Jeudi 17 janvier 2019
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Xavier Bihan, Enseignant-chercheur
Berlin
Allemagne
Culture/Art de vivre, Education, Autre domaine
Venu à Berlin pour effectuer une année d'assistanat de français au Schiller-Gymnasium, j'ai vécu comme un Berlinois de l'Ouest. L'année suivante, dans le cadre de mon service militaire en tant qu'interprète et traducteur, j'expérimentai le quotidien des membres des forces alliées. Le temps d'effectuer une année d'assistanat en Angleterre, le Mur de Berlin s'effondrait. L'occasion pour moi de retourner au plus vite à Berlin pour compléter mon puzzle en y apportant la troisième et dernière pièce manquante: Vivre comme un Berlinois de l'Est. Expérience hautement enrichissante et marquante notamment dans le contexte de la réunification allemande et de la restructuration de la Humboldt-Universität...
Les années 90 furent marquées par la restructuration de l’université en général et du département de langues romanes en particulier. Le manque de personnel se faisant cruellement sentir, je me tournai vers les nouvelles technologies pour explorer et expérimenter les nouvelles possibilités offertes par les TICE et l’internet qui n’en étaient qu’à leurs balbutiements. En 1996 je créais « Francopolis » et « Germanopolis » qui donnèrent naissance à « Linguapolis », la première plateforme en Europe destinée à l’enseignement des langues. « Linguapolis » a résisté au fameux bug de l’an 2000 et fait figure de pionnier en matière de Learn Content Management System (dont les plus connus sont aujourd’hui « Blackboard » ou « Moodle ») ce qui est un grand motif de satisfaction personnelle. Le succès du site Linguapolis a été tellement important (plusieurs millions de visites du monde entier chaque mois) que j’ai été obligé d’en restreindre l’accès aux seuls étudiants de la HU. Recevoir à Reims en 2004, des mains de la célèbre linguiste Henriette Walter, le Label Européen des Langues décerné par l’Agence Europe Education Formation France a été pour moi un grand honneur. Plusieurs labels de qualité (Commission Européenne, ONU, UN) valident mes projets et mes choix technologiques, mais ce sont les quatre prix de l’enseignement attribués par la faculté de langues ainsi que mes six nominations pour le prix de l’enseignement de toute l’université qui ont le plus de valeur à mes yeux car ils émanent de propositions faites par les étudiants.

Parmi mes projets, « Die Berlinguisten » est considéré comme novateur par nombre de mes pairs. L’objectif est de réunir enseignement théorique et pratique en établissant une passerelle entre l’université et le monde professionnel. Les étudiants se voient proposer de participer à des projets concrets tels que la traduction d’une œuvre littéraire, d’une BD… qui sera ensuite publiée. Ainsi, deux albums de la collection « Les grands classiques de la littérature en bande-dessinée », aujourd’hui éditée par « Le Monde », ont été traduits en allemand par nos soins et ont été choisis parmi les autres soumissions de traducteurs professionnels pour être publiés par la célèbre maison d’édition « Brockhaus ».
En collaboration, avec la troupe de théâtre berlinoise « La Ménagerie », dirigée par Damien Poinsard, nous avons traduit la célèbre pièce de théâtre d’Edmond Rostand, « Cyrano de Bergerac », en allemand et réalisé le sur-titrage destiné au public germanophone. Le succès rencontré à Berlin par cette adaptation a poussé les organisateurs à prolonger les représentations d’une année et à organiser une tournée en Allemagne. Ce projet a permis aux étudiants de se confronter à l’une des œuvres les plus difficiles à traduire du patrimoine théâtral français, mais également de participer à la diffusion de la culture française en Allemagne.
La dernière réalisation concrète des Berlinguistes est le sous-titrage de plusieurs courts-métrages dans le cadre du festival international du court-métrage de Berlin – INTERFILM et du court-métrage pour la jeunesse KUKI. Interfilm fait partie des 10 plus grands festivals de court-métrage au monde et, avec ses 29 000 visiteurs, offre cette année une tribune exceptionnelle à mes étudiants. Ce projet leur apprend à travailler de manière professionnelle et leur permet, grâce au site « Die Berlinguisten » qui les présente avec leurs différentes réalisations, de trouver plus facilement du travail à la sortie de l’université. Deux des films que nous avons sous-titrés cette année ont gagné un premier prix et sont donc susceptibles d’être sélectionnés pour les Oscars, ce qui promet une visibilité accrue pour les étudiants ayant traduit ces films.
Notre participation à KUKI contribue à la diffusion de la culture et de la langue française, puisque nous réalisons des sous-titres intralangues destinés aux lycéens apprenant le français.
Autre projet me tenant à cœur : la « französische Schülergesellschaft » que j’ai créée en 2010 et qui constitue la première Schülergesellschaft dans le domaine des sciences humaines en Allemagne. Concrètement, des cours de langues réservés aux lycéens sont proposés au sein du département de langues romanes. Ces cours permettent aux élèves ayant des affinités particulières avec les langues d’avoir une expérience du monde universitaire en avant-première et de les aider dans le choix du cursus qu’ils voudront suivre. De nombreux élèves surdoués ont ainsi pu compléter leur emploi du temps scolaire et tester leur niveau de compétence en français de manière plus intense qu’au lycée. Un certificat est délivré à la fin du semestre.
Le tout dernier projet que j’ai mis en place représente un véritable défi sociétal sans précédent visant à répondre à la crise des réfugiés en Allemagne. L’afflux massif de réfugiés a mis en évidence de nouveaux besoins en matière de linguistes dans le contexte des demandes d’asile. Le projet « Sprachmittler im Asylverfahren » s’adresse aussi bien aux étudiants désireux de faire carrière dans les métiers de l’interprétation qu’aux réfugiés qui grâce aux cours mis en place avec mes collègues peuvent devenir médiateur linguistique/interprète à l’Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF) et ainsi assurer leur intégration en Allemagne. Ce projet, réalisé en partenariat avec le BAMF et la « Berliner Initiative für gutes Dolmetschen », permet d’établir de nouveaux standards en matière de professionnalisation des interprètes dans le domaine de l’interprétariat en milieu social. Les premiers résultats sont très prometteurs étant donné que plusieurs médiateurs linguistiques du BAMF suivent mes cours avec les autres étudiants.
Pour pouvoir réaliser ces projets j’ai créé plus d’une dizaine de plateformes de travail collaboratif et de sites internet sécurisés.

Je suis arrivé à la Humboldt-Universität juste après la chute du mur. Les années 90 furent marquées par la restructuration de l’université en général et du département de langues romanes en particulier. Le manque de personnel se faisant cruellement sentir je me tournai vers les nouvelles technologies pour explorer et expérimenter les nouvelles possibilités offertes par les TICE et l’internet qui n’en étaient qu’à leurs balbutiements. En 1996 je créais, « Francopolis » et « Germanopolis », qui donnèrent naissance à « Linguapolis » la première plateforme en Europe destinée à l’enseignement des langues. « Linguapolis » a résisté au fameux bug de l’an 2000 et fait figure de pionnier en matière de Learn Content Management System (dont les plus connus sont aujourd’hui « Blackboard » ou « Moodle ») ce qui est un grand motif de satisfaction personnelle. Le succès du site Linguapolis a été tellement important (plusieurs millions de visites du monde entier chaque mois) que j’ai été obligé d’en restreindre l’accès aux seuls étudiants de la HU. Ma grande fierté a été de recevoir à Reims en 2004, des mains de la célèbre linguiste Henriette Walter, le Label Européen des Langues décerné par l’Agence Europe Education Formation France.

Parmi les projets, dont vous trouverez la liste ci-dessous, « Die Berlinguisten » est un projet qui est considéré comme novateur par nombre de mes pairs. L’objectif est de réunir enseignement théorique et pratique en établissant une passerelle entre l’université et le monde professionnel. Les étudiants se voient proposer de participer à des projets concrets tels que la traduction d’une œuvre littéraire, d’une BD… qui sera ensuite publiée. La dernière réalisation concrète des Berlinguistes est le sous-titrage de plusieurs court-métrages dans le cadre du festival international du court-métrage de Berlin – INTERFILM et du court métrage pour la jeunesse KUKI. Interfilm fait partie des 10 plus grands festivals de court-métrage au monde et avec ses 29 000 visiteurs offre cette année une tribune exceptionnelle à mes étudiants. Ce projet apprend aux étudiants à travailler de manière professionnelle et leur permet, grâce au site « Die Berlinguisten » qui les présente avec leurs différentes réalisations, de trouver plus facilement du travail à la sortie de l’université. Deux des films que nous avons sous-titrés cette année ont gagné un premier prix et sont donc susceptibles d’être sélectionnés pour les Oscars ce qui promet une visibilité accrue pour les étudiants ayant traduit ces films.

Le tout dernier projet que j’ai mis en place représente un véritable défi sociétal sans précédent visant à répondre à la crise des réfugiés en Allemagne. L’afflux massif de réfugiés a mis en évidence de nouveaux besoins en matière de linguistes dans le contexte des demandes d’asile. Le projet « Sprachmittler im Asylverfahren » s’adresse aussi bien aux étudiants désireux de faire carrière dans les métiers de l’interprétation mais également aux réfugiés qui grâce aux cours mis en place avec mes collègues peuvent devenir médiateur linguistique/interprète au BAMF et ainsi assurer leur intégration en Allemagne. Ce projet réalisé en partenariat avec le BAMF et la « Berliner Initiative für gutes Dolmetschen » permet d’établir de nouveaux standards en matière de professionnalisation des interprètes dans le domaine de l’interprétariat en milieu social. Les premiers résultats sont très prometteurs étant donné que plusieurs médiateurs linguistiques du BAMF suivent mes cours avec les autres étudiants.