Lundi 21 janvier 2019
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Candidat

adrien_gaume.gif
Adrien Gaumé, Artiste chorégraphique itinérant
Belgrade
Serbie
Culture/Art de vivre
En (ch) arpenteur des urbanités -design et usages-.

Depuis que l˙Europe comporte géographiquement cinquante pays, j˙ai entrepris l˙année de mes 35 ans trois années de formation sensible à la danse-théatre Butoh et autres pratiques somatiques puis entamé un cycle de transmission qui m˙offre en retour autant d˙impressions, disons anthropologiques au gré d˙un nomadisme assumé qui me permet de naviguer au plus près des âmes.

Cette itinérance qui m˙inspire, l˙un des fondateurs de référence, Tanaka Min l˙a incarné en consacrant une année entière à traverser- être dansé par son Japon ( j˙aspire modestement à programmer une réplique en longeant La Loire de la source à l˙estuaire, ultime fleuve sauvage de notre continent si policé).

Quelle que soit la mesure de leur exil, les participants du laboratoire chorégraphique itinérant, se fondent dans leur subconscient et se laissent danser par celui-ci. Chacun•e s˙y livre au cours des improvisations guidées à l˙instar de ce que l˙on intitule des voyages d˙Alice en sophrologie, avec des résistances propres à ses schémas, ses convictions, ses capacités et ses compétences, émancipé•e•s de toute forme de jugement.

Ce partage d˙expériences d˙ordre maïeutique et à fortes résonances poétiques qui alimentent ma réflexion éthique et esthétique, prolongent mes Humanités consacrées à l˙étude de la Raison symbolique chez le philosophe Ernst Cassirer, disciple d˙Aby Warburg.

Particulierement attentif à la souveraineté des récits de vie, ce que les anglo-saxons nomment empowerment, j˙affectionne et me consacre en meilleure part à cette passion la plupart du temps sur la scène et selon les circuits underground mais pas seulement! Je constate que la curiosité des acteurs institutionnels si elle n˙est pas exponentielle, peut ponctuellement ouvrir des portes!

Je suis heureux d˙avoir délivré d˙ores et déjà dans vingt cinq pays et ce, auprès de plus de six cent participants, dont le doyen demeure à ce jour un retraité balois de 93 ans, et la benjamine une réfugiée soudanaise de douze ans vivant près d˙Alencon. Et J˙ai eu autant de joie à observer la danse à l˙oeuvre chez une élève issue des meilleures écoles deBallet et d˙un environnement protégé où seule surnage une blessure que chez une paysagiste qui se livre sans calcul de tout son être-au-monde avec un sens de l˙abandon qui force l˙émotion et engage kinesthésiquement l˙audience vers un moment indicible de grâce.

Paraphrasant Sartre j˙interpelle souvent les participants : “Que faisons nous de ce que le Butoh fait de nous?”, le frisson est alors toujours déférent dans l˙assistance.

L˙acmé fut de réunir un crew européen pour consacrer dix-huit mois à la quête alchimique fondamentale de notre temps présent : porter à la scène l˙”incandesc( d)anse” – j˙ajouterais ignée - de la notion d˙hospitalité et de ses différents régime d˙historicité, et ce en utilisant la figure confisquée dans des oripeaux historiques malfaisants de la jeune Jehanne d˙arc d˙avant sa rencontre avec le roi. Quand elle allait au devant de son destin, avec le naturel d˙une fille des bois, quémandant chaque soir l˙hospitalité et y parvenant sans dommage à une époque où la défiance devait sensiblement être au moins aussi forte qu˙aujourd hui envers l˙Autre, qu˙il soit sorcière ou migrant. La diversité de représentations mentales et la subtilité des neuf interprètes au service de ce projet ont durablement scellé mon parcours et le champs de mes possibles, écueils compris.

J˙ai beaucoup séjourné à mes débuts via la plate forme d˙hébergement Couchsurfing; et privilégié l˙auto-stop pour mes déplacements à travers l˙Europe ( un tiers de mes trajets globaux effectués de la sorte, le second tiers l˙étant par bus, et le dernier par un mix train/avion/bateau).

On me renvoit souvent l˙image d˙une sorte de compagnon de l˙apprentissage des arts chorégraphiques, les voyages et les rencontres auraient-elles forgé ma danse et son style post-Butoh.

Je souhaite m˙accorder en 2019 une césure avant de reprendre mon élan. Me consacrer à digérer, écrire, et valoriser, ce qui m˙est advenu et les élans à concrétiser, en tenant compte de mes aspirations, tant artistiques que citoyennes, écologiques et affectives (dans ce désordre!).

Si je mets en oeuvre aujourd˙hui cette candidature c˙est que je suis à mi-chemin et que j˙accuse un retard de notoriété dans les vingt cinq pays sur les cinquante que compte l˙Europe géographique qu˙il me reste à découvrir. J˙en escompte une fluidification de mes démarches pour la mise en oeuvre avec l˙obtention d ˙un volet de nouveaux partenaires en relais.

Parce qu˙en m˙affirmant comme un européen de France je ne perds jamais de vue le propos du poète : „Au fur que tu deviens, mesure ce que tu es“. Et francais, je suis et demeure, d˙origine et de destination, et donc d˙Europe.
J˙aspire à me/vous surprendre, encore et encore.

Oserais-je plagier : Au fur que tu t “Europe(s)”, mesure ce qui te “France”!

Ce qui m˙enchante le plus en parcourant rétrospectivement ce chemin vécu qui étalonne ma candidature aujourd hui c˙est bien sur d˙avoir surmonté les épreuves qui l˙ont jalonné. C˙est d˙avoir su entretenir l˙intime conviction que c˙était possible. L˙idylle que j˙entretiens envers l˙Europe fut longtemps conceptuelle et rhétorique.Je la rêvais hospitalière, je l˙ai découverte obsidionnale. Je l˙imaginais sensuelle, elle fut indifférente. La plupart du temps. Ce qui rendit les rencontres effectives d˙autant plus précieuses, et pour les hôtes de mes évenements, et pour moi. Cela a renforcé ma conviction qu˙une intuition n˙est jamais figée pour peu que l˙on sache quel diapason manier. Je suis surtout amusé par la nostalgie qui est le mienne envers mes débuts intrépides quand je constate combien aujourd˙hui je suis devenu le manager de ma propre carrière, soucieux d˙établir une oeuvre cohérente. Enfin, j˙estime avoir si peu cédé aux compromissions que demeure en moi une part d˙innocence singulière, qui frise avec le clown, quelque chose qui m˙aiguillonne. Je persisterai dans cette voie phénoménologique, convaincu que c˙est en envastant son imaginaire que l˙on sédimente mieux sa mémoire. Et que si l˙on ne désespère ni n˙insulte l˙avenir, quelques mytho-motricite enfouies, s˙en extirperont bientôt et à la rencontre desquelles il sera inédit d˙arc-bouter nos vies en accolade. Ainsi ma devise : Vois ce qu˙ils n˙osent encore croire!
En (ch) arpenteur des urbanités -design et usages-.
Depuis que l˙Europe comporte géographiquement cinquante pays, j˙ai entrepris l˙année de mes 35 ans trois années de formation sensible à la danse-théatre Butoh et autres pratiques somatiques puis entamé un cycle de transmission qui m˙offre en retour autant d˙impressions, disons anthropologiques au gré d˙un nomadisme assumé qui me permet de naviguer au plus près des âmes.
Cette itinérance qui m˙inspire, l˙un des fondateurs de référence, Tanaka Min l˙a incarné en consacrant une année entière à traverser- être dansé par son Japon ( j˙aspire modestement à programmer une réplique en longeant La Loire de la source à l˙estuaire, ultime fleuve sauvage de notre continent si policé).
Quelle que soit la mesure de leur exil, les participants du laboratoire chorégraphique itinérant, se fondent dans leur subconscient et se laissent danser par celui-ci. Chacun•e s˙y livre au cours des improvisations guidées à l˙instar de ce que l˙on intitule des voyages d˙Alice en sophrologie, avec des résistances propres à ses schémas, ses convictions, ses capacités et ses compétences, émancipé•e•s de toute forme de jugement.
Ce partage d˙expériences d˙ordre maïeutique et à fortes résonances poétiques qui alimentent ma réflexion éthique et esthétique, prolongent mes Humanités consacrées à l˙étude de la Raison symbolique chez le philosophe Ernst Cassirer, disciple d˙Aby Warburg.
Particulierement attentif à la souveraineté des récits de vie, ce que les anglo-saxons nomment empowerment, j˙affectionne et me consacre en meilleure part à cette passion la plupart du temps sur la scène et selon les circuits underground mais pas seulement! Je constate que la curiosité des acteurs institutionnels si elle n˙est pas exponentielle, peut ponctuellement ouvrir des portes!
Je suis heureux d˙avoir délivré d˙ores et déjà dans vingt cinq pays et ce, auprès de plus de six cent participants, dont le doyen demeure à ce jour un retraité balois de 93 ans, et la benjamine une réfugiée soudanaise de douze ans vivant près d˙Alencon. Et J˙ai eu autant de joie à observer la danse à l˙oeuvre chez une élève issue des meilleures écoles deBallet et d˙un environnement protégé où seule surnage une blessure que chez une paysagiste qui se livre sans calcul de tout son être-au-monde avec un sens de l˙abandon qui force l˙émotion et engage kinesthésiquement l˙audience vers un moment indicible de grâce.
Paraphrasant Sartre j˙interpelle souvent les participants : “Que faisons nous de ce que le Butoh fait de nous?”, le frisson est alors toujours déférent dans l˙assistance.
L˙acmé fut de réunir un crew européen pour consacrer dix-huit mois à la quête alchimique fondamentale de notre temps présent : porter à la scène l˙”incandesc( d)anse” – j˙ajouterais ignée - de la notion d˙hospitalité et de ses différents régime d˙historicité, et ce en utilisant la figure confisquée dans des oripeaux historiques malfaisants de la jeune Jehanne d˙arc d˙avant sa rencontre avec le roi. Quand elle allait au devant de son destin, avec le naturel d˙une fille des bois, quémandant chaque soir l˙hospitalité et y parvenant sans dommage à une époque où la défiance devait sensiblement être au moins aussi forte qu˙aujourd hui envers l˙Autre, qu˙il soit sorcière ou migrant. La diversité de représentations mentales et la subtilité des neuf interprètes au service de ce projet ont durablement scellé mon parcours et le champs de mes possibles, écueils compris.
J˙ai beaucoup séjourné à mes débuts via la plate forme d˙hébergement Couchsurfing; et privilégié l˙auto-stop pour mes déplacements à travers l˙Europe ( un tiers de mes trajets globaux effectués de la sorte, le second tiers l˙étant par bus, et le dernier par un mix train/avion/bateau).
On me renvoit souvent l˙image d˙une sorte de compagnon de l˙apprentissage des arts chorégraphiques, les voyages et les rencontres auraient-elles forgé ma danse et son style post-Butoh.
Je souhaite m˙accorder en 2019 une césure avant de reprendre mon élan. Me consacrer à digérer, écrire, et valoriser, ce qui m˙est advenu et les élans à concrétiser, en tenant compte de mes aspirations, tant artistiques que citoyennes, écologiques et affectives (dans ce désordre!).
Si je mets en oeuvre aujourd˙hui cette candidature c˙est que je suis à mi-chemin et que j˙accuse un retard de notoriété dans les vingt cinq pays sur les cinquante que compte l˙Europe géographique qu˙il me reste à découvrir. J˙en escompte une fluidification de mes démarches pour la mise en oeuvre avec l˙obtention d ˙un volet de nouveaux partenaires en relais.
Parce qu˙en m˙affirmant comme un européen de France je ne perds jamais de vue le propos du poète : „Au fur que tu deviens, mesure ce que tu es“. Et francais, je suis et demeure, d˙origine et de destination, et donc d˙Europe.
J˙aspire à me/vous surprendre, encore et encore.

Oserais-je plagier : Au fur que tu t “Europe(s)”, mesure ce qui te “France”!
Ce qui m˙enchante le plus en parcourant rétrospectivement ce chemin vécu qui étalonne ma candidature aujourd hui c˙est bien sur d˙avoir surmonté les épreuves qui l˙ont jalonné. C˙est d˙avoir su entretenir l˙intime conviction que c˙était possible. L˙idylle que j˙entretiens envers l˙Europe fut longtemps conceptuelle et rhétorique.Je la rêvais hospitalière, je l˙ai découverte obsidionnale. Je l˙imaginais sensuelle, elle fut indifférente. La plupart du temps. Ce qui rendit les rencontres effectives d˙autant plus précieuses, et pour les hôtes de mes évenements, et pour moi. Cela a renforcé ma conviction qu˙une intuition n˙est jamais figée pour peu que l˙on sache quel diapason manier. Je suis surtout amusé par la nostalgie qui est le mienne envers mes débuts intrépides quand je constate combien aujourd˙hui je suis devenu le manager de ma propre carrière, soucieux d˙établir une oeuvre cohérente. Enfin, j˙estime avoir si peu cédé aux compromissions que demeure en moi une part d˙innocence singulière, qui frise avec le clown, quelque chose qui m˙aiguillonne. Je persisterai dans cette voie phénoménologique, convaincu que c˙est en envastant son imaginaire que l˙on sédimente mieux sa mémoire. Et que si l˙on ne désespère ni n˙insulte l˙avenir, quelques mytho-motricite enfouies, s˙en extirperont bientôt et à la rencontre desquelles il sera inédit d˙arc-bouter nos vies en accolade. Ainsi ma devise : Vois ce qu˙ils n˙osent encore croire!