Jeudi 17 janvier 2019
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jose luis Drevet, tanneur
Puzol
Espagne
Entrepreneur
Etant né et ayant grandi en France dans la région de Grenoble, ma carrière professionnelle m’a mené en Espagne où j’habite depuis plus de vingt ans et où je me suis spécialisée dans le métier très particulier de la tannerie. Je suis aujourd’hui à la tête d’une entreprise de tannerie dont le budget annuel est de 12 millions d’euros.
Après mes études en France, je suis arrivé en Espagne en 1997, à l'âge de 24 ans dans la ville de Manises (Valencia) en tant que salarié pour une société espagnole de tannerie. Les premiers mois d'essais ont été très durs. Je vivais dans une auberge dans une zone industrielle et il n’était pas certain que je sois embauché. Après huit mois d'essais, cette tannerie m’a proposé un contrat en tant que responsable commerciale pour l'export car je parlais quatre langues couramment. J'ai donc accepté ce nouveau challenge qui était une réelle opportunité pour la commercialisation des cuirs de cette tannerie sur le marché français, mais également pour d’autres pays d’Europe ainsi que le Maghreb et l’Asie. J’ai travaillé à ce poste pendant une période de trois ans. Jusque-là, cette tannerie n'avait jamais exporté et au bout de trois ans, l'exportation représentait plus de 75% de son chiffre d'affaire.
En 2001, j’ai décidé de quitter cette société pour créer ma première société et travailler comme agent commerciale à mon compte pour différentes tanneries espagnoles mais également indienne.
Puis, en 2004, j’ai créé une seconde société de négoce, toujours en Espagne, en complément de la première, pour la commercialisation et l’importation de chaussures de sécurité depuis la Chine pour mes clients européens. J'ai ainsi développé un partenariat avec une société franco-chinoise basé à Shenzhen pour la gestion, l’importation et le contrôle qualité des produit finis.
En 2010, j’ai vendu cette société à mes partenaires chinois pour réaliser mon rêve : étant tanneur de formation, j'ai toujours eu le désir et l'envie d'être propriétaire d'une tannerie. Cette opportunité est arrivée en 2011 quand une société espagnole en grande difficulté financière m’a proposé devenir propriétaire de celle-ci. Depuis sept ans, je suis donc le principal actionnaire de cette tannerie qui exporte des cuirs dans une dizaine de pays : Allemagne, Vietnam, Chine, Portugal, Slovaquie, Tunisie, Maroc, Italie, Cambodge et bien évidemment avec la France. Son chiffre d’affaire est de 12 millions d’euros et je travaille avec de grandes entreprises françaises.
Je ne sais pas si mon expérience est exceptionnelle, mais oui, je suis très fier qu’à l’âge de 24 ans j’ai eu le courage de laisser mon pays, mes amis, ma famille pour aller vivre dans un autre pays que celui de ma naissance. J’ai quitté la France pour saisir une opportunité professionnelle en Espagne, le pays de mes origines, le pays de ma famille. J’ai pris le risque de me spécialiser dans le métier très singulier de la tannerie que j'ai pu perfectionner dans mon pays d’adoption.
Si mon expérience a été remarquable, je l'attribue aussi à ma réussite professionnelle liée bien évidemment à ma formation scolaire reçue en France. C’est le savoir-faire que l’on m’a transmis en France qui m’a permis de pouvoir travailler en Espagne puis en Asie.
Ma fierté c’est aussi d’avoir participé au développement et à la réussite de plusieurs entreprises espagnoles et chinoises en augmentant leur nombre de salariés, en créant des emplois, en augmentant leur chiffre d'affaire. Mais c’est surtout d'avoir pu réaliser mon rêve de devenir chef d'entreprise et de pouvoir faire travailler aujourd'hui 70 familles grâce à ma société de tannerie.
Je suis fier également de pouvoir participer et contribuer, depuis l’Espagne, au parrainage du club de rugby de mon enfance. Je participe ainsi à la vie associative locale de la ville où je suis né. Par ailleurs, j’organise régulièrement des rencontres sportives franco-espagnoles mais aussi des visites guidées de mon entreprise aux élèves du Lycée français de Valence afin de leur faire comprendre que les formations professionnalisantes comme les métiers de la tannerie, sont aussi importantes, aussi essentielles que les grandes études universitaire et qu'il existe encore des métiers nobles qui sont toujours d'actualité.
Aujourd’hui, je forme ce que l’on appelle un couple mixte avec mon épouse qui est espagnole. Elle a été très présente et m’a énormément soutenue dans les moments difficiles afin de prendre les bonnes décisions. Je suis fier d’avoir eu avec elle deux enfants, des piliers fondamentaux, qui possède une double-culture puisque je continue de les éduquer en leur transmettant une instruction française au Lycée français de Valencia.