Mardi 22 septembre 2020
Édition Internationale
Édition Internationale

Candidat

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Julien GOALABRE, Fondateur Festival de musique Trashstock
Sanur
Indonésie
Culture/Art de vivre, Innovation, Autre domaine
EN QUOI VOTRE EXPERIENCE EST-ELLE EXCEPTIONNELLE? DE QUOI ETES-VOUS LE PLUS FIER?

Créer un festival de toute pièce dans un pays qui n'est pas le sien n'est pas chose aisée. De ce fait, le festival TrashStock Musik Artistik Plastik et ses deux jours de musiques et d'exposition d'art destinés à éduquer la jeunesse balinaise sur ce fléau qu'est la polution plastique, n'aurait pas été possible sans le recrutement de volontairess indonésiens, artistes et musiciens. Rassembler ces vocations n'aurait pas été possible sans mon ami balinais, Hendra Arimbawa, qui fut le premier à croire au pouvoir de la créativité dans la bataille que se livre l'île de Bali et le reste du Monde contre la pollution plastique.

Ce festival, bien que modeste en taille (500/600 personnes) a son effet doublé par l'important travail de communication média effectué dans la presse locale. Le summum de cet exposition médiatique fut l'invitation à parler en direct de TrashStock sur la chaîne de télévision Bali TV.

La levée des fonds nécessaires à l'organisation d'un tel évènement est chaque année couronnée de succès, trouvant l'engagement du public et des entreprises à notre cause. Ainsi, la réussite des campagnes de financement participatives et de l'appel aux dons de Responsabilité Sociale d'Entreprises (RSE), nous a permis de faire chaque année un don à un artiste et une ONG engagées, comme nous, dans l'éducation des dangers du plastique via la créativité. Etre en mesure de donner une partie de la confiance que nous recevons est une de mes grandes fiertés car elle permet de soutenir notre effort au delà de notre propre initiative,

En tant que Français de l'étranger, je suis également fier d'avoir créé ce festival, mais aussi de participer chaque année à l'exposition via ma photographie, dont ma seule et unique exposition solo a elle aussi rappellé combien la pollution plastique est importante et comment nous avons tendance à l'ignorer.

Pouvoir réunir autant de personnes autour de mon projet TrashStock et permettre au plastique de devenir...beau, quelque chose sur lequel on s'attarde, est un tour de force qui restera une fierté personnelle. Il est également gratifiant de voir que des vocations naissent, via nos volontaires tout d'abord. En effet, beaucoup d"entre eux ont une méconnaissance de l'impact de la pollution plastique quand ils nous rejoignent, mais à la fin de leur engagement, certains rejoignent des organisations militant pour moins de pollution plastique. Tout comme l'audience, beaucoup d'entre eux sont attirés par l'aspect musique et art, mais tout le monde reçoit une éducation directe et indirecte. C'est là toute la stratégie à succès de TrashStock: l'art, dans toutes ses formes, a ce pouvoir de focaliser l'attention sur un problème que notre subconscient désire ignorer. L'art et la musique permettent d'attirer un public nouveau, de rediriger l'oeil sur quelque chose d'agréable à regarder, au contraire des détritus.

Au delà de l'aspect esthétique du plastique, nous arrivons à promouvoir le fait que les déchets ont une valeur lorsqu'ils sont recyclés. Ainsi, la petite contribution nécessaire pour venir au festival est annulée si les jeunes viennent avec des déchets plastiques. Personne ne jette de l'argent par terre, et nous réussissons via cette méthode et d'autres astuces à démontrer qu'il y a de l'argent de poche disponible dans leurs poubelles.

Au delà du plastique, mon expérience à Bali a également eu pour cadre la crise de l'eau, que bon nombre de touristes français et d'ailleurs n'ont que peu connaissance. A ce titre, je n'ai eu de cesse de promouvoir ce problème auprès des agences de voyages se spécialisant dans la clientèle française. Les Français ont en effet une grande dédication pour l'aspect environnemental et ont l'opportunité d'être à la pointe du changement nécessaire pour que Bali reste une destination que nous aimons tous.

Le projet dont je m'occupais avait, et a toujours, besoin de fonds important afin de mener à bien la recherche et construction de puits de recharge des nappes phréatiques via l'infiltration des eaux de pluie dans ces puits.. Parvenir à lever plus de US$ 100 000 marquera ma contribution à ce projet qui en est toujours qu'au début.

A Bali, je suis donc impliqué dans un certain nombre de projets environnementaux et artistiques, deux compétences dont la France est l'un des leaders mondiaux. Bien que fortement intégré à la vie locale, je fais mon possible pour que notre pays soit bien représenté dans les projets qui comptent tout en impliquant fortement les indonésiens.