Samedi 19 septembre 2020
Édition Internationale
Édition Internationale

Candidat

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Francois VIENNE, Urban planning Consultant (ancien VIE)
Singapore
Singapour
Social et Humanitaire, Culture/Art de vivre, Entrepreneur, Autre domaine
Je ne poserai plus les choses en termes de fierté. Ce qui est néanmoins acquis, et de fait, c’est le caractère exceptionnel et pionnier de mon parcours qui le rend singulier. Peu de jeunes urbanistes français ont eu dans ma génération la chance de traverser le monde pour y apprendre et pratiquer l’art et la science du planning / design. J’ai battu très tôt dans ma carrière, une terre lointaine du cursus honorum classique du jeune urbaniste français, je dirais traditionnellement, destiné à soit rejoindre une société d’aménagement mixte au sein d’une grande agglomération, soit au sein d’un service d’aménagement d’une commune ou intercommunalité. J’offre ainsi, à chaque fois que je le peux et à toutes celles et ceux qui m’écrivent, un échange très volontiers sur mon parcours, et les conseils qui me semblent les plus valides et concrets pour les jeunes diplômés, ambitieux de découvrir le monde du consulting international.

Le challenge du VIE a été pour moi un effort personnel conséquent. N’ayant jamais visité l’Asie avant mon arrivée en 2014 à Singapour, j’ai dû m’armer d’une grande capacité d’adaptation, de lecture des contextes culturels qui m’entouraient, et d’apprentissage des enjeux professionnels que sont ceux des expatriés. La vie d’expatrié n’est pas la promesse d’une vie facile et évidente, mais la garantie d’apprendre beaucoup, d’oublier beaucoup, de réviser, et de grandir, pour tout esprit curieux aimant puiser dans l’expérience du monde, la richesse des lieux et des rencontres.

Le choix de l’international via ma première expérience en Volontariat International en Entreprise (VIE) s’est donc étendu au-delà de cette période de deux ans, dans mon cas. J’ai désiré relever le challenge de rester loin de chez moi à la fin du VIE pour explorer, rencontrer le monde, les professionnels internationaux de mon secteur industriel : le développement urbain, et tester mes capacités d’adaptation seul ici, à Singapour. J’ai essuyé plusieurs mois de chômage à sec. Une expérience galvanisante mais difficile. Là encore une épreuve dont je sors grandi. Cela dit, ayant été vainqueur du Grand Prix VIE en 2015, j’ai bénéficié, grâce à un accès direct au Ministère des Français de l’Etranger, de nombreuses opportunités et d’une visibilité élargie. Le choix d’une entreprise 100% étrangère de tout lien avec la France, et le fait d’avoir à affronter la différence des cultures professionnelles est un challenge immense, qui m’a grandi, et qui oui, me rend secrètement fier. Cette audace du choix de ma destination après le VIE, je la reconnais et j’en mesure le pesant de courage. Mais sans être « satisfait » cependant, car cela m’a aussi éloigné de ma famille, en France.

Je dois aussi remarquer le caractère exceptionnel de mon jeune parcours, à travers les missions et les projets auxquels j’ai pu contribuer. L’impact massif de mes activités de planner en développement urbain dans de très nombreux pays du monde, sur le destin de villes, de quartiers entiers, et donc sur les populations résidentes, est une responsabilité immense qui implique une grande éthique. Le respect de cette éthique peut, quant à lui, se marier à un sentiment discret de fierté, mais doit néanmoins se parer de modestie.

Enfin, j’envisage avec optimisme et avec ambition, mon futur parcours. Je projette de pouvoir développer cette expérience par-delà le consulting et de tisser avec les rencontres majeures que j’ai pu faire, institutions d’urbanisme, universités, gouvernements, et autres clients, un réseau actif d’acteurs engagés dans un développement plus soutenable de la ville. Via la fondation d’un studio d’urbanisme par exemple. Les enjeux qui sont les nôtres (pression démographique, changement climatique, tensions socio-économiques, etc.), nous devons précisément en être fiers plutôt qu’en avoir honte, pour les regarder d’une manière constructive et fonder sur la ville du 21ème siècle, un destin où plus de place sera faite pour l’échange humain, l’intelligence collective, et la fabrique de communautés urbaines durables.