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RENCONTRE - Gilles Jacob Lellouche, une mémoire et des hommes

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 12/03/2012 à 00:00 | Mis à jour le 15/11/2012 à 10:36

Gilles Jacob Lellouche est un hyperactif : artiste, restaurateur, politicien, il est aussi très présent dans le milieu associatif, particulièrement pour la création d'ateliers d'art et d'artisanat générateurs d'emplois dans les régions défavorisées. Il oeuvre aujourd'hui pour la sauvegarde de la mémoire et du patrimoine des juifs tunisiens

crédits photos : G. Lellouche

Lepetitjournal.com - Dar el Dhekra a été créée le 28 février 2011, en êtes vous le seul instigateur ?

Gilles Jacob Lellouche - Dar el Dhekra est une idée assez ancienne, qui remonte à la fin des années 90 lors d'un voyage en Espagne.  Face à la difficulté de créer une association en Tunisie du temps de Ben Ali, nous avons finalement décidé de créer Dar el Dhekra en France (de droit français) qui existe toujours mais qui est sommeil. Nous aurions préféré développer nos activités sous l'égide d'une association de droit tunisien, ce qui est tout à fait possible aujourd'hui. A l'origine de ce projet, il y a un groupe d'amis très chers et très attachés au patrimoine tunisien.

La date de sa création définitive est elle fortuite ou certains événements l'ont-elle favorisée  ?

C'est effectivement la révolution qui a facilité les démarches.

Décrivez nous le premier ouvrage édité par Dar el Dhekra : "Une mémoire et des hommes" ?


Il s'agit d'une galerie de portraits de gens ordinaires et extraordinaires vivant en Tunisie et qui outre leur amour pour ce pays , nous offrent une réflexion, une recette, une pensée un souvenir, un mot d'amour. Il est paru le 9 mars et a pu voir le jour grâce à la collaboration de Rim Temimi, Lilia el Golli, Ghazi Karmaoui, Anis Menzli.

Quelles sont les autres réalisations de l'association depuis l'année dernière ?

La mise en ligne du site Dar el Dhekra ainsi que quelques rencontres et conférences par Monsieur Gérard Haddad et Madame Sonia Fellous.

L'exposition Dar el Dhekra chez Sadika Keskes est une avant première de la journée nationale du judaïsme tunisien, quand cette journée sera-t-elle mise en place et de quelle manière ?

Nous sommes en train de la mettre en place avec la présidence de la république, puisque cette journée sera placée sous le haut patronage de cette institution. Elle devrait se dérouler en clôture du mois du patrimoine en Tunisie.

Madame Sonia Fellous - crédit photo : G. Lellouche

Pensez-vous que le patrimoine, la culture et la mémoire des Juifs tunisiens soient menacés ?

Menacés pas vraiment, mais il ne faut pas qu'ils passent aux oubliettes, et nous oeuvrons pour cela.

La plupart des medias, y compris tunisiens, précisent la religion des célébrités séfarades, mais pas celles des musulmans, ça vous énerve ?

Les médias sont gentils ...

En France, on confond souvent les termes "pieds-noirs" et "séfarades", est ce que cela pèse sur la méconnaissance de leur histoire ?

Cette appellation laisse à penser que la présence juive en Afrique du nord correspondrait à l'arrivée de la France dans nos pays, ce qui bien sûr une contre vérité.

Après le Musée virtuel comptez vous créer un Musée de la mémoire, et avez vous déjà engagé certaines démarches ?

Bien évidemment, la création d'un musée réel fait partie de nos projets à moyen terme mais ne nous pressons pas, nous avons attendu 3.000 ans nous pouvons bien attendre 2 à 3 ans de plus?

Avez vous d'autres projets en cours ?

Une série d'ouvrages sont en préparation, souvent en collaboration avec d'autres associations, ce qui devrait créer une synergie dans la société civile.

Quelle est selon vous, la "belle époque" de la Tunisie où les tunisiens toutes confessions confondues vivaient réellement en harmonie ?

Celle qui s'ouvre devant nous.

Vous avez longtemps vécu en France, où vous aviez de nombreuses activités, quel a été le déclencheur du retour dans votre pays natal ?

Une furieuse envie de renouer avec mes racines arabo-andalouses que j'ai découvertes à travers mon restaurant (parisien et néanmoins espagnol), puis l'horreur d'un suicide dans le métro dont je n'ai pas vraiment envie de me souvenir ...


Propos recueillis par Isabelle Enault (www.lepetitjournal.com/tunis.html) lundi 12 mars 2012

Exposition Dar el Dhekra - Espace Sadika - jusqu'au 18 mars

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