Samedi 19 septembre 2020
Édition Internationale
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Candidat

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Thomas BERTRAND, Directeur associé Bento&co
Kyoto
Japon
Entrepreneur
Je ne suis jamais satisfait et il y a toujours du travail à faire pour continuer cette aventure, cette entreprise.
Vendre sur internet en 2008 était très différent de maintenant, alors s'il fallait trouver une satisfaction passagère, ce serait d'avoir pu fêter les 10 ans de Bento&co l'hiver dernier.

Débuter une entreprise en pleine crise économique en 2008, avec pour réseau social en ligne principal mon blog personnel et les blogs de connaissances qui en ont parlé, est quelque chose dont je suis plutôt fier.
J'ai compris plus tard que cette crise était une opportunité : pour faire des économies, nombreux étaient ceux qui préfèrent désormais apporter leur repas au travail. Timing parfait pour commencer à vendre des boîtes à bento, surtout avec cet intérêt grandissant pour le Japon en France. Beaucoup de médias français en ont alors parlé.

Je doute que mon expérience soit exceptionnelle sauf peut-être, pour ce que j'en tire comme connaissances et donc à titre personnel.
Ce travail que je me suis créé me permet de voir et d'expérimenter un Japon que peu peuvent approcher et d'embaucher des nombreux Français, Japonais ou des personnes d'autres nationalités, qui, comme moi, souhaitent travailler dans cette ville si attirante qu'est Kyoto.

J'ai la chance de pouvoir entretenir des relations avec des artisans japonais, qui pour certains, grâce à Bento&co, ont vu leur CA export passé de 1 à 10%.

Grâce à Ship&co, j'ai pu être dans les salles de réunions de grands groupes comme la Poste Japonaise ou Yamato et faire de ma solution, la première au Japon a être connectée aux API de ces entreprises. Les négociations avec ces grandes entreprises ont été longues et parfois angoissantes. Mais être étranger ici m'a souvent permis de relativiser sur mon cas personnel: bien que le futur de mon activité dépendait de certains contrats, je m'amuse à parfois "regarder" ou analyser d'une position extérieure, étrangère, le fonctionnement de ces grandes entreprises mais aussi, à essayer de comprendre leur rationalité pour obtenir ce qui est nécessaire. Comprendre qui sont les décideurs, en dehors du système hiérarchique, oublier les clichés sur le parler franc comme une impolitesse et surtout, persévéré, encore et toujours.

Encore grâce à Ship&co, je peux exporter notre service dans d'autres pays en Asie et au delà.

Mais je doute qu'un entrepreneur puisse être satisfait. Loin de penser à une sortie si chère à certains, l'envie de perfection, comme pour ces artisans que j'ai découvert grâce à Bento&co, me donne l'envie de continuer pour que ma petite entreprise, depuis Kyoto, puisse apporter des biens et des services, dans le monde entier.