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STÉPHANE MALTERRE – "C’est mon job de montrer la guerre en Syrie"

Par Lepetitjournal Toronto | Publié le 04/05/2016 à 23:08 | Mis à jour le 06/01/2018 à 21:48

 

Le journaliste français Stéphane Malterre a présenté pour la première fois en Amérique du Nord The Father, the Son and the Holy Jihad au festival Hot Docs. Le documentaire retrace l'histoire d'Abdelrahman Ayachi et de son père le cheikh Bassam, partis faire le djihad en Syrie. Une discussion est prévue à l'Alliance Française de Toronto, ce jeudi.

"Je suis allé filmer la guerre civile en Syrie, je voulais être dans le c?ur de la bataille", raconte le grand reporter Stéphane Malterre. En 2013, son chemin croise celui d'Abdelrahman Ayachi, un Français d'origine syrienne parti faire le djihad "pour protéger la terre de ses ancêtres".

Stéphane Malterre en avait fait l'un de ses personnages principaux dans Chef de guerre, djihadiste, homme d'affaires : des Français au c?ur de la guerre syrienne (septembre 2013). The Father, the Son and the Holy Jihad se dessine comme la suite logique de ce documentaire en se centrant sur la famille Ayachi. "Cette histoire était un cadeau. En tant que réalisateur, on n'a pas toujours cette opportunité", explique le journaliste.

Djihadistes de fils en père

Stéphane Malterre revient d'abord sur l'histoire du fils, Abdelrahman Ayachi, un ado d'Aix-en-Provence fan de MC Solar, devenu créateur du site Assabyle.com et Ribaat.org, coupable d'incitation à la haine raciale et d'appartenance à Al-Qaïda.

Puis, le journaliste s'intéresse au père, le cheikh Bassam, un des descendants du Prophète, admirateur du général De Gaulle et de mai 68. "Là où il y a la révolution, je mets mon nez", lui explique le septuagénaire, l'?il espiègle. Rien de plus normal alors qu'il suive les pas de son fils et retourne en Syrie pour accomplir son propre djihad. "Daech et Assad, c'est le même ennemi pour nous", tient à préciser Bassam Ayachi.

Seul sur le terrain

Quand Stéphane Malterre se retrouve sur le front, il est seul. Il ne se voit pas avoir la responsabilité d'un cameraman. Il n'a pas non plus de traducteur. Le danger est trop présent. Il enregistre donc tout ce que se disent les combattants grâce à leurs micros-cravates et se fait tout traduire à son retour en France.

S'il ne dévoile pas le sujet de son prochain reportage, Stéphane Malterre explique que retourner en Syrie ne fait pas partie de ses projets. Il risque plusieurs années de prison lorsqu'il passe en zone rebelle. "C'est mon travail, je suis reporter. Je vais dans différents pays, parfois en zone de guerre. C'est mon job de montrer", dit-il. Mais entre les kidnapping, Daech et l'armée de Bachar el-Assad, "la Syrie, maintenant, ça craint trop".

The Father, the Son and the Holy Jihad

De Stéphane Malterre, 120 min.

Jeudi 5 mai 2016, à 10h15, à Tiff Bell Lightbox, 350 King St W, Toronto.

Vendredi 6 mai 2016, à 21h, à Scotiabank Theatre, 259 Richmond St W, Toronto.

17 $ le visionnage. Il est conseillé d'arriver une heure avant la projection pour obtenir un ticket.

Discussion à l'Alliance Française, jeudi 5 mai 2016, à 18h.

Kim Chaze (www.lepetitjournal.com/toronto) mercredi 4 mai 2016

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