Dimanche 26 janvier 2020
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Candidat

Georges Seminar Interpole.Singapore.jpg
Georges BLANCHARD , Fondateur ONG Alliance Anti Trafic
Ho Chi Minh
Vietnam
Social et Humanitaire
Mon travail a réellement aidé le gouvernement vietnamien et ensuite la population à évoluer dans leurs idées pour un développement social plus pertinent. Je fus la première ONG implantée au Sud du Vietnam à avoir des Ministères comme partenaires. J’ai toujours été le pionnier, le premier à implanter des actions qui seront reprises souvent 10 ans plus tard par d’autres ONGs aillant le même travail et qui sont finalement développées au niveau national par le gouvernement. J’ai fait remonter des problèmes graves, j’ai combattu contre vents et marées et j’ai toujours réussi, mais à quel prix ! En 2013, durant une évaluation, le gouvernement vietnamien a officiellement dit :« Georges fait toujours remonter des problèmes sociaux graves avant même que le gouvernement ne les reconnaisse et il les présente toujours accompagnés d’une solution ».

Je suis une personne ayant eu un parcours de vie pour le moins tourmenté, toujours à la limite de la précarité. Mais j’ai suivi mes rêves qui m’ont mené au Vietnam, comme je le souhaitais à l’âge de 10 ans. La vie m’a fait quitter l’école à presque 15 ans pour devenir apprenti ouvrier afin d’assurer mon autonomie ! C’est en vivant de 15 à 18 ans à Paris, à Pigalle, parmi les prostituées, qu’est venue ma vocation de travailleur social et j’ai repris mes études à 19 ans pour y arriver.

Je m’interroge souvent : comment parti de si bas, le petit provincial que j’étais a pu réussir à influencer des changements significatifs et devenir une icône nationale (dans ma catégorie) d’un pays communiste et fermé « Le Français qui sauve les femmes et enfants vietnamiennes ». Alors que je ne suis presque pas connu des étrangers plutôt informés par la presse en langue étrangère. Avec l’argent que nous avons, je préfère aider des personnes que d’investir dans la communication. En vietnamien, mon ONG est la plus médiatisée du pays et nous sommes payés par les médias à chaque fois qu’ils réalisent un reportage. 90% des vietnamiens adultes nous connaissent sous notre nom en vietnamien !

Sans que ce soit mon objectif, je suis devenu un expert invité et consulté par des ministères des Affaires étrangères de plusieurs pays, dont les plus grands. J’ai officiellement accompagné des délégations ministérielles vietnamiennes dans tous les pays d’Asie du Sud Est, mais aussi au Royaume Uni et en Finlande. J’ai donné plusieurs conférences à l’ASEAN en vietnamien, et j’ai été invité comme conférencier par l’Université d’Oxford Brookes pour 2 conférences avec leurs chercheurs et étudiants en 2018.

Par ailleurs, j’ai à trois reprises reçu une médaille approuvée par le premier Ministre Vietnamien Nguyen Tan Dung et je suis devenu un des étrangers résidents les plus médiatisés des médias vietnamiens. Sans pouvoir l’affirmer, je pense être le seul étranger contemporain à avoir reçu toutes ces récompenses de la part du Vietnam.

Pourtant, je dois me battre tous les jours contre des montagnes de problèmes compliqués impliquant des êtres humains, contre des menaces de représailles des trafiquants, mais aussi des menaces économiques pour des raisons qui concernent plutôt le politique international. Mais tout le monde me motive et me rappelle régulièrement que ce que j’ai réalisé est unique et exceptionnel.

Maintenant qu’un journaliste écrit ma biographie, je perçois mieux mes réalisations. J’ai et j’étudie toujours très dur pour maitriser presque parfaitement trois langues et mon travail. J’ai ainsi développé des compétences diplomatiques, scientifiques et de terrain qui m’ont fait gagner le respect de scientifiques sociaux et de chercheurs réputés, mais aussi de nombreuses forces de police dans le monde.

Plus récemment, en juin 2019, j’ai été la seule ONG au Vietnam à être invitée à une semaine de séminaire à Singapour organisé par le Ministère de l’Intérieur français et Interpol sur le sujet de l’exploitation sexuelle des mineurs. Les forces de police et la justice de plus de 20 pays étaient présents. Sur place, j’ai découvert à quel point mon ONG était reconnue et appréciée. A mon retour, j’ai aussi participé à une table ronde organisée par la police australienne faisant une formation pour les polices de 20 pays de la région Asie (ARLEMP) et j’ai reçu une pluie d’éloges sur mon parcours, qui m’a fait couler une larme. Durant mon discours, un policier singapourien s’est levé et a dit qu’ils me suivaient depuis mes débuts dans la lutte contre le crime, qu’il connaissait toute ma vie et ma famille en suivant mes médias sociaux et qu’incontestablement, à ses yeux, j’étais la seule personne qu’il accepterait de reconnaitre comme un « héros ». Alors oui. Je suis fier de ce que j’ai réalisé.


ARTICLES PUBLIES PAR LES EDITIONS DE LEPETITJOURNAL.COM EN ASIE

https://lepetitjournal.com/ho-chi-minh/communaute/alliance-anti-trafic-le-combat-de-georges-blanchard-265833