Lundi 27 janvier 2020
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Candidat

Julie Abreu Photography Selfportrait-2.jpg
Julie ABREU, Photographe
Belgrave
Australie
Culture/Art de vivre
Avant d'arriver en Australie, j'écrivais une thèse de littérature et enseignais à l'université de Zurich. J'ai dû complètement repenser ma carrière lorsque j'ai rencontré mon époux et que nous avons décidé de venir vivre à Melbourne. Mon agrégation n'est pas reconnue ici, il aurait fallu retourner à l'université pour étudier (à grands frais), je ne pouvais donc pas espérer faire mieux que donner des cours particuliers, chose que je faisais il y a dix ans quand j'étais étudiante. Pas question de revenir en arrière à ce point ! La photo faisait déjà partie intégrante de ma vie, je faisais beaucoup de photographie de rue (déjà documentaire donc !) et j'ai décidé de devenir photographe. Pendant deux ans j'ai travaillé en Europe à construire un portfolio, un site internet, etc. et surtout j'ai appris ce que cela voulait dire qu'être chef d'entreprise. Attirer des clients, les convaincre et livrer mes services et produits.

Ma photographie et mes films se concentrent sur l'extraordinaire ordinaire. Je capture le réel et n'interviens pas dans les scènes qui se déroulent sous mes yeux. C'est à moi de découvrir les émotions des enfants et des parents qui partagent ce moment avec moi, j'observe leurs personnalités, leur originalité, et je propose des images toujours uniques. C'est un vrai challenge car je ne contrôle jamais rien : ni la lumière, ni l'environnement dans lequel je suis invitée. Je crois profondément que la beauté est partout, il suffit de la dénicher.

Les photographes sont profondément responsables de la façon dont la vie de famille est imaginée, et aussi de la manière dont les mères perçoivent leur corps, dans cette recherche de perfection : enfants propres, maison scintillante, couple superbe au soleil couchant. Or, tous les parents vous diront bien que cette image est bien loin de la réalité. Mes photos représentent ce va-et-vient constant entre des moments où vos enfants vous font un câlin et d'autres où ils vous hurlent que NON ils ne mettront pas de pantalon aujourd'hui.

Je suis particulièrement fière de ne pas faire de la photographie de famille "commerciale", qui vend des images qui ne sont que des copier-coller d'une famille à l'autre. De proposer des photos et des vidéos qui changent la façon dont on peut voir la maternité, dans sa force, sa sensibilité, sa complexité. Je parle aussi beaucoup de tout un éventail d'émotions et tend à les représenter dans mon travail, sans tabou, que ce soit lors des accouchements, des séances maternité et nouveau-né, ou bien plus tard quand les enfants ont grandi. Pas de noeuds roses ni de camions bleus sur mes images, je suis fière de proposer des photos qui vont au-delà des clichés. Ma photographie est militante.

Je suis aussi fière de proposer des cours photo spécifiques pour les mamans qui, en Australie, n'ont souvent pas accès à la crèche et qui par conséquent n'ont que peu de temps pour elles. Ces marches photo, une fois par mois, sont l'occasion pour elles de sortir de la maison, aller se promener avec leurs enfants en bas-âge et en même temps apprendre de nouvelles techniques. "Mumtographers" combat l'isolement et ce sentiment d'oubli dans la maternité. Au-delà de l'apprentissage de la photo, il s'agit bien de créer une communauté avec d'autres parents.