le retour en Tunisie des capitaux à l'étranger de l'ancien président et de sa famille dans les délais les plus brefs? On en viendrait même à accuser de «laxisme bienveillant» le gouvernement transitoire. Mais pas si simple! Ceux qui s'imaginent qu'il suffit de saisir un compte au nom du président déchu ouvert au crédit agricole de Rodez et sur lequel on trouverait 20 milliards d'euros se trompe lourdement ...

D'abord il faut sortir de nos règles structurelles classiques et il s'agit avant tout d'un système, car faire un bon dictateur, c'est un métier !


Rappelons les 7 règles de base pour faire un bon dictateur :
- Elimine tes élites ? les autres, pas ceux qui sont avec toi, bien sûr !
- Contrôle tes médias
- N'affame pas ton peuple ? sinon tu cours à la révolution
- Invente une opposition ? que tu contrôles bien sûr !
- Organise le contrôle des richesses du pays pour toi-même
- Fais "bella figura" comme disent les Italiens ? de temps en temps achète des ambulances, construit des hôpitaux, et crée des associations de protections de ceci ou cela, donne des interviews à l'opposition.
- Dissimule ta fortune - Utilise toujours des prêtes noms, paradis fiscaux, comptes numérotés

Deux spécialistes reconnus de la lutte contre le blanchiment

C'est dans cette optique de restitution des biens spoliés par l'ex-président Ben Ali et les membres de sa famille qu'a donc été organisé, samedi, à Sousse, un débat par l'Association tunisienne pour la transparence financière. Deux spécialistes internationaux en matière de lutte contre le terrorisme et de blanchiment d'argent ont été invités à cette rencontre. Il s'agit de M. Baltazar Garzon, juge à la cour suprême espagnole et conseiller à la cour internationale de Justice de La Haye et de Mme Dolores Delgado Garcia, procureur général espagnol et spécialiste des affaires de blanchiment d'argent et coordinatrice internationale en matière d'investigation dans les affaires de terrorisme international.

Grandes difficultés à récupérer les avoirs volés

Connaître et appréhender le volume des avoirs et des biens spoliés par le président déchu et les membres de sa famille est une affaire de longue haleine, a expliqué M. Garzon. Les autorités judiciaires tunisiennes doivent s'attendre à de grandes difficultés pour récupérer les biens volés, notamment, en cas de placement de ces biens dans des comptes chiffrés. Il a à cet égard cité sa propre expérience dans le cas du dictateur Pinochet, des trafiquants de drogues en Espagne ou du blanchiment d'argent par la mafia russe. Il y a une crainte réelle de voir le président déchu et sa famille transférer les biens volés vers des "paradis fiscaux" ce qui rendra, dit-il, leur repérage encore plus difficile.

Certains états signataires de conventions ne coopèrent pas

Pour sa part, Mme Dolores Delgado Garcia a dénoncé le laxisme de certains Etats dans la lutte contre la corruption bien qu'ils soient signataires de la convention onusienne de lutte contre la corruption. La société civile tunisienne doit jouer, dans ce contexte, un rôle majeur pour faire pression sur les pays qui refusent toujours de reconnaître la revendication du peuple tunisien de geler les avoirs et les biens volés par le président déchu et sa famille.

Emmanuel Caltagirone (www.lepetitjournal.com/tunis.html) mardi 19 juillet 2011{jcomments on}

 


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