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BRUNO LEBEAULT- "Dans l’emballage, il y a aussi toute une démarche environnementale"

Par Lepetitjournal Toronto | Publié le 01/04/2015 à 22:55 | Mis à jour le 02/04/2015 à 01:43

Bruno LEBEAULT, Directeur Marketing Amérique du Nord Marketing emballages et conteneurs chez Viva Healthcare Packaging, nous présente son parcours au Canada ainsi que sur le marché de l'emballage. 



Lepetitjournal.com/Toronto - Quel est votre parcours ?
Bruno Lebeault - Je suis né à Vincennes en 1965 et j'ai vécu en France et dans le sud de la France. Mon père était ingénieur chimiste, il travaillait à la BP et sur la raffinerie de Lavéra. dans le sud de la France. Il a quitté le privé pour démarrer l'université de technologie de Compiègne (UTC). Il a été l'un des premiers profs de l'UTC.

Après mon bac, je suis parti en Angleterre faire un « Bachelor of Science » en « Chemical Engineering ». C'est mon père qui m'a incité à faire ces études, lui qui était dans la recherche et en lien avec l'industrie. Il me disait: « il faut se préparer à l'Europe, il faut partir et sortir des frontières, pourquoi tu ne partirais pas étudier à l'étranger ?» Finalement, je suis parti passer mon Bachelor, j'étais le seul français. Après mon Bachelor, j'ai voulu compléter ma formation d'ingénieur anglais par  un diplôme français de commerce et je suis rentré à l'ESCP Europe.

J'ai toujours été attiré à la fois par les sciences parce que j'étais, de part ma famille, dans le domaine, mais aussi par le commerce. En fait, je voulais faire les deux et c'est pour cela que je suis parti, car en France le système c'est : prépa pendant minimum deux ans, avec une école d'ingénieur donc 5 ou 6 ans, et si on veut faire derrière une formation commerciale, on rajoute deux ans pour arriver à sept ou huit ans. Pour les études, pour moi 5 ans c'était le bon équilibre, et l'avantage de partir en Angleterre, c'est qu'en trois ans je pouvais faire un Bachelor, un diplôme d'ingénieur, puisqu'eux ne font pas de prépa, ils estiment que ça n'a aucune utilité car ils ont une approche totalement différente.

Ensuite, ça a été l'époque du VSNE (volontaire du service national en entreprise), que j'ai fait à New York et qui m'a d'ailleurs bien plu. Cette expérience m'a conforté dans le fait que c'était plus le commerce qui m'intéressait que le côté engineering. Je rentre en France et, pour mon premier emploi j'atterris, un peu par hasard dois je avouer, chez P&G dans les ventes à Cannes. Je fais tous les supermarchés hypermarchés de la région. C'était intéressant mais il me manquait le côté technique. Ce que j'avais envie de faire c'était de vendre des produits techniques et vraiment réunir les deux compétences. C'est comme ça que je suis arrivé dans le packaging en rentrant dans une société qui s'appelle Cryovac et qui faisait des films plastiques techniques destinés à l'agroalimentaire. J'y étais chef de projet. Je gérais en fait tout le côté projet technique, et marketing qui ont des répercussions dans la grande distribution. Ensuite je suis resté dans l'emballage toujours dans des fonctions un peu similaires, Chez Smurfit Socar et chez Arca system un plasturgiste, avant de partir au Brésil avec ma femme et de me retrouver ici à Toronto.

Pourquoi Toronto ?
Toronto c'est un pur hasard car lorsque nous étions à Sao Paolo avec ma femme, nos projets étaient terminés et nous nous demandions ce que serait la prochaine étape. C?est vraiment une offre qui m'a amené ici.

Lorsque nous sommes partis au Brésil avant de venir à Toronto, ma femme avait une offre pour lancer une marque là bas, et moi j'étais le conjoint expatrié. Je me suis connecté avec la communauté française. J'appelais tous les patrons et je leur disais que j'arrivais. Et un jour, j'ai appelé la société Rexel, distributeur professionnel en matériel électrique. Le responsable me dit qu'il rentre à Paris et deux semaines plus tard j'étais chez Rexel. J'ai pris ce poste car le management m'intéressait. Mais j'avais toujours plus ou moins ressenti que je ne resterai pas là dedans. Je me suis donc remis à chercher dans mon domaine de compétence (l'emballage) j'ai trouvé une offre de Sleever International à Toronto, une jolie PME française leader dans le domaine de l'étiquette rétractable qui s'adapte sur n'importe quelle forme.

Pourquoi avoir choisi le domaine de l'emballage ?
Il y a deux fonctions clefs dans l'emballage. il y a celle de protection, car l'emballage. c'est protéger un produit et le transporter. C'est très technique avec des cahiers des charges extrêmement précis et d'un autre côté c'est aussi un outil de vente, car l'emballage est le premier vecteur marketing du produit. On a les deux volets et c'est pour cela que j'adore ce métier et qu'il y a plein de choses à faire.

C'est un milieu qui est assez méconnu parce que ces sociétés ne sont pas beaucoup connues du grand public. Et il y en a une myriade d'entreprises dans ce secteur, souvent des PME d'ailleurs. Dans l'emballage, il y a quelques multinationales comme Tetra Pack mais c'est probablement une des seules multinationales qui soit connue. Aujourd'hui je travaille pour une société qui s'appelle VIVA, une entreprise dont le siège est a Hong Kong.
 
VIVA a démarré dans l'emballage média des cassettes audio et sont après passés aux CDs et DVDs, et c'est devenu le plus gros fournisseur de DVDs au monde. Nous avons deux usines à Scarborough qui fabriquent 90% des DVDs vendus en Amérique du Nord. C'est bien sur un marché qui va disparaître puisque l'on vend  de moins en moins de DVD. On a encore des jeux pour enfants qui sont assez moteurs. Pour se diversifier, VIVA  s'est lancée dans un marché complètement nouveau, le tube plastique injecté avec étiquette in mold, qui est principalement utilisé par les sociétés cosmétiques. Ils ne connaissaient pas vraiment ce marché. Il s'agit donc, pour moi, de convaincre les grandes multinationales de la cosmétique : Unilever, L?Oréal, P&G (mes premières amours) , etc avec une technologie ultra innovante qui leur apporte de gros avantages.

Nous fabriquons des tubes plastiques avec une nouvelles technologie  d'injection qui permet d'améliorer la qualité de décoration ainsi que  de réduire les délais de fabrication. On arrive à faire un tube en une seule opération sous un même toit alors que pour les tubes traditionnels (laminés ou extrudes ), de nombreuses opérations supplémentaires de sourcing et d'assemblage sont nécessaires.

Quels sont les enjeux environnementaux liés à l'emballage ?
Dans l'emballage il y a aussi toute une démarche environnementale poussée par les distributeur Walmart, Target, Wholefoods, ? Par exemple, Walmart met des objectifs à tous ses fournisseurs : de réduction des emballages, des matériaux plus recyclables, moins polluants. Tous les ans je me rends à un salon organisé par Walmart dans leur quartier généraux dans l'Arkansas où ils invitent tous les fournisseurs d'emballage et les incitent à aller voir les innovations  écologiques des fournisseurs d'emballage.


Propos recueillis par Eugènie Lambert  (www.lepetitjournal.com/toronto) le 2 avril  2015

 

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