Dimanche 26 janvier 2020
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Patrick KERSALE, Ethno-archéomusicologue
Siem Reap
Cambodge
Culture/Art de vivre
Une remise à plat des connaissances
Il s’agit d’une recherche globale inédite qui vient corriger nombres d’erreurs du passé. Comme c’est trop souvent le cas, les publications antérieures servent de référentiel. Or, la plupart de ces écrits ont été produits par des non-spécialistes et tous les pièges afférents à cette discipline ont fonctionné ! C’est pourquoi, je suis reparti des sources anciennes : iconographie, épigraphie et objets, le tout étayé par une expérience ethnomusicologique de terrain qui va de l’Afrique occidentale à l’Indonésie en passant par l’Inde et le Népal. Cette expérience transversale est d’autant plus importante que les instruments de musique angkoriens sont venus d’Inde et que cette culture a irrigué jusqu’en Afrique occidentale en passant par les Proche et Moyen-Orient.

Une fierté retrouvée
Ce projet permet aux Cambodgiens de retrouver une certaine fierté après d’une part la chute d’Angkor au 15e siècle, quatre siècles de domination siamoise (l’une et l’autre toujours pas digérée par les Khmers malgré leur ancienneté) et la révolution des Khmers rouges. J’ai pu en mesurer l’impact lors de la première exposition réalisée à L’Institut français de Phnom Penh en octobre 2012.

Une pratique artistique renouvelée
Les artistes se sont rapidement réapproprié les instruments de musique reconstruits et tout particulièrement la harpe angkorienne qui fait désormais l’objet d’un cursus à l’Université Royale des Beaux-Arts. Elle est par ailleurs enseignée dans divers cadres à Phnom Penh et Siem Reap. Cet instrument a été incorporé dans la création artistique “Bangsokol: A Requiem for Cambodia” donnée en Australie, aux USA, en France et au Cambodge. La Royauté du Cambodge, les autorités bouddhiques, le Gouvernement Royal du Cambodge, ou encore l’UNESCO font appel ou bénéficient localement ou internationalement de l’image des instruments et orchestres anciens reconstitués (orchestre à cordes de l’époque de Sambor Prei Kuk (7e s.), du Bayon (12e-13e s.) ou de parade militaire (trompes, conques et percussions) de l’époque d’Angkor Vat (12es.).

Une facture instrumentale renaissante
Afin que les musiciens se réapproprient la harpe khmère, il était indispensable que des facteurs puissent la fabriquer. C’est pourquoi, depuis 2012, j'apporte de nouveaux savoir-faire à des fabricants d’instruments traditionnels à Phnom Penh et Siem Reap. Aujourd’hui, quatre ateliers pérennes sont en mesure de fabriquer des harpes d'un niveau professionnel. D’autres ateliers spécialisés réalisent d’autres instruments : tambours, cithares, flûtes, instrument en bronze…


ARTICLES PUBLIES PAR LEPETITJOURNAL.COM EN ASIE

https://lepetitjournal.com/cambodge/a-voir-a-faire/culture-la-recherche-des-sons-perdus-dangkor-71809